La PME havraise SOGET se lance à l'assaut des ports internationaux... avec l'aide de Microsoft

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SOGET, le spécialiste des plates-formes portuaires dématérialisées, a l'ambition de changer de catégorie. De premier français, il veut devenir leader mondial. Son partenariat avec Microsoft et son succès en Indonésie vont lui permettre d'atteindre son objectif.

Ce jeudi 11 octobre, SOGET, le spécialiste français de l'informatique portuaire (12 millions d'euros de chiffre d'affaires ; 120 salariés) va s'adresser en direct - à 8 heures, heure de Paris - à l'ensemble de ses clients et partenaires dans le monde. A partir d'un site web de lancement et d'outils vidéo, la PME née d'une start-up il y a trente ans, va annoncer son développement à l'international dans les plates-formes électroniques portuaires.

Après avoir équipé en "guichets uniques portuaires" plusieurs ports français ainsi que Port-Louis à l'Ile Maurice et Cotonou au Bénin, la PME havraise va mettre l'accélérateur sur l'international. Elle se sent d'autant plus légitime à le faire que Microsoft vient de la choisir comme son partenaire portuaire à l'international. Ce qui lui permet de bénéficier de ses dernières technologies et lui donne aussi des ailes. Elle vient de remporter le marché du "plus grand guichet unique portuaire au monde". Le contrat signé le 27 septembre dernier avec l'autorité portuaire indonésienne, concerne l'équipement, avec Microsoft, du terminal à conteneurs de Jakarta (5,3 millions de conteneurs c'est-à-dire deux fois Le Havre, premier port français de conteneurs) suivi de l'ensemble des 111 ports de commerce de l'archipel (qui traitent globalement 12 millions de conteneurs et 1 milliard de tonnes de marchandises).

Doubler le chiffre d'affaires d'ici à 2017

Le marché des ports à équiper dans le monde est considérable, estiment les dirigeants de SOGET qui tablent sur un doublement du chiffre d'affaires d'ici à 2017. Si l'on met de côté les grands ports d'Europe et d'Amérique du Nord - largement équipés - il "reste" les ports d'Europe de taille moyenne, ceux d'Amérique du sud, des Caraïbes, d'Asie (hors Singapour, Japon, Corée du sud déjà équipés), du Moyen-Orient et d'Afrique. Pourquoi ces ports s'équiperaient-ils ? La réponse est contenue dans le nouveau slogan de SOGET - "fluidity for your business" - qui sera dévoilé jeudi 11 octobre par Jacques Ritt, président du directoire de SOGET, dont les actionnaires sont le port du Havre et les syndicats professionnels de la place portuaire havraise.

Le directeur du développement, Pascal Ollivier, résume les enjeux de ces guichets portuaires dématérialisés : "il s'agit de faciliter et sécuriser le commerce, en fluidifiant la chaîne logistique" dans un contexte de globalisation des échanges, de réglementations complexes à mettre en ?uvre (directives européennes, réglementations internationales en sécurité et sûreté). Ces plates-formes électroniques portuaires reposent sur le fait que les différents intervenants de la communauté portuaire (compagnies maritimes, services portuaires, douanes, transitaires, opérateurs de terminaux ...) se connectent sur un même logiciel. Ce dernier permet la gestion partagée et instantanée des multiples opérations portuaires (dédouanement, confirmation d'arrivée de navire, listes de chargement, déclaration des marchandises dangereuses...) pour tous types de marchandises : conteneurs, vracs solides et liquides, véhicules.

Une marchandise met en moyenne 7 minutes à être dédouanée au Havre, 27 jours en Indonésie

C'est cette "distribution" instantanée des informations dans la chaîne logistique, qui crée la fluidité. Naturellement, l'information est à la fois sécurisée et confidentielle, de sorte que chaque acteur de la chaîne n'a accès qu'aux informations qui le concernent directement. On insiste chez SOGET sur les gains de productivité engendrés par ces plates-formes électroniques qui suppriment le papier, la paperasse et les coups de tampon. A titre d'exemple, une marchandise internationale qui arrive aujourd'hui sur le port du Havre va mettre en moyenne 7 minutes à être dédouanée. En Indonésie, elle met actuellement en moyenne 27 jours à être dédouanée ! On estime qu'il faut deux mois pour importer une marchandise d'Afrique et ... trois mois si la marchandise provient d'un pays enclavé, sans façade maritime.

Mais le développement international n'est pas tout pour SOGET. Aux dix ports français qu'elle a déjà équipés (Le Havre, Rouen, Nantes, Calais, La Rochelle, Caen, Dieppe ...) ou qu'elle est en train d'équiper (les terminaux du port de Paris), la PME havraise voudrait ajouter ceux qui n'ont pas encore opté pour une plateforme électronique. Parmi eux, on compte notamment Cherbourg, Strasbourg ou encore les ports bretons, Marseille étant en revanche équipé par un concurrent.

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