La crise sanitaire force le voyage à se réinventer

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(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
TOURISME, ANNÉE ZERO (1/2). La Covid-19 a porté un coup sévère à une industrie du tourisme en plein boom depuis dix ans. Une pandémie qui pourrait modifier durablement les comportements et forcer le secteur à se remettre en question pour imaginer l’avenir du voyage dans un monde plus incertain.

Le 23 septembre 2019, le voyagiste britannique Thomas Cook (du nom de l'inventeur du tourisme de masse en 1841) se déclarait en faillite. Premier signal d'alerte pour une industrie qui n'a pas vu venir la possibilité d'une pandémie de coronavirus, malgré l'alerte du SRAS ou du H1N1.

En France, le choc de la Covid-19 est plus dévastateur que la crise économique de 2009, les attentats de 2015, les manifestations des Gilets Jaunes ou la grève de décembre dernier. L'arrêt du transport aérien, la fermeture des frontières puis le confinement ont touché de plein fouet ce secteur qui pèse 7,4% du PIB (8,9% si on ajoute les dépenses indirectes et induites), 9% des recettes d'exportation (y compris le transport aérien) et 2,87 millions d'emplois, soit 10,1% de l'emploi total (en 2018, source Banque des Territoires).

Sans oublier son importance dans le soft power français fait de gastronomie, de lieux culturels et de douceur de vivre que célèbre le dicton allemand « heureux comme Dieu en France ».

« Le tourisme est, avec la restauration, le secteur le plus touché par la pandémie. Nous sommes passés à zéro activité à partir de mi-mars, voire à une activité négative avec le rapatriement des clients coincés dans certains pays. Nous avons conservé une masse salariale qui a représenté 40 % de nos frais jusqu'à mi-avril et qui est désormais de l'ordre de 20 % », explique Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage (EDV ex SNAV).

Depuis l'arrivée du virus, le natif de Toulouse fait entendre son accent rocailleux sur les plateaux de télévision pour alerter sur les difficultés d'un secteur qui souffre comme jamais :

« fin avril, nous avons réalisé une étude qui laissait présager une activité en baisse de 85 % pour les neuf premiers mois de l'année. Ça s'améliore un peu aujourd'hui. Une autre étude sur la perte d'exploitation des entreprises n'a pas encore été finalisée mais on peut avancer le chiffre d'1 milliard d'euros sur un volume d'affaires global de l'ordre de 25 milliards ».

Les prévisions de l'EDV et du SETO (Syndicat des Entreprises de Tour Operating) sont sombres : - 95% au deuxième trimestre, - 80% au...

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Commentaires
a écrit le 27/06/2020 à 8:39 :
Après l'Italie et Andorre, ils se déploient en France. Quinze médecins cubains sont arrivés vendredi en Martinique, pour aider le territoire face à l'épidémie de coronavirus et pallier la pénurie de médecins, une première pour la France.
Les médecins, tous en blouse blanche et masqués, sont arrivés en début d'après-midi (début de soirée pour Paris) à l'aéroport du Lamentin, avec un drapeau cubain, par un vol spécial.Leur mission en Martinique, qui durera trois mois, servira à couvrir certaines spécialités dont la pneumologie, l'infectiologie, la radiologie ou encore la médecine d'urgence, selon les autorités martiniquaises. Ces médecins pourront aussi aider à lutter contre l'épidémie de coronavirus.
a écrit le 26/06/2020 à 9:50 :
Fini le tourisme de masse qui "laisse ses papiers gras sur l'aire de pique-nique", vive le déplacement responsable!
a écrit le 26/06/2020 à 9:49 :
Fini le tourisme de masse qui "laisse ses papiers gras" sur l'aire de pique-nique, vive le déplacement responsable!
a écrit le 25/06/2020 à 17:14 :
C'est bien pour ça qu'il faut pour le monde d'après que l'économie soit moins dépendante d'une activité très influencée par la conjoncture internationale, à la merci de tte crise économique de gde ampleur, pandémie ou pas.
La réponse la plus crédible est de favoriser une activité industrielle locale concurrentielle là où c'est possible, voire stratégiquement nécessaire ( par le numérique, la robotique, la formation professionnelle, des prêts garantis, des avantages fiscaux sur les investissements, la RD...) qui puisse satisfaire en partie à une dde locale tt en créant de la richesse pérenne par la création d'emplois industriels de qualité et en réduisant le coût économique et écologique des importations.
Ainsi, préférer une économie se rapprochant de la Suisse avec PIB sup à 60000 € par habitant au poids industriel important que de la Grèce essentiellement tournée vers le tourisme et ses emplois bas de gamme à moins de 20000 € par hab.
a écrit le 25/06/2020 à 8:39 :
Espérons que l'épisode du princesse machin, bateau croisière japonais je crois bien, avec son bilan de contaminés par le covid aura dégoutté nombreux croisiériste à continuer d'effectuer ces vacances de mauvais goût.

Mais les gens ne tireront jamais un trait sur leurs vacances c'est une certitude, une valeur sûre, donc il serait temps de trouver de nouvelles idées mais comment des investisseurs du 19ème siècle pourraient générer des idées du 21 ème ?

Tout comme on voit des places de billets d'avion pour la Corse à 9 euros ils vont utiliser l'argent public pour sauver les ultras polluantes croisières en mer, semblant adorer d'ailleurs tout ce qui est ultra polluant.

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