« La SNCF n'a pas besoin d'être surprotégée » (Albert Alday, DG de Thello)

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Plus d'un an après l'ouverture de la ligne-Paris-Venise par Thello, la seule compagnie ferroviaire privée sur les lignes internationales du réseau français , Albert Alday, le directeur général de Thello dresse un bilan, affiche ses objectifs et déplore que l'ouverture du marché ferroviaire domestique français soit repoussée à 2019. Il évoque également un recours contre RFF.

La Tribune. Plus d'un an après l'ouverture de la ligne-Paris-Venise, comment va la seule compagnie ferroviaire privée sur les lignes internationales du réseau français ?

Albert Alday. Cette première année a été très satisfaisante. Elle nous a permis de confirmer qu'il y avait bien une demande de trains de nuit pour la ligne Paris-Milan-Venise. Nous avons transporté en 2012 plus de 300 000 passagers sur cette axe, 20% de plus que nos prévisions initiales. Nous avons notamment observé la présence dans nos trains de clients extra-communautaires, asiatiques pour une grande partie d'entre eux. Le chiffre d'affaires s'est élevé en 2012 à 30 millions d'euros et nous avons quasiment atteint l'équilibre économique sur cette ligne. Le résultat d'entreprise de Thello qui sera présenté prochainement au conseil d'administration sera néanmoins négatif, en raison des frais de lancement de la ligne Paris-Rome le 9 décembre 2012.

-La satisfaction est-elle la même sur le plan de l'exploitation ?

Nous avons rencontré beaucoup d'aléas opérationnels en raison de la gestion des infrastructures et de nombreux retards dans l'allocation des sillons (créneaux horaires). Nous avons notamment subi des ajustements d'horaires et des modifications d'itinéraires qui nous ont été préjudiciables. Fin mai par exemple, nous avons appris que l'itinéraire que nous empruntions par la Suisse serait fermé pendant trois semaines en août, pour cause de travaux sur le réseau italien. Et il a fallu attendre le 10 juillet pour pouvoir commercialiser le nouvel itinéraire via Modane soit trois semaines avant la période concernée, alors qu'en général nous ouvrons les ventes quatre mois avant. Août a du coup été gâché et ce retard de trois mois dans les ventes nous a coûté un million d'euros de pertes de recettes.

-Comment débute l'année 2013 avec l'ouverture de votre deuxième ligne Paris-Rome en décembre 2012 ?

2013 démarre modestement. Les taux de remplissage en décembre et janvier ont été inférieurs à nos attentes, notamment sur Rome (aux alentours de 50%), une ligne ferroviaire qui a été interrompue pendant plus d'un an. Il y a un effet crise qui tasse les déplacements et une forte pression des compagnies aériennes à bas coûts qui ont pris le marché. Mais cela n'explique pas tout. Nous n'avons pu commercialiser nos trains de la nouvelle saison qu'à la fin octobre à cause là encore de l'attribution tardive des sillons. Ce retard a pénalisé le trafic de décembre et janvier. Aujourd'hui, la tendance pour les prochaines semaines est encourageante. Nous comptons transporter 500 000 passagers en 2013 et réaliser près de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires.

-Que comptez-vous faire face à ces problèmes de sillons ?

Si ça continue, nous déposerons un recours auprès de l'ARAF (l'autorité de régulation des activités ferroviaires) contre Réseau Ferré de France (RFF). Nous avons perdu 2 millions d'euros à cause d'une attribution tardive des sillons qui nous a empêchés de commercialiser correctement nos trains.

-Cherchez-vous des accords de distribution avec d'autres entreprises ferroviaires, notamment la SNCF?

Nos discussions n'ont pas toutes abouties, mais nous étudions toute possibilité de compléter notre offre en agrégeant des pré/post acheminements. Par ailleurs, nous venons de trouver un accord avec DBFrance, spécialiste des voyages ferroviaires en Europe. Les passagers pourront acquérir auprès de DBFrance des billets Thello en version papier, « ticketless », mais aussi de les combiner avec des billets d'autres compagnies ferroviaires européennes.

-Quelles sont les prochaines étapes du développement Thello?

Nous travaillons pour ouvrir un nouveau type de service en 2014, toujours entre la France et l'Italie, mais en trains Intercités de jour. Il s'agit de la ligne Milan-Gênes-Nice avec peut être la desserte de Toulon et Marseille si cela est possible. Les trains de Trenitalia s'arrêtent aujourd'hui à la frontière franco-italienne, à Vintimille. C'est un non-sens au regard du potentiel de la région PACA. Nous attendons fin février-début mars, les précisions de l'ARAF concernant les règles de cabotage en France. L'ARAF veut s'assurer qu'un tel service ne porte pas préjudice au contrat de service public qui lie la SNCF à la région pour les TER.

-Que vous inspire la réforme ferroviaire en cours d'élaboration par le gouvernement français ?

Il y a un consensus. Il faut réformer. Qu'un gestionnaire d'infrastructures dispose de tous les leviers pour gérer ses infrastructures est une bonne chose. Après, j'aurais évidemment préféré que ce gestionnaire d'infrastructures unifié soit indépendant et autonome. Pour autant, les architectes de cette réforme assurent que les dispositions envisagées permettront un traitement équitable des nouveaux entrants. J'attends de voir.

-Pour permettre à la SNCF de se préparer à la concurrence, le gouvernement souhaite un cadre harmonisé entre tous les opérateurs avec un alignement sur celui de la SNCF, qui pourrait réduire l'avantage en termes de coûts sociaux dont pourraient disposer les nouveaux entrants. Quelles sont vos marges de man?uvre ?

Je suis serein. Thello applique la convention collective de la branche qui nous convient très bien. La SNCF souhaite la rejoindre et demande à ce que les organisations du travail des différents opérateurs convergent vers les siennes. Dire que les nouveaux entrants ont gagné la bataille du fret en faisant du dumping social est une parole de trop. J'espère que nous aurons une discussion sérieuse sur ce sujet. Nous ne souhaitons pas un chamboulement du cadre social pour être alignés sur la SNCF.


-Les propositions de la Commission européenne pour libéraliser enfin les marchés domestiques doivent forcément vous réjouir ?

Malgré les résistances de certains pays, la Commission a sauvegardé l'essentiel : que le transport ferroviaire puisse se repenser dans le cadre une ouverture compétitive. En revanche, je suis préoccupé par l'annonce du gouvernement français de ne pas envisager l'ouverture du marché intérieur français avant 2019. Ce report s'apparente à un refus. Alors que les marchés allemand et italien sont ouverts, la SNCF va rester en monopole sur 90% de son activité voyageurs. La SNCF n'a pas besoin d'être surprotégée. Ne pas avoir le stimulus de la concurrence ne peut d'ailleurs que la desservir. En outre, il y a un risque que certains marchés à l'export se ferment au nom de la réciprocité.

-Que demandez-vous ?

Je souhaiterais revenir au calendrier qui était à l'étude ces dernières années, dans lequel les parties prenantes travaillaient sur une ouverture des marchés des trains d'équilibre du territoire (TET) en 2014 et celle des TER en 2015. Il n'y a rien de précipité avec un tel scénario. Il reste envisageable. Je ne comprends pas ce report à 2019. Il va porter préjudice au secteur. Il faut un calendrier plus crédible que 2019.

-Quelles sont les conséquences pour Thello d'une ouverture à la concurrence du marché intérieur en 2019 ?

Si nous devons attendre 2019 pour grandir, notre viabilité d'ici là n'est pas sécurisée. Avec un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros, Thello n'a peut-être pas la taille suffisante pour encaisser quelques coups durs.
 

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a écrit le 12/05/2013 à 18:29 :
Pour partir avec Thello, il faut avoir du pot........
Je devais partir de Venise hier soir à 20h01 et arrivé ce matin à 9h30. Malheureusement, nous sommes arrivés à 14h00 : grève des conducteurs de train Thello et oui... pourtant ce n'étant plus la SNCF qui exploite cette ligne et ces priviligès de cheminots, on aurait pu croire une meilleure gestion.
Donc voici ma galère : arrivés en gare de Venise à 19h00, à 19h30, nous allons voir le tableau d'affichage pour connaitre le numéro de quai du train.
Stupéfaction et horreur: ce n'est pas le numéro du quai qui est inscrit mais cancello -annulation dans le texte-.
Moment de panique de notre part : que se passe t il ? Pas une seule annonce en français ni en anglais pour avertir tout ce petit monde qui après un week-end fort agréable à Venise doit rentrer à Paris.
Nous rencontrons une employée qui nous informe de prendre un train pour Mestre car des bus de substitution nous attendent.
Arrivés à Mestre, un panneau avec un employé indique Paris Gare de Lyon jusque là ça va mais arrivée sur le trotoir : la foule, aucune gestion n'est commencée.
Je n'ai pas fait de grandes écoles comme ces messieurs qui nous gouvernent pourtant il suffisait d'organiser simplement de cette façon : compter les gens qui arrivaient faire des paquets et les embarquer dans les bus présents.
De plus, il n'y avait pas assez de bus et je faisais partie avec homme et enfants de ceux qui n'avaient pu embarquer.

Nous avons attendu plus d'une heure et demi l'arrivée d'un bus : seule distraction observer les prostituées sur le trotoir d'en face qui prenaient leur service.Il est vrai que bien souvent les quartiers de gare ne sont jamais bien terribles.

La compagnie Thello téléphonait depuis Paris pour avoir un autre bus. Aprés plus d'une heure d'attente, un bus arrive enfin, nous pensons être sauvés. Mais une employée nous annoncent avec une attitude désinvolte et un grand sourire que :c'étant les aléas du voyage, nous devrons changer à Milan, le chauffeur ne peut quitter le territoire, mdr. Thello devrait investir dans les formations : relations clients car même les entreprises publics organisent ces formations pour leurs employés.
Arrivés en gare de Milan, ouf nous apercevons un bus soute ouverte, nous croisons les doigts pour que ce soit le notre, on ne sait jamais....
Mais oui, c'est pour nous.
A noter également, nous n'avons pas le droit d'utiliser les toilettes et dans le nouveau bus, il n'y en a pas.
Les cheminots italiens ouvrent la gare spécialement pour nous, merci à eux. Nous visitons la gare de Milan qui est d'ailleurs très jolie, il faut bien joindre l'utile à l'agréable.
Ils ont aussi eu ela gentillesse de s'occuper des bagages et de les changer de soute.
Après distribution d'une petite collation, nous repartons pas pour très longtemps car arrivés au tunnel du Mont-Blanc, le bus s'arrête à nouveau 45 mn environ. Pour une raison qui m'échappe le bus n'a pas l'autorisation d'emprunter le tunnel. Nous patientons encore : aucun mot de l'employé Thello pour nous expliquer la situation et puis finalement nous avons l'autorisation de repartir.
Vers Macon, halte petit déjeuner à nos frais, Thello aurait pu faire un petit geste commercial et nous offrir le petit déjeuner vu les déboires que nous subissons.
Nous repartons à nouveau avec deux arrêts inopinés sur la bande d'arrêt d'urgence : changement de chauffeur.
Finalement, à 13h50, nous arrivons à Paris gare de Lyon, juste un mot d'excuse de la part de la compagnie Thello mais aucune prise en charge pour savoir si certains voyageurs avaient besoin de correspondance, de renseignement pour un éventuel geste commercial....
Même la SNCF n'aurait pas fait pire...pourtant au dire de monsieur Alday elle aurait besoin de stimulus. No comment. A noter : la gréve avait commencé depuis 2 jours, Thello avait donc largement le temps de s"organiser au niveau transfert.
Je vais suivre les conseils de PAT : prendre l'avion la prochaine car en plus, il est vrai que les trains sont vraiment vieux et vétustes. Sur le quai, le jour du départ, je me croyais une vingtaine d'année plus tôt pour prendre le train qui allait à Berlin Est.
Réponse de le 15/05/2013 à 13:05 :
Bonjour,
nous étions dans le train, enfin façon de parler, du 9 mai ... Notre bus a quitté Venise Mestre vers minuit trente et nous ne sommes arrivés qu'à 16h45 à Paris, où nous n'avons trouvé personne de Thello. Le trajet était aussi inconfortable (clim chaud froid, vitesse d'escargot, détour obligatoire par Dijon n'interessant aucun passager du bus, etc.)
Aujourd'hui, j'apprend que Thello, dans sa grande mensuétude (et en application d'un règlement européen) nous rembourse 50% du billet car nous avons eu plus de deux heures de retard... Nous seulement nous avons eu 6h45 de retard, mais nous avons également voyagés assis et en car. Il me semble que si nous sommes arrivés à destination, la prestation n'a pas été conforme...
Bref, Thello se moque gentillement du nous!
a écrit le 10/05/2013 à 16:16 :
Notre train n'est jamais parti de Rome, le personnel qui travaillait pour une compagnie de service nous a indiqué que Thello s'engageait à rembourser le billet ainsi que la nuit d'hôtel à condition que nous trouvions nous-même une chambre, le week-end de l'Ascension tous les hôtels étaient pleins surtout à 20 heures, et ensuite à nous de nous débrouiller pour rentrer en France. Deux heures plus tard on nous proposait de nous laisser à Milan ...
La SNCF n'est pas si mal.
a écrit le 24/04/2013 à 23:28 :
En termes de qualité, au lieu de donner des leçons, ils pourraient en prendre auprès de la SNCF, j?ai rarement vu un site commercial plus nul que celui de THELLO.
De plus je vois mal comment ils resteront viables sur le long terme avec des tarifs supérieurs aux tarifs low cost aérien sur les mêmes trajets.
a écrit le 13/02/2013 à 7:18 :
J'aime bien quand on parle de "privé" pour Thello : cette entreprise est détenue à 67% par Trenitalia, les transports ferroviaires PUBLICS italiens, et à 33% par Veolia Transdev, donc la moitiée est privée et l'autre est encore publique (Caisse des dépôts). Donc Thello est à 83% public !
Pareil pour ECR, principal concurrent fret de la SNCF : propriété de DB Schenker Rail UK, filiale à 100% de la DB, opérateur historique PUBLIC allemand...
a écrit le 12/02/2013 à 10:22 :
Albert Alday a été formé à l'exploitation ferroviaire par la SNCF,...
a écrit le 12/02/2013 à 9:43 :
Il faut arrêter de voir tout blanc ou tout noir. La libéralisation du rail aura des avantages ET des inconvénients, et il appartient à l'Etat de réguler cela au bénéfice des usagers.

L'avantage du privé, est d'être moins dépensier (il faut voir les kilomètres de trains en parfait état voués à la casse dans toute la France) et d'être plus dynamique (on le voit quand ils parlent des sillons) que le public, il n'y a pas tout un chapelet de cadres à convaincre. Il y a aussi une plus forte capacité d'innovation (ex :les wagons restaurants du Thello).

L'inconvénient du privé est par nature de chercher à "faire du fric" pour remplir les poches des actionnaires, et qu'il y a deux moyens de faire : réduire les frais de fonctionnement (avec parfois des conséquences dramatiques en terme d'emploi, voire de sécurité) et augmenter les tarifs (ce que la SNCF, pourtant publique, fait très bien, voire les bénéfices 2012).

Pour bien connaître le milieu de la SNCF, il faut savoir que les agents de terrain ont certes quelques avantages (circulation quasi-gratuite pour eux et leur famille, excellent CE et sécurité de l'emploi), mais qu'en contre partie, leur salaire, malgré les primes, n'est pas faramineux. En ce qui concerne certains cadres, en particulier les plus haut placés, c'est différent, un rapport de la cour des comptes va d'ailleurs mettre à jour certains frais de représentation un peu lourds !
a écrit le 11/02/2013 à 16:13 :
Je me demande pourquoi les trains Thello ne desservent pas mieux le sud de Paris. L'agglomération de Melun, c'est plus de 100 000 habitants. Desservir Fontainebleau et Sens pourraient aussi captés une nouvelle clientèle. Avoir un train qui s'arrête près de chez soi renforce son attractivité par rapport à l'avion qu'il faut aller chercher à plusieurs dizaines de km.
les trains de nuit allemands savent faire de desserte fine en soirée et matinée, ils récupèrent le voyageur près de chez lui.
a écrit le 11/02/2013 à 15:14 :
Ce dossier reflète comme d'autres les lacunes au sein de la législation européenne et la faiblesse de nos autorités. L'infrastructure ferroviaire est hyper-stratégique et ne doit en aucun cas être cédée à des opérateurs privés. Par exemple, qui a autorisé la présence de Goldman Sachs au Conseil d'administration d'Eurotunnel ? Les entreprises publiques et privées de l'Europe en général ont beaucoup trop souffert de la déréglementation, des fusions-acquisitions et de la crise qui en a logiquement résulté. Il est grand temps de remettre les choses à leur place.
Réponse de le 11/02/2013 à 20:07 :
Il faut au contraire libérer cette partie de l'économie du monopole étato syndical, qui a intéret à nous faire croire qu'ils sont indispensables pour bien sur garder leurs interets et priviléges sur le dos des clients et des contribuables. L'état, actionnaire de Dexia, démontre sans arret son incurie, et les déficits, et les pertes, sont toujours pour les contribuables. Tout ce que gére l'état est déficitaire, et je rappelle que 1 emploi créé dans le publique, c'est 3 vrais emplois dans l'économie réelle de sacrifiés.
Réponse de le 12/02/2013 à 6:21 :
Tout a fait d'accord, le mode de fonctionnement et de gestion Etatique est le pire des exemples, tout particulierement en France et on peut verifier cela dans la tres grande majorite des cas.
Réponse de le 24/04/2013 à 23:30 :
LIBRE et opinion 7, allez prendre les trains privés en Angleterre et on en reparle...
a écrit le 11/02/2013 à 14:19 :
Thello est sur un marché de niche les trains de nuit Venise et Rome soit 4 trains par jour pour .....13 000 trains / jours pour le SNCF. Pas vraiment la même echelle. Déjà, ces lignes avaient été délaissées par la SNCF puis par les FS, les chemins de fer Italiens pour manque de rentabilité. A lire l'article, cette compagnie est sur le fil du rasoir et peut couler du jour au lendemain. Bien sur ce n'est pas de leur responsabilté!!!! Quand au service de cette compagnie, il suffit de voir le matériel utilisé, ancienne voiture des chemins de fer italiens, non rénovées au confort plus que limité. Mieux vaut prendre l'avion souvent moins cher que cette compagnie.
Quand à l'ouverture à la concurrence, à partir du moment ou il y a une convention collective uniformisée pour tous les transporteur ferroviaire opérant en France, le dumping social et salarial disparait. De fait ces compagnies perdent un de leur atout, des salaires plus bas et des conditions de travail plus difficiles.Mais aprés tout ce n'est que l'expression du dogme européen: une concurrence libre et non faussée. Non faussée sur les salaires.
C'est pour ça que je suis prêt à parier qu'en 2019, il n'y aura pas beaucoup de candidats pour assurer des services ferroviaires privés. Il n'y a que de l'argent à perdre et trés peu à gagner. Il suffit de relire l'histoire des chemins de fer en France et en Europe. Privés à l'origine et ensuite nationalisés pour raisons financières.
Réponse de le 11/02/2013 à 14:47 :
Il peut y avoir un juste milieu. Comme par exemple la privatisation de la SNCF, ouverture globale du marché mais avec RFF qui reste national (l'etat gere les infrastructures et le finance en faisant payer le passage du train de la boite privée). Et pour le reste, cela laisse de la marge a la concurence en terme de couts...
a écrit le 11/02/2013 à 14:14 :
La SNCF a tout concentré sur le TGV qui a ruiné le réseau ferroviaire. Pour rentabiliser ses TGV, elle a sacrifié des pans entiers de ses marchés. Ce sont des marchés juteux qui sont à prendre pour les concurrents. un tel aveuglement est sidérant. Si les écolos souhaitent ruiner le nucléaire, qu'ils soutiennent l'ide de mettre Pépy à EDF.
Réponse de le 11/02/2013 à 15:15 :
Justement les seuls marché "juteux" sont les lignes TGV. Si le TGV est rentable, c'est parce que la SNCFa industrialisé les processus de productions des TGV, entretien des rames qui roulent un maximum, optimisation de la vente des places avec modulations des tarifs. Résultats, des taux de remplissages de 80 à 90% (voir 100% en début et fin de weekend) et des prix inférieur de 20% par rapport aux ICE allemand (entre 55 et 60% de taux de remplissage) et 30 à 40% vis à vis des prix en l'Angleterre. (On y a vu pour la 1ère fois des billets à 1000 livressur certains parcours.)
Si il y a encore des trains en France c'est surtout grace aux TGV.
Pour le reste, TER et autres (dont Iles de France) il s'agit en quelque sorte de délégation de services public, les régionsqui définissent le nombre de trains cirdulants, passant des contrats avec la SNCF. Et là, la marge bénéficiare est minime.
Depuis 15 ans,suite à des directives européennes, le reseau appartient et est géré par RFF. Mais malgré ça, la SNCF continue à investir de son propre argent (ex le RER D) pour améliorer le reseau. Connaissez-vous une société privée prête à faire de même?
Si il y a des sociétés privées de chemin de fer en 2019, elle viendront uniquement sur le créneau des TGV car c'est le seul secteur où il ya un peu d'argent à gagner, et encore à condition que ces socitéts soir aux mêmes standarts d'exploitation que la SNCF. Quand aux prix, à partir du moment où le dumping social sera impossible, que les droits d'accés au réseau (péages) seront identiques entre la SNCF et ses concurrents, que le privé devra rémunérer des actionnaires, je ne vois pas comment les prix pourraient être inférieurs à ceux de la SNCF.
Réponse de le 11/02/2013 à 16:13 :
Vous dites vous même qu'à partir du moment où le dumping social sera impossible, la concurrence sur les TER ne pourra exister... Mais voilà, il sera possible de même que dans les entreprises privées qui exploitent le fret.
On sait qu'à partir du moment où les sociétés privées vont répondre aux appels d'offres sur les TER, elles offriront le même service avec une demande de subvention d'au moins 30% inférieure.
Quand vous savez que le plan actuel du gouvernement est de couper de 1,5 milliards par an l'aide qu'il apporte aux régions et que les élus régionaux refuseront d'augmenter massivement les impôts par crainte de n'être pas réélus, la tentation va être grande de faire passer ce secteur au privé ! On imagine déjà la réaction de la CGT... mais avec l'objectif d'équilibre des comptes en 2017, connaissant le déficit de l'état, de l'Unedic, de la sécurité sociale et des retraites, on va assister à des lendemains qui déchantent...
Réponse de le 12/02/2013 à 10:15 :
L'ouverture à la concurrence dans le fret a conduit à un écrémage des trafics rentables (trains entiers) ne laissant à la SNCF que les trafics déficitaires (wagons isolés notamment) qu'elle tentait d'équilibrer globalement. Finalement le transport ferroviaire de fret s'est fortement réduit au bénéfice de la route dont personne ne conteste qu'elle n'assume pas tous ses coûts externes. Avec l'ouverture à la concurrence du transport de voyageur, le risque est grand de voir se réduire les services dits "d'intérêt général" sauf à accroître la contribution des collectivités territoriales.
a écrit le 11/02/2013 à 13:46 :
Je dois être archaïque car je ne suis pas sûr que la libéralisation du rail soit une bonne chose pour les principaux intéressés, c'est à dire les clients. On peut remarquer que les pays " en avance" qui ont déjà privatisé voient les prix augmenter et le service se dégrader. ( GB par exemple).
C'est un peu comme EDF. On nous explique que les réglementations européennes nécessitent une ouverture à la concurrence, et on nous avertit déjà que cela se traduira par une augmentation des tarifs.
J'en conclus que je dois être idiot car je n'arrive pas à voir où se situe l'avantage.
Et cerise sur le gâteau, cela aura également pour conséquence la baisse des salaires dans les secteurs concernés.
Réponse de le 11/02/2013 à 14:01 :
la baisse des salariés est ineluctable. Il suffit de regarder sur un quai SNCF pour voir le nombre de controleurs et autres fonctionnaires de la SNCF ne rien branlé... En ce qui concerne l'augmentation des tarifs, je ne connait strictement aucuns secteur dans lequel les prix ont augmenter suite a l'ouverture a la concurence. Je ne voit pas pourquoi ce serait le cas dans le ferroviaire...
Réponse de le 11/02/2013 à 14:01 :
la baisse des salariés est ineluctable. Il suffit de regarder sur un quai SNCF pour voir le nombre de controleurs et autres fonctionnaires de la SNCF ne rien branlé... En ce qui concerne l'augmentation des tarifs, je ne connait strictement aucuns secteur dans lequel les prix ont augmenter suite a l'ouverture a la concurence. Je ne voit pas pourquoi ce serait le cas dans le ferroviaire...
Réponse de le 11/02/2013 à 18:38 :
@marvin: peut tu développer en français stp?
Réponse de le 11/02/2013 à 19:58 :
Si vous m'aviez lu, vous auriez remarqué que je cite deux secteurs.
Citez moi un pays européen où le prix du train est moins élevé, et où le maillage du territoire reste important. Citez moi un pays européen ayant " libéralisé" son électricité et qui propose des tarifs plus bas que chez nous.
Réponse de le 31/03/2013 à 19:14 :
La Belgique.
Réponse de le 12/05/2013 à 11:18 :
Allez demander aux belges ce qu'ils pensent de la SNCB ....
a écrit le 11/02/2013 à 12:04 :
"Je ne comprends pas ce report à 2019" : en langage non-politiquement correct, on a bien compris évidemment que le lobby syndicalo-ferroviaire pèse lourd en terme de pouvoir de nuisance et de pouvoir sur l'opinion, et qu'un gouvernement de gauche ne va sûrement pas prendre le risque de se fâcher avec un de leurs principaux réservoirs électoraux...

Il est symptomatique en tout cas que même l'Italie soit en avance sur nous dans ce domaine, alors que la tradition de monopole public rouge cramoisi est largement aussi forte là-bas que chez nous...
a écrit le 11/02/2013 à 11:43 :
Thello devrait rapidement s'étendre sur territoire national comme d'autres compagnies privées en 2014. Les contribuable comme les clients ne veulent plus de la SNCF/RATP. VIVE LA CONCURRENCE !
Réponse de le 11/02/2013 à 14:19 :

il va en resulter des prix a la hausse comme les societes qui gerent les autoroutes
Réponse de le 11/02/2013 à 20:51 :
Je suis contrôleur à la sncf, et il est urgent que la sncf soit privatisée et que la concurrence arrive."Vous" (clients de la sncf) regretterez le bon vieux temps où le chemin de fer était un service publique...Croyez vous réellement que le fait d'être privatisé va améliorer le sort des usagers?!!! Quand on revendique, on se renseigne un minimum avant: peut-être faut il regarder chez nos voisins européens qui ont été libéralisés( hausse vertigineuse des tarifs, réseau ferroviaire sans sécurité, agressions constantes...)
ALORS OUI VIVEMENT LA PRIVATISATION AFIN QUE LES CHEMINOTS SOIENT REGRETTÉS !!!!! Arrêtez d'avaler les infos de tf1, et arrêtez aussi de croire que notre bible est l'humanité ( le journal ,évidemment, pas le genre...)
Réponse de le 12/02/2013 à 13:48 :
Stop a la desinformation j ai voyager en Australie ou le Rail est privatise, aux USA ou le rail est privatiser, le Japon le rail est privatise....... C est sur que prendre l un des rares exemple ou cela s est mal passe hein..... et comme pour l education, la sante.... On peut decreter que c est un service public et y allouer des fonds mais privatiser les contrat de travail (CF Suede) donc le rendre plus efficaces! A cela je dit un grand oui!!!
Réponse de le 13/02/2013 à 9:09 :
Habitué de la ligne Caen Paris, je ne pense pas que la privatisation nous détériore le service. La ponctualité est lamentable. La durée de transport s'allonge régulièrement depuis des années, et nous avons perdu 1/2 heure sur le temps de trajet du turbotrain. Que dire de la propreté, de l'état des toilettes, de la disponibilité de ces toilettes qui sont monopolisées par le contrôleur pour ranger ses affaires personnelles (c'est dire la considération pour l'usager, je n'ose parler de client).Tout ceci est connu de tout le monde, mais personne ne s"en préoccupe. Alors OUI vivement la concurrence.
a écrit le 11/02/2013 à 11:37 :
Non !

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