Cityscoot prépare un nouveau scooter électrique pour attaquer de nouveaux marchés

La startup parisienne de scooters en libre-service travaille sur un nouveau modèle de scooters plus compétitif. Dans un contexte de concurrence accrue d'acteurs de plus en plus internationaux, Cityscoot veut enclencher une seconde phase dans sa stratégie de croissance.
Nabil Bourassi

5 mn

Cityscoot espère réduire le point mort de la rentabilité d'un scooter à 2 transactions par jour, contre 3 actuellement.
Cityscoot espère réduire le point mort de la rentabilité d'un scooter à 2 transactions par jour, contre 3 actuellement. (Crédits : Cityscoot)

Une phase 2 pour Cityscoot ? L'opérateur de scooters électriques en libre-service travaille sur un projet de nouveau scooter électrique. Bertrand Fleurose, le fondateur de la startup parisienne, espère déployer cette nouvelle génération à la rentrée 2022, a-t-il confié à La Tribune. Cityscoot veut s'équiper d'un scooter qui prend en compte les dernières technologies: batteries, connectivité... En réalité, il s'agit d'un véritable projet stratégique visant à accélérer la croissance de Cityscoot. Bertrand Fleurose et Bertrand Altmayer, directeur général, espèrent faire baisser substantiellement le coût à l'usage de ce nouveau modèle, le fameux TCO (total cost of ownership, le coût de possession) qui englobe le coût à l'achat et le coût d'exploitation.

Un coût d'exploitation et un bilan carbone en baisse

Le scooter étant 100% électrique, par définition, les frais d'exploitation sont déjà largement réduits grâce à une chaîne de traction dépouillée de nombreuses sources de maintenance par rapport à son équivalent thermique. Mais la startup parisienne veut encore réduire les coûts. Par exemple, le prochain modèle va réduire les surfaces de carrosserie afin de limiter les frais de réparation.

L'autre volet du cahier des charges de la nouvelle génération de Cityscoot sera fondé sur son bilan carbone. La société a mandaté le cabinet Carbon 4 pour réduire l'empreinte environnementale du nouvel engin, mais également de l'ensemble des opérations de Cityscoot. Le prochain modèle ne sera donc pas produit en Pologne, un pays qui utilise encore largement le charbon comme source d'énergie. Il aura également recours à des matériaux composites. Bertrand Fleurose insiste: "nos scooters ont vocation à rester en service dix ans".

De Paris au Havre, un nouveau modèle économique

En tout et pour tout, Cityscoot espère réduire le point mort de la rentabilité d'un scooter à 2 transactions par jour, contre 3 actuellement. "Cette nouvelle équation nous permettrait de nous développer dans des villes où nous ne pouvons pas aller actuellement", explique Bertrand Altmayer. Jusqu'ici, Cityscoot privilégiait les grandes agglomérations européennes, ce qui l'a conduit à s'implanter à Milan ou à Barcelone. Avec cette nouvelle génération, le modèle économique pourrait rendre éligible une ville comme Le Havre et ses 172.000 habitants (235.000 avec l'agglomération).

Pour l'heure, la stratégie de croissance à l'internationale lancée en janvier 2019 avec l'implantation à Milan, a été mise sur pause. La crise sanitaire a évidemment ralenti les projets d'implantation. Mais Cityscoot a essuyé quelques échecs, comme à Rome où il a plié bagage après seulement un an d'exploitation. A Barcelone, l'appel d'offres de la ville a imposé des conditions telles que près d'une dizaine d'opérateurs doivent se partager une autorisation maximale de 7.000 scooters (soit 700 par opérateurs). En France, Cityscoot vient d'ouvrir sa troisième ville après Nice (avril 2018), en lançant une première flotte de scooters à Bordeaux cet été.

Attaqué sur son propre territoire

Mais l'international n'est plus le seul sujet de préoccupation de Cityscoot. Après avoir vécu en maître sur Paris, et plus encore depuis le départ de son seul concurrent Coup fin 2019, la startup a vu apparaître en quelques mois pas moins de trois concurrents sur son marché domestique. Lime, filiale de Uber, a dégainé dès avril son service de scooters partagés. Il a été suivi, en juin, par l'espagnol Cooltra, qui concurrence déjà le français à Milan et Barcelone. Au même moment, un petit dernier est arrivé, Yego. Pour le moment, Cityscoot reste ultra-majoritaire à Paris, mais l'arrivée de nouveaux concurrents permet d'élargir le marché, ce qui mécaniquement fait baisser sa part de marché.

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Cette concurrence plus agressive que ne l'avait été Coup en son temps, ne semble pas se traduire par une guerre des prix. Pour Bertrand Altmayer, la probabilité que le marché entre dans une guerre des prix est très faible, selon lui, les prix sont déjà tirés à la corde, plus encore que sur le marché des trottinettes en libre-service. De son côté, Bertrand Fleurose estime que ce n'est pas sur le prix que va se jouer le marché, mais sur la qualité des opérations et surtout sur la disponibilité de la flotte.

L'une des réponses de Cityscoot à l'arrivée de nouveaux acteurs sur son marché domestique a été le déploiement d'un deuxième casque. A cette occasion, la startup a dessiné un top-case spécifique.

Le prochain défi de Cityscoot sera de remporter l'appel d'offres que la ville de Paris s'apprête à lancer. Bertrand Fleurose est très favorable à ce processus pour éviter de "refaire la même erreur qu'avec les trottinettes" (qui, depuis, ont été soumis à un appel d'offres). L'enjeu est immense pour sa société qui a déployé près de 3.700 scooters dans la capitale et dont l'exploitation est proche de la rentabilité. La startup qui emploie désormais près de 300 personnes sur l'ensemble de ses marchés envisage une nouvelle levée de fonds avant l'été prochain pour accompagner son plan de croissance.

Nabil Bourassi

5 mn

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Commentaire 1
à écrit le 14/10/2021 à 12:24
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Le concept est complètement nul et anti écologique. Une batterie qui ne se recharge pas facilement. Des camionnettes diesel pour le rapatriement c’est vraiment pas top

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