Foot : billetterie, droits télé en chute libre... le Covid-19 pourrait coûter 4 milliards aux clubs européens

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Malgré la reprise progressive des compétitions, la fonte des recettes de la billetterie a lourdement pesé, devant l'érosion du sponsoring et des droits télé, sur les finances des clubs européens. (Photo d'illustration: Cristiano Ronaldo hier, lundi 7 août, au Stade Allianz de Turin pendant le match (8es de finale) de Ligue des Champions entre son club, la Juventus, et l'Olympique Lyonnais qui se jouait devant des tribunes vides, à huis clos, suite à l'épidémie de coronavirus.
Malgré la reprise progressive des compétitions, la fonte des recettes de la billetterie a lourdement pesé, devant l'érosion du sponsoring et des droits télé, sur les finances des clubs européens. (Photo d'illustration: Cristiano Ronaldo hier, lundi 7 août, au Stade Allianz de Turin pendant le match (8es de finale) de Ligue des Champions entre son club, la Juventus, et l'Olympique Lyonnais qui se jouait devant des tribunes vides, à huis clos, suite à l'épidémie de coronavirus. (Crédits : Reuters)
En extrapolant à tous les clubs européens une étude d'impact économique de la pandémie réalisée au début de l'été sur un "échantillon représentatif" de clubs interrogés dans dix ligues européennes, l'ECA évalue la facture du Covid-19 à 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Sans parler de l'effondrement du marché des transferts qui devrait plonger "de 20 à 30%".

La pandémie de Covid-19 pourrait amputer d'environ 4 milliards d'euros les revenus des clubs de football européens, affectant l'exercice 2020-21 encore plus lourdement que la saison écoulée, a alerté mardi l'ECA, le syndicat européen des clubs.

Pour mémoire, selon le cabinet KPMG, les 32 grands clubs européens étaient valorisés en 2019 à 35,6 Milliards € (+9 % vs. 2018, +35 % depuis 2016)

"Nombre de clubs risquent leur existence", a souligné l'influent Andrea Agnelli, président de la Juventus et de l'ECA, expliquant qu'il fallait composer avec la "contraction" économique d'un secteur qui a longtemps vu croître ses sources de recettes.

Lors de son assemblée générale virtuelle, l'ECA s'est appuyée sur une étude d'impact économique de la pandémie, réalisée au début de l'été sur un "échantillon représentatif" de clubs interrogés dans dix ligues européennes.

Cet échantillon devrait accuser un manque à gagner de 3,6 milliards d'euros en deux saisons en raison du Covid-19 (1,5 milliard en 2019-20 et 2,1 milliards en 2020-21), sans prendre en compte les revenus des transferts, soit une fonte de 2,8 milliards d'euros de leur excédent brut d'exploitation (Ebitda) cumulé sur cette période.

En extrapolant à tous les clubs européens, l'ECA évalue la facture du Covid-19 à 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 3,1 milliards d'euros d'Ebitda, sans inclure le marché des transferts qui devrait décroître "de 20% à 30%", a précisé M. Agnelli.

Chute de la billetterie, érosion du sponsoring et des droits télé

Malgré la reprise progressive des compétitions, la fonte des recettes de la billetterie (-14% par rapport aux prévisions en 2019-20 pour l'échantillon, et -38,5% pour la saison 2020-21 démarrée en grande partie à huis clos) a lourdement pesé, devant l'érosion du sponsoring et des droits télé.

"Nous avons vu une réduction de 330 millions de livres (365 millions d'euros, ndlr) en Premier League, une réduction d'environ 200 millions d'euros des droits nationaux de Bundesliga, et nous sommes en train de finaliser avec l'UEFA une baisse d'environ 575 millions d'euros pour les compétitions internationales, et c'est autant d'argent qui ne sera pas distribué", a détaillé le patron de la Juve.

Le poids des salaires des joueurs

La masse salariale des clubs devrait donc peser d'autant plus lourdement sur leurs comptes: représentant autour de 60% des revenus de l'échantillon de l'ECA depuis trois ans, les salaires devraient monter à 65,7% pour 2019-20 puis 70,1% pour la saison en cours.

Relativement contenu dans les clubs du Top 5 européen (Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie, France), ce phénomène est plus marqué dans les cing autres championnats sondés: la masse salariale devrait y représenter 76% des revenus en moyenne cette saison, fragilisant d'autant plus les petites structures.

Andrea Agnelli a néanmoins averti qu'il faudrait attendre la fin de la saison en cours pour faire un bilan économique de la pandémie, même si la publication des comptes de nombreux clubs d'ici "la fin octobre" devrait en donner "une première idée".

Dans ce contexte de "gestion de crise" prolongée, "nous allons devoir marquer une pause" avant de discuter du format des compétitions continentales après 2024, a estimé le patron de la Juve, partisan de longue date d'une refonte favorable aux grands clubs.

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Commentaires
a écrit le 09/09/2020 à 13:06 :
Le foutchebol, ses semblables et autres collatéraux devraient être taxés à l'instar des jeux . . . . voilà qui renflouerait sérieusement les caisses de l'état !
a écrit le 09/09/2020 à 11:48 :
Il conviendrait de baisser d'au moins 50% les salaires délirants de la grande majorité des joueurs de football, ils auraient encore largement de quoi voir venir malgré les carrières courtes.
a écrit le 09/09/2020 à 10:59 :
On ne va pas pleurer sur la situation du foot, et des acteurs du secteur, qui n'ont qu'à se serrer la ceinture en attendant des jours meilleurs.
a écrit le 09/09/2020 à 8:49 :
Quand on voit les pics qu'atteignent les prix des billets de foot on le comprend bien, à plus de 150 euros la place pour un simple match de championnat il est évident que le manque à gagner doit non seulement être énorme mais cumuler en plus.

Étonnant d'ailleurs que chez les supporters de foot, pas les personnes les plus fines qu'il soit, ça ne râle pas plus de cette interdiction de stades, peut-être qu'ils se rendent compte des énormes économies que cela leur fait faire et qu'en cette période de vaches maigres qui vient c'est pas forcément un mal.

Une crise que l'on peut envisager encore longue dans le foot de ce fait, mais peut-être aussi, indirectement une bulle qui se perce.
a écrit le 09/09/2020 à 8:48 :
La baballe dans le bubut !

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