Partenariat Emirates-Easyjet : le pacte des loups contre Air France

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Les deux épouvantails des Majors aériennes européennes ont signé un accord qui donne la possibilité aux membres du programme de fidélisation d'Emirates d'acheter avec leurs miles des vols intra-européens d'Easyjet. Une menace pour Air France ou Lufthansa alors que l'utilisation des miles par les hommes d'affaires leur permet aujourd'hui de conserver, sur leur marché domestique, de bonnes parts de marché au sein des entreprises.

Emirates enchaîne les accords stratégiques les uns après les autres. Après avoir signé en septembre un accord colossal avec Qantas, la puissante compagnie du Golfe met en place en Europe un partenariat commercial avec Easyjet, un transporteur qui, comme elle, donne des sueurs froides au sein d'Air France.

Deux acteurs qui pilonnent les Majors européennes
Ainsi, depuis ce mardi, les membres du programme de fidélité d'Emirates, Skywards, peuvent avec leurs miles acheter des billets sur les vols d'Easyjet vers plus de 30 pays en Europe et en Afrique du Nord. Soit en continuation d'un vol de la compagnie du Golfe entre départ Dubaï et l'une des 31 destinations européennes qu'elle dessert, soit en itinéraire séparé.
A priori ce n'est qu'un accord de plus dans le secteur du transport aérien sur l'utilisation des miles d'une compagnie aérienne sur les vols d'un autre transporteur. Et pourtant, sa portée est bien plus importante, ne serait-ce qu'en raison du statut et du poids des deux partenaires, Emirates, la première compagnie aérienne mondiale sur le long-courrier, et Easyjet, deuxième compagnie low-cost européenne. Deux compagnies qui ont un point commun : elles sont chacune sur leur segment de marché l'un des principaux épouvantails des Majors européennes, notamment d'Air France. Leur pilonnage respectif est l'une des causes des difficultés de l'ensemble du transport aérien européen.

Les programmes de fidélité, les machines de guerre auprès des hommes d'affaires

Cet accord est d'autant plus important qu'il s'attaque aux systèmes de fidélisation des Majors européennes, comme Air France ou Lufthansa, des machines de guerre redoutables qui leur permettent de conserver de parts de marché significatives sur leur marché domestique auprès de la clientèle affaires. Ce partenariat permet en effet à la compagnie de Dubaï de lever une partie des barrières qui freinent certains voyageurs européens à ne pas l'utiliser, au profit d'Air France dans l'Hexagone ou de Lufthansa en Allemagne... En effet, dans les grandes entreprises françaises (les grands comptes), la majorité des collaborateurs choisissent Air France pour pouvoir bénéficier des miles Flying Blue (qui leur reviennent même si ce sont les entreprises qui achètent le billet) qu'ils pourront utiliser à des fins personnelles sur un large choix de destinations. Notamment domestiques ou européennes, qui restent très prisées pour des courts séjours, lesquels sont moins contraignants en nombre de jours de congés utilisés.

130 destinations en Europe et en Afrique du Nord

L'homme d'affaires parisien qui, par exemple, utilisait Air France entre Paris et Shanghai pour avoir des miles afin de partir en week-end à Biarritz avec son épouse, peut désormais bénéficier des mêmes avantages avec Emirates. Concrètement, explique la compagnie de Dubaï, les membres de son programme de fidélité résidant en France auront la possibilité d'utiliser les 124 vols quotidiens d'Easyjet au départ de 16 aéroports français, dont Paris (Roissy et 0rly, Lyon, Marseille, Toulouse...) vers 50 villes européennes et 17 villes françaises.

«Avec plus de 130 destinations en Europe et en Afrique du Nord, établir un partenariat avec EasyJet était un choix évident pour Emirates. Ce nouveau partenariat stratégique va permettre d'offrir à notre solide base de membres Skywards, dont 31% d'entre eux résident en Europe, une nouvelle façon d'échanger leur Miles et d'élargir leurs possibilités de déplacements», a déclaré Thierry Antinori, vice-président exécutif pour les Ventes Passagers à travers le monde pour Emirates, un ancien de Lufthansa et d'Air France.

Le plus gros reste t-il à venir? 

Last but not least, la plus grande menace de cet accord pour les Majors européennes est peut être son évolution. Les deux compagnies n'en disent pas mot bien entendu. Mais rien n'empêche de penser qu'ils pourraient aller au-delà à l'avenir. Sans même parler d'accords capitalistiques, des accords de partages de codes («code share»), qui donnent la possibilité à une compagnie de commercialiser les vols d'un partenaire, auraient du sens. Ils permettraient aux deux compagnies de créer sur des aéroports européens des systèmes de correspondances entre les vols long-courriers d'Emirates et les vols européens d'Easyjet. Des sortes de mini-hubs. Ainsi, par exemple, un passager toulousain pourrait utiliser un seul billet pour se rendre en Asie, en utilisant Easyjet jusqu'à Roissy où il prendrait ensuite un vol de la compagnie du Golfe vers Dubaï pour ensuite, après une correspondance à Dubaï, s'envoler vers sa destination asiatique. Le bon moyen à terme pour ces deux transporteurs en pleine croissance (surtout Emirates) de mieux remplir les avions. Il faudra bien remplir les 90 A380 commandés par Emirates (et 120 peut être comme le prévoit le plan de flotte de la compagnie à long terrme).

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Commentaires
a écrit le 18/06/2013 à 14:44 :
En tout cas, "l'Air France bashing" a encore de beaux jours devant lui...
A en croire certains commentaires.
Documentez-vous un peu avant de déblatérer...
Là ça fait un peu café du commerce de bas niveau.
On dirait un forum Yahoo !
a écrit le 15/05/2013 à 16:51 :
D'autant plus que lorsque vous achetez un billet air France votre vol se fait sur air India,turkisch,lufthansa ou autre.alors à quoi sert cette compagnie souvent en grève et qui soustraite ses vols!il vaut mieux prendre un billet directement avec les soustraitents .
a écrit le 15/05/2013 à 16:42 :
Le service d'air France n'est pas meilleur que celui d'easy jet,celui de Qatar ou Emirates en revanche est autrement meilleur! Si air France ne se moquait pas autant de ses clients,ils auraient peut être plus de clients fidèles . Baisé 1,2fois mais pas 3!!!
a écrit le 11/11/2012 à 2:43 :
je vol régulièrement et après plusieurs essais chez Easy jet et Emirates je suis revenu et reste chez Air France pour la rapport qualité/prix qui me convient mieux. L'avantage de emirate est qu'ils n'ont pas de charges sociales à payer, soit un dumping de 25%....
Réponse de le 01/04/2013 à 18:28 :
non c'est faux, il n'y a pas de dumping social, vous désinformez.
Réponse de le 04/01/2015 à 8:45 :
Archi faux Emirates est bien loin devant air France rapport qualité prix, je connait les deux , plus luftansa, easyjet , aigle azur , air
Air France zéro .... prix, service, grèves, ........
a écrit le 09/11/2012 à 10:52 :
Difficile d'imaginer une alimentation du hud d'Emirates par EZ.
1er point: pas de hub hors Dubaï. L'alimentation des vols par le bout de ligne ne peut être qu'un partage de code vol par vol.
2nd point: le cadencement si Emirates ouvrait un hub en Europe. Alimenter un hub coûte cher en immobilisation avion, car il faut que les vols soient collés sur les plages de correspondance. Adieu les demi-tours en 30 min pour EZ! Et un avion au sol coûte plus cher qu'un avion en l'air. C'est d'ailleurs la principale cause du "déficit" du moyen-courrier AF.
3eme point: la perte de recette induite par le vol d'apport. Un vol avec correspondance est moins cher qu'un vol direct. La contribution du vol d'apport est donc négative. Je vois mal EZ transporter les passagers d'Emirates à perte. Ou bien le vol devient plus cher qu'un vol direct...
a écrit le 08/11/2012 à 1:17 :
Pas convaincu par le possible partage de code entre Emirates et Easyjet dans le futur... Entre les 2 il y a quand même un certain écart de standing et Emirates pourrait écorner son image perçue. D'ailleurs il ne me semble pas qu'Air France fasse du partage de codes avec sa propre filiale low-cost, ni qu'on puisse utiliser Flying Blue sur Transavia...
Réponse de le 08/11/2012 à 9:46 :
Ca va être dur de trouver du standing à l'avenir sur du moyen courrier européen.... Mais votre remarque est pertinente. Je pense que tout dépendra de l'envie des pax de voler sur EK en long-courrier. ...Et du prix.
a écrit le 07/11/2012 à 14:20 :
beaucoup "d'idées reçues" dans ces commentaires et erronées pour la plupart !
si vous avez connaissance de votre RdV à Toulouse 15 j ou 1 mois à l'avance, le billet AF ne coûte guère plus cher que sur Easyjet et surtout vous avez le choix sur vos horaires;
de plus l'achat d'un billet Easyjet se fait sur le site "grand public" donc vous n'avez pas de facture et l'entreprise ne peut pas récupérer la TVA
enfin il est tout à fait possible que ce soit l'entreprise qui bénéficie des miles et pas les collaborateurs
un ancien responsable achat " commodities et voyages" dans un groupe de distribution spécialisé
Réponse de le 08/11/2012 à 8:55 :
La TVA sur le transport n'est pas récupérable!!
a écrit le 07/11/2012 à 9:57 :
Il n'est pas normal que les salariés recevant des billets gratuits ne paient pas d'impôts (une idée pour Ayrault) car il s'agit d'un avantage en nature. Pour le reste, courage au passager qui voudra transiter par Roissy. C'est le pire aéroport au monde (mal conçu, toujours en grève, mal relié au centre-ville et ainsi de suite) !
Réponse de le 07/11/2012 à 10:47 :
@Gilles1 je pense que vous ne faites pas partie de ces voyageurs réguliers qui enchainent des vols à n'importe quelle heure de n'importe quel jour de la semaine. Les entreprises ne paient pas ces "dépassements" d'horaires (sauf pour les cadres largement payés). Le retour de quelques miles à titre personnel ne peut en aucun cas être assimilé à un avantage en nature. il faut savoir que les personnes voyageant à titre professionnel n'ont rien à comparer à ceux qui probablement comme vous voyagent pour le tourisme.
Quant à Roissy, et pour y être très fréquemment, il entre tout à fait dans la moyenne, pas plus mal concu que les autres aéroports mondiaux comparables, pour les grèves, vous repasserez ... je suis finalement d'accord avec vous uniquement sur le dernier point qui ne donne pas une bonne image du réseau de transport local et de nos banlieues.
Réponse de le 07/11/2012 à 10:56 :
Les employés qui font de l'internet depuis leur bureau paient des impots sur l' avantage en nature que représente la connexion utilisée et payée par l' employeur? toutes les secrétaires qui font leurs commandes VAD pendant le temps de travail bénéficient scandaleusement d'avantages en nature à ce tarif là! et puis arrétez avec CDG: Singapour ou Hong kong sont tops mais JFK Sao Paulo ou LAX sont nullisimes
Réponse de le 07/11/2012 à 10:57 :
"les salariés recevant des billets gratuits"
C'est la colère qui vous fait dire n'importe quoi ?
Les salariés payent entre 10 et 50% du billet plein tarif, c'est quand même loin d'être gratuit. Et puis bon, ça reste des dépenses comme avantage hein, c'est pas comme bosser chez EDF et consorts.
Réponse de le 07/11/2012 à 11:37 :
@Sam, je crois qu'ils ne parlent pas des GP.
Réponse de le 07/11/2012 à 12:30 :
On voit qu'en France dès que l'on touche à quelqconque privilège c'est la levée de boucliers. D'ailleurs Sarkozy s'est essayé à cete exercvice en 2007 mais cela n'a pas duré longtemps. d'ailleurs ila préféré le bling bling et surtout permettre aux ministres renvoyés de regagner sans formalité le parlement. Un acquis fondamental pour l'avneir ! Pas étonnant que le pays soit toujours à la traîne.
Quant à Roissy comparez avec Munich, Frenkfurt et surtout Zurich...
a écrit le 07/11/2012 à 9:36 :
Effectivement, Flying Blue est un aspirateur d'hommes d'affaires en France. Même si les compagnies étrangères sont "référencées" dans les politiques voyages des entreprises, que leurs prix est inférieur, AF est le plus souvent choisie par les collaborateurs pour les miles. Cà a toujours été comme çà. Les entreprises n'arrivent pas à faire respecter leur politique voyage.
Réponse de le 07/11/2012 à 10:37 :
Ça dépend des entreprises.celles qui veulent imposer des réductions de coût pour réduire le budget transport ne s'embarrassent pas de ce genre de considérations. je vais à Toulouse vendredi. Prix d'achat aujourd'hui: 250 euros AR avec easyjet....et 498 avec Air France...Le choix est vite fait
Réponse de le 07/11/2012 à 11:01 :
@bill: les entreprises en question sont bien nazes alors! moi j' ai bossé pour une dont le directeur nous avaient envoyé une note nous demandant de choisir d'abord Easyjet et ensuite de regarder les autres...et via le module Amex voyage on avait accés a toutes les compagnies et c'était soumis au dèpartement "finances" pour validation. Donc les caprices pour AF c'est bien parce qu' on le veut
Réponse de le 07/11/2012 à 11:11 :
Oui sauf que le vol retour de Easy jet est à 15h15, ca fait court comme journée...et il reste 2 places!
AF propose de nombreux vols jusqu'en soirée, il est vrai très cher, mais quand on réserve 2 jours avant , cela me semble normal.
Si on compare une résa dans une semaine l'écart diminue fortement.
Il ne faut pas exagérer, AF propose aussi de très bons tarifs, si on s'y prend un peu à l'avance.

Réponse de le 07/11/2012 à 17:41 :
On ne peut comparer le prix d'un billet d'une compagnie régulière à celui d'une compagnie à bas coûts. La stratégie marketing n'est pas la même.
Le prix du billet AF est certes plus onéreux que celui d'Easyjet mais le service et le confort à bord n'est pas le même non plus.
Réponse de le 07/11/2012 à 19:41 :
A bon et elle est où la différence entre la Navette et Easyjet?
Réponse de le 07/11/2012 à 22:05 :
C'EST DOMMAGE...
VOUS AURIEZ PRIS AF A L'ALLER ET EZY AU RETOUR CELA VOUS AUREZ COUTE 223 EUROS.. CAR AF EST MOINS CHER A L'ALLER QU' EZY...
MAL VU !!!
Réponse de le 08/11/2012 à 11:10 :
Sauf qu'avec Air France si vous ne prenez qu'un aller simple, le prix du billet explose....presque multiplié par 3....
Et puis niveau confort, un vol national "la navette" d'Air France n'offre pas plus de confort qu'un Airbus Easyjet.
Enfin, Easyjet dessert la liaison Paris Toulouse depuis Roissy et Orly avec de nombreux vols dans la journée. Pour un aller retour Paris Toulouse, premier départ à 6h55 depuis Oly et dernier vol retour depuis Toulouse 19h45. ça laisse de la marge pour un voyage d'affaire. D'ailleurs en semaine 1/3 des passagers sont des hommes d'affaires
a écrit le 07/11/2012 à 9:22 :
Très bonne nouvelles pour les voyageurs des petites villes de province. Dire qu'Air France n'a rien trouvé de mieux qu'arrêter sa liaison Biarritz-Roissy lorsque qu'Easyjet a décidé de desservir le Pays basque depuis CDG. Esquiver la concurrence (Air France s'est depuis limité à Orly pour la liaison Paris-Biarritz) n'est pas un bon moyen de fidéliser des clients.

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