Dans l'imaginaire collectif, les doux soirs d'été corse sont tels de la cendre dorée que le soleil couchant saupoudre à la surface d'une mer d'huile... Les paillettes éblouissent les pupilles et les paillotes les papilles. Mais derrière ce décor idyllique, les restaurants de plage, tout de bois vêtus, dont les menus exhalent toutes les saveurs salines de la pêche du jour, sont beaucoup moins de strass que de stress. La concurrence y est âpre car l'activité est concentrée sur à peine quelques mois - une paillote a encore été détruite par une explosion criminelle le 13 avril dernier en Plaine orientale sur le rivage de Taglio-Isolaccio. Or, le sésame pour ouvrir son établissement éphémère est délivré longtemps en amont de la saison par les services de l'État sous la forme d'une AOT, une autorisation d'occupation temporaire du domaine public maritime.
Il aura fallu une révolution culturelle pour que les paillotes historiques s'affranchissent de la coutume tenace des structures en béton sur le sable. Désormais, tout est démontable et doit être démonté à la fin de la saison. Les mesures coercitives et les sanctions pénales ont eu autant raison des mauvaises habitudes, tout comme les tempêtes submersives que le changement climatique ne manque plus de réserver aux installations qui ne sont pas mises à l'abri...