Les palaces parisiens refusent de se laisser emporter par le tsunami Airbnb

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Cette concurrence, aggravée par l'existence d'autres sites de location entre particuliers spécialisés dans le haut de gamme, tels que Le Collectionist, intervient pile au moment où l'industrie souffre, notamment après les attentas de janvier.
Cette concurrence, aggravée par l'existence d'autres sites de location entre particuliers spécialisés dans le haut de gamme, tels que Le Collectionist, intervient pile au moment où "l'industrie souffre", notamment après les attentas de janvier. (Crédits : Reuters)
Frappés par une diminution de la demande et des recettes, les hôtels de luxe dénoncent une concurrence "totalement déloyale" de la part du site de location entre particuliers et comptent obtenir des "règles du jeu plus équilibrées".

Les hôtels classiques ne sont pas les seuls à s'inquiéter de la vague Airbnb. Les palaces parisiens avouent désormais aussi pâtir de la concurrence de la plateforme de location entre particuliers, dont la fréquentation a explosé l'été dernier et sur laquelle se développe aussi le marché du luxe.

Parmi les 50.000 offres affichées désormais par le site en région parisienne (contre 7.000 pour toute la France en 2012), figurent plus de 380 appartement loués dans la capitale à plus de 500 euros la nuit, et même une quarantaine à plus de 1.000, relève lundi 10 août un article publié par Reuters.

Le prix atteint 1.700 euros pour une habitation ayant appartenu selon son propriétaire à Brigitte Bardot, et équipé d'une terrasse sur le toit de 140 mètres carrés. Certaines offres incluent la possibilité de services de chauffeurs, cuisiniers ou personnel d'entretien.

 "Le Moyen Orient boude la France"

Cette concurrence, aggravée par l'existence d'autres sites de location entre particuliers spécialisés dans le haut de gamme, tels que Le Collectionist, intervient pile au moment où "l'industrie souffre", regrette Didier le Calvez, PDG du Bristol, cité lundi 10 août par Reuters. Après les attentats de janvier, "le Moyen Orient boude la France, il y a aussi chez les Américains le sentiment d'un antisémitisme latent" dans l'Hexagone, explique-t-il. La baisse du rouble et la crise économique qui frappe le Brésil ont pour leur part lourdement affecté le tourisme russe et brésilien.

Ce palace, qui propose des suites à des prix pouvant dépasser les 20.000 euros la nuit, a ainsi vu son chiffre d'affaires reculer de 20% au premier semestre et son taux d'occupation tomber à 61,2% contre 69,2% un an plus tôt. De même, le Plaza Athénée, confronté à un mauvais début d'année, a dû abaisser de 20% le prix de certaines chambres cet hiver, et le George V a vu son taux d'occupation baisser de 5% (à 66%) au premier semestre, rapporte Reuters.

Une "vraie attaque aux impôts"

Malgré une reprise de la fréquentation au deuxième trimestre, les perspectives restent préoccupantes. Selon le cabinet  JLL Hotels & Hospitality, le taux d'occupation des palaces, déjà passé de 78% en 2008 à 70% en 2014, pourrait encore perdre huit à dix points d'ici à 2019. José Silva, directeur général du Four Seasons George V et vice-président régional des Four Seasons de Genève et Lisbonne, estime que son établissement pourrait voire s'évaporer jusqu'à environ 10% de ses clients, puisqu'"il est évident qu'une partie de la clientèle, surtout familiale, quittera les palaces".

Si d'autres phénomènes, tels que l'ouverture de nouveaux établissements, bouscule également le marché, Airbnb est dans le collimateur en raison d'une concurrence perçue comme "totalement déloyale": la plateforme bénéficie en effet d'un traitement fiscal et réglementaire avantageux, estime Didier le Calvez, qui dirige par ailleurs la branche "prestige" de la fédération hôtelière française (UMIH). Un avis partagé par François Delahaye, directeur général du Plaza Athénée, qui évoque pour sa part une "vraie attaque aux impôts". Face à la menace, Didier le Calvez compte ainsi présenter ses propositions au gouvernement d'ici la fin de l'année afin d'obtenir des "règles du jeu (...) plus équilibrées", déclare-t-il à Reuters.

Une offre "totalement différente" selon Airbnb

Le directeur France d'Airbnb, Nicolas Ferrari - cité par Reuters - réplique toutefois que non seulement "l'ultra haut de gamme, avec des chambres supérieures à 1.000 euros la nuit ne représente que quelques dizaines d'annonces", mais que par ailleurs cette offre "est totalement différente du service haut de gamme d'un palace". Il estime par ailleurs que depuis le vote de la loi Alur - permettant à tout particulier de louer sa résidence principale jusqu'à quatre mois par an - la France a organisé le marché de la location entre particuliers.

Au-delà de l'arme juridique, les palaces tentent d'enrayer la chute à grand renfort de rénovations. Le Plaza Athénée a ainsi fait 100 millions d'euros de travaux l'an dernier : un choix qui lui a permis de faire passer son prix moyen par chambre de 1.030 à 1.180 euros, confie son directeur général.

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Commentaires
a écrit le 11/08/2015 à 19:13 :
Il aurait été intéressant que vous vérifiez le soi disant traitement fiscal avantageux dont bénéficierait AirBnB
Parce que trouver un bouc émissaire quand les affaires ne vont plus c'est facile non ?
C'est ça la valeur ajoutée qu'aurait pu avoir ce papier
a écrit le 11/08/2015 à 11:31 :
Poussons le système à son extrême et créons un Airnb et un Uber sous forme de Scoop... là nous serons dans l'économie du partage.
Là une énorme boite américaine permet à des propriétaires de faire fructifier encore plus leur patrimoine...
a écrit le 11/08/2015 à 11:18 :
çà ne va pas s'arranger quand a) le Ritz, b) le Crillon, et c) le Lutétia, sortant de rénovation, vont arriver sur le marché parisien...
a écrit le 10/08/2015 à 23:21 :
Les habitués des palaces ne vont pas chez l'habitant. Ils vont maintenant au camping de luxe ,c'est royal et c'est branché.
a écrit le 10/08/2015 à 23:17 :
Dans les palaces, on y trouve du mobilier d'import? En France, on est des bons, avec tout le bois qu'on a, il parait que la moitié de ce qu'on coupe reste inexploité, qu'on ferait dans le bois de brûlage, et pour 9 milliards de mobilier contre 20 à 25 en Allemagne et en Italie, travailler c'est trop dur à 604h par habitant, on joue à primus inter paresse, ou bien on ne sait pas faire comme le gazole d'import ou bien l'euro relancera l'export de bois en négatif depuis 1978 comme l'horticulture, la rose coupée on ne sait pas faire? Ou bien, pourquoi produire quand on peut importer, on exporterait des bois ronds et on importerait du mobilier d'Europe 85% et de Chine 14%... la valeur ajoutée en industrie non? Les scieries seraient privées de bois, ne devrait-on passer à la tronçonneuse pour le sciage de la filière? Fait-on semblant de relancer ou bien fait-on des contrats internationaux en exfiltrant l'industrie, on roule pour qui?
a écrit le 10/08/2015 à 22:51 :
On nous parle de palais… on pourrait imaginer pas de croissance, pas d’emploi, pas d’emplois, pas de relance, pas de relance, pas de palettes, pas de palettes, pas de palais, bons veautes et voeutes.
On aurait des palais d’assemblées, il y aurait des chauffeurs à 6000, voilà des sachants, c’est bac+combien ?
On ferait des dettes pour payer des retraites, quid des droits avant 25 ans, on parle d’un régime de droits, les jeunes français n’auraient pas droit à l’Hôtel ? Aux Palaces ? Reste le bivouac protestataire à la mode sud européenne. Combien de chômeurs déjà ?
Et pour la politique d’offre, les records de faillites, c’est pour faire des ETI ? Heureusement que les fonctionnaires relancent la croissance ! L’Etat n’est-il pas lent à faire des emplois, de la croissance, de la R&D (60% dans les sondages), ou bien des pré-retraites. Il parait que nombre d’emplois ne sont pas pourvus, on fait dans l’Etat escargot ?
On fait des traités type Maastricht, 60% dette, 3% déficit… y aura-t-il remboursement et impôts ? Pour la baisse de l’euro qui relance l’export, l’industrie non ? On parle d’un record en Allemagne en 2015, mais en positif. Si on commerce en zone, le FRANC n’est-il pas adéquat ?
Notre déficit crée une demande qui ne produit pas d’emplois en France, mais chez nos voisins aux balances positives, vive le COLLABORATIONISME EURO ! On crée des emplois de ménages dans les palaces. Il y aurait des palais avec des parquets et des avocats qui ne seraient pas fonctionnaires au smic, tout le monde n’est pas chauffeur d’Etat.
Ne fait-on pas dans le MAGICIEN de palais, on est chez OZ ? On nous publie qu’un premier ministre récent parle de paupérisation. Pour le PIB par habitant, on aurait le niveau 2014 sous 2007, avec fort chômage en zone euro, est-ce moral le sud européen, entre 25 et 50% des diplômés exclus et 90% cdd, tout le monde n’est pas fonctionnaire. Combien de dette depuis 2007 pour créer quoi, une baisse du niveau de vie, maître Aliboron ferait la leçon d’inflationisme ou bien d’ENFLATION avec GRASGOBERT : des bulles par arrosage monétaire, point de croissance, mais des faillites et du chômage…
On critique la politique supprime, mais pas les baisses de pib, on fait dans les médailles aux pertes, on aurait 5 faillites bancaires en Europe en 2015…
Réponse de le 10/08/2015 à 23:20 :
Rien compris
Réponse de le 11/08/2015 à 7:39 :
@Charlie: c'est un message crypté, tu dois acheter une machine Enigma :-)
Réponse de le 11/08/2015 à 9:06 :
en effet, il y a un tel mélange des themes
je vais regarder à la brocante de mon village si j'en trouve une
Réponse de le 11/08/2015 à 12:07 :
On ne comprend rien à votre charabia... Commencez par vous exprimer correctement et de manière intelligible pour que l'on vous comprenne.
En outre, ce sont des gens fortunés qui vont dans les palaces pas le français moyen !
a écrit le 10/08/2015 à 22:08 :
Les gens qui ont les moyens ne comptent pas, ils cherchent du service en plus du confort, pas des bouts de chandelles !
a écrit le 10/08/2015 à 20:30 :
Certes, tout commerçant est obligé de refuser la concurrence. Sinon, il ne gagne que normalement sa vie. Une honte. La déchéance quand tu ne peux pas dire que tu gagnes un max...
a écrit le 10/08/2015 à 19:52 :
Il est vrai que l'ambiance anti-riches et cet étalage de misère importée en France n'incite pas les gens aisés et exigeants à séjourner ici. Il s'agit d'un problème d'image. Quant aux riches français, ils ne veulent plus de ce pays. L'image ridicule de notre président joue aussi un rôle. La France n'est plus admirée et n'intéresse plus.
Réponse de le 10/08/2015 à 20:32 :
Clair. Si on ne vit pas comme des ricains, c'est la honte... Les Chinois, les Russes et tout le reste de la planète qui ne vit que par son écran plat l'a bien compris.
a écrit le 10/08/2015 à 19:46 :
J'ai comme la vague impression ...que les hôtels de luxe ...sont aussi vulnérable au changement compétitif .... que le monopole des taxis.........
Réponse de le 10/08/2015 à 22:05 :
Si pour vous la concurrence loyale, est né pas payer d'impôts et taxe comme tous le monde. J'attendrais vos commentaires, quand le système de santé, les caisses de retraites ce seront écroulés, que l'école sera totalement privé!!!!
Réponse de le 10/08/2015 à 23:23 :
va falloir qu'ils comprennent
Réponse de le 11/08/2015 à 9:08 :
c'est déjà le cas, le paiement des différentes caisses (retraites, maladies, education), sont finances en partie par credits, sur le marché des obligations d'état

dette de la France, proche de 100 %
a écrit le 10/08/2015 à 18:43 :
il est interessant de voir si les hotels de banlieue pas chers sont aussi desaffectes, ou si la poplitique de pauperisation des gens commencent a porter leurs fruits ailleurs que dans le taux de chomage
je pense que les politiques francaises de miserabilisme et de nivellement systematique par le bas commencent a marcher un peu partout, et que c'est pour ca que certains ministres ' prennent d'autres responsabilites'
les boites se tirent, les jeunent se tirent, les sales riches aussi, maintenant c'est les sales riches des autres pays qui ne visitent plus le centre de l'univers!! ou va t on? ;-))))))))
Réponse de le 10/08/2015 à 19:22 :
Mais quel rapport ? Votre commentaire est d'une tristesse sans nom. Comme les taxis, comme les hôtels (etc) vous etes en dehors des changements qui s'opèrent dans nos sociétés aujourd'hui, et ce a l'échelle globale (la crise dans le milieu de l'hôtellerie n'est pas une spécificitée française...). Et donc vous vous adonnez a du french bashing primaire. Au final cest peut être les gens comme vous le malheur de la France.
Réponse de le 11/08/2015 à 11:11 :
Elle bien bonne celle la : pas de "french bashing"!!on ne fait qu' exercer son esprit critique sur les ravages du socialisme (et pas du pays) me saoule.

On est en democratie et pas a Cuba (encore que j'ai des doutes!)
a écrit le 10/08/2015 à 18:28 :
En France on n'aime pas les riches cela n'est pas nouveau particulièrement depuis la présidence de FH alors il ne faut pas s'étonner de la baisse de fréquentation des palaces . Airbnb est une fausse excuse pour chercher à mettre en place une nouvelle réglementation pour lutter contre l'UBERISATION de l'économie.

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