Pourquoi Amazon veut lancer une nouvelle chaîne de supermarchés alimentaires

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Amazon a signé son offensive la plus importante dans la distribution physique en 2017, lors du rachat de l'enseigne bio américaine Whole Foods pour 13,7 milliards de dollars.
Amazon a signé son offensive la plus importante dans la distribution physique en 2017, lors du rachat de l'enseigne bio américaine Whole Foods pour 13,7 milliards de dollars. (Crédits : Brendan McDermid)
L'ogre du e-commerce souhaiterait ouvrir une dizaine de supermarchés alimentaires aux États-Unis, avec une première échoppe d'ici fin 2019. Disposer de magasins permet à Amazon de fidéliser ses clients, tout en réduisant ses coûts énormes de livraison. C'est pourquoi le groupe avait craqué pour l'enseigne bio Whole Foods pour 13,7 milliards de dollars.

Amazon veut renforcer sa présence physique. L'ogre du e-commerce prévoit de lancer une nouvelle chaîne de supermarchés alimentaires aux États-Unis avec l'ouverture, dans un premier temps, d'une dizaine de magasins, selon un article du Wall Street Journal publié vendredi 2 mars. Le groupe de Jeff Bezos prévoit d'ouvrir son premier magasin à Los Angeles d'ici la fin de l'année et il aurait déjà signé les baux pour au moins deux autres enseignes dont les ouvertures sont prévues pour début 2020. Amazon devrait cibler des centres commerciaux à San Francisco, Seattle, Chicago, Washington D.C. ou encore Philadelphie.

Pour accélérer rapidement son déploiement, Amazon serait prêt à racheter des chaînes régionales de distribution qui seraient à la tête d'au moins une dizaine de magasins, toujours selon le quotidien économique. Avec cette nouvelle chaîne de supermarchés, la firme de Seattle souhaiterait proposer une offre complémentaire à celle de l'enseigne bio Whole Foods, rachetée en 2017 pour 13,7 milliards de dollars.

Avec cette acquisition, Amazon signait sa plus grosse opération jamais réalisée - mais aussi son offensive la plus importante dans la distribution physique, en mettant la main sur 460 magasins répartis entre les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni. Whole Foods propose une offre haut de gamme, quand la nouvelle franchise devrait offrir des produits "à un prix inférieur", selon le WSJ.

Fidéliser ses clients

Amazon, qui a bâti un empire du commerce en ligne, souhaite depuis plusieurs années renforcer sa présence physique pour doper ses ventes en ligne. Disposer de magasins lui permet de mieux fidéliser ses clients, tout en réduisant ses coûts énormes de livraison qui ont longtemps été un frein à sa rentabilité. Par exemple, le groupe propose des réductions supplémentaires chez Whole Foods pour les clients abonnés au service "Amazon Prime", garantissant notamment une livraison gratuite en un jour ouvré. Certains de ses supermarchés sont également équipés de casiers, permettant de récupérer les commandes passées en ligne sur Amazon.

Désormais, « les clients veulent pouvoir faire leurs achats quand cela leur convient le mieux - que ce soit en magasin, en ligne ou une combinaison des deux », a déclaré une porte-parole du Conseil international des centres commerciaux (ICSC).

En janvier 2018, la firme de Seattle ouvrait en grande pompe son premier magasin "Amazon Go", entièrement automatisé et sans caisse. Pour y faire ses courses, les consommateurs doivent télécharger une application, qui sert d'abord à ouvrir le portillon à l'entrée du magasin. L'application, associée à une carte de crédit, sert de panier virtuel. Des capteurs détectent et comptabilisent virtuellement les produits pris ou reposés par les clients pendant qu'ils font leurs courses. Une fois les achats terminés, la facture détaillée est ensuite envoyée sur les boîtes mail des clients.

Alors que le groupe détient désormais sept magasins du genre, il teste actuellement son concept dans de grandes surfaces. Amazon est également en discussions avec des aéroports pour séduire des clients toujours plus pressés. En septembre dernier, Bloomberg révélait que le géant américain envisageait d'ouvrir jusqu'à 3.000 magasins sans caisse Amazon Go, d'ici à 2021.

Acheter de la viande sur Internet ? Les clients ne sont pas prêts

De la maison connectée, au divertissement, en passant par la banque et l'assurance, Amazon veut occuper tous les secteurs. La firme de Seattle s'intéresse à l'alimentation depuis 2007, année de lancement de son service "Amazon Fresh", dédié à la livraison de nourriture. Comme à son habitude, la promesse du groupe tient à des délais de livraisons rapides, avec des produits frais livrés le jour même de la commande, voire le lendemain. Amazon Fresh, qui n'est pas disponible en France, coûte 14,95 dollars par mois, en plus d'un abonnement à Amazon Prime. Mais le service n'a jamais vraiment décollé et passer par des magasins physiques lui permettrait de mieux appréhender le comportement des clients, selon une source anonyme interrogée par le WSJ.

Si Amazon arrive à convaincre sur des denrées peu périssables (café, boissons fraîches, céréales...), l'entreprise peine à déclencher les achats pour les produits frais.

« Les améliorations apportées à ses applications comme Amazon Fresh (...) ont contribué à sensibiliser le public au fait qu'Amazon est une destination à part entière pour l'alimentation », souligne une étude de One Click Retail, publiée en juillet dernier. « Mais en ce qui concerne les fruits, les légumes, la viande et les autres denrées périssables, les consommateurs apprécient toujours de voir, toucher et sentir avant d'acheter. »

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Commentaires
a écrit le 05/03/2019 à 13:11 :
C’est un mauvais choix pour Amazon, les usa comptent changer leur fiscalité... plus tu gagnes plus tu payes... taxer les riches ...
Amazon devrait rester sur le secteur où il excelle et en étant «  engagé »= N•1 du commerce en ligne qui paye le mieux ses salariés , produits de qualités et livraison rapide.
Ces 3 engagements peuvent faire la différence dans l’indice et le respect , confiance du consommateur «  mondial « .
a écrit le 04/03/2019 à 12:46 :
Remarquons tout de même comme les GAFA adoptent une stratégie économique inverse de nos vieux actionnaires milliardaires qui sont partis d'outils de production pour terminer par tout casser pour se vautrer dans la finance.

Les GAFA eux sont partis d'une économie virtuelle à dorénavant l'achat courant et de plus en plus régulier d'outils de production. Plus on maitrise ce que l'on vend et plus on est puissant intelligemment.

La finance est donc bel et bien une aberration économique majeure, seulement là pour permettre aux très riches d'en gagner toujours plus tout le temps sur le dos de tout le monde et c'est tout.

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