Aéroport de Bruxelles : les craintes en France du patron de la DGAC

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Les attentats dans le métro de Bruxelles relance à nouveau la question du niveau de sûreté dans les transports terrestres.
Les attentats dans le métro de Bruxelles relance à nouveau la question du niveau de sûreté dans les transports terrestres. (Crédits : REUTERS TV)
Il y a deux mois à peine, Patrick Gandil, le directeur de la direction générale de l'aviation civile (DGAC), expliquait que le scénario de l'attentat qui a frappé l'aéroport de Bruxelles était "une grande crainte" des autorités françaises. Il estimait que la France était l'un des pays qui dispose du meilleur déploiement de forces de protection des aéroports.

On en parle moins que l'inspection filtrage des passagers et des bagages. Mais, l'attentat en zone publique (avant les postes d'inspection filtrage) d'un aéroport comme celui qui a frappé l'aéroport Zaventem de Bruxelles ce mardi, est l'une des préoccupations majeures des autorités françaises. Patrick Gandil, le directeur de la direction générale de l'aviation civile (DGAC), l'avait clairement déclaré le 26 janvier dernier lors d'une intervention à l'assemblée générale du BAR (Board Airlines Representatives), l'association des compagnies étrangères présentes en France (Air France en fait néanmoins partie).

Les aéroports restent des cibles privilégiées

Alors qu'il expliquait que les activités de sûreté se tournait davantage vers l'international en raison de la menace des vols entrants, Patrick Gandil ajoutait néanmoins que "sur le national, nous avons une grande crainte, c'est le mitraillage ou l'attentat à la bombe dans les zones publiques des aérogares."

En effet, comme le souligne un expert en sûreté aérienne, les aérogares sont des cibles privilégiées des terroristes "car elles concentrent beaucoup de monde, permettent de cibler certains pays en attaquant certains comptoirs de compagnies aériennes en particulier, et d'espérer un retentissement mondial en raison des passagers internationaux qui les fréquentent."

"Ce qui s'est passé le 13 novembre à Paris, on le craignait dans les aéroports", explique la même source.

Selon le président de la commission des renseignements de la Chambre des représentants, Devin Nunes, les explosions à l'aéroport de Bruxelles se sont produites près des guichets des compagnies américaines.

"D'après ce qu'on m'a dit, c'était plus proche des compagnies américaines (...) Il semble que c'était dirigé, d'une certaine façon contre des Américains", a déclaré Devin Nunes.

"Des militaires qui ont connu le feu"

Si le transport aérien est de loin le mode de transport où les mesures de sûreté sont les plus poussées, les zones publiques des aérogares, elles, restent néanmoins vulnérables.

"La meilleure défense, c'est d'avoir des militaires en arme, expliquait Patrick Gandil, précisant que la plupart d'entre eux avaient connu le feu. Si des terroristes passent les filtres des services de renseignement (et parviennent à entrer dans les aérogares, ndlr), ils tireront les premiers et il faudra les neutraliser le plus vite possible. La France est certainement l'un des pays qui dispose du meilleur déploiement de forces de protection de ses aéroports."

Renforcement des mesures

Depuis les attentats de janvier 2015 à Paris, des centaines de militaires sont déployés dans les aéroports parisiens de Roissy-Charles de Gaulle et d'Orly dans le cadre de la mission Sentinelle. Ce mardi, le niveau de sûreté a été renforcé.
Dans l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, "le dispositif de prévention et de sécurisation est en cours de déploiement sur chacun des huit terminaux de l'aéroport" et dans ses deux gares, "avec contrôles des trains en provenance de Bruxelles et mobilisation d'équipes cynophiles", a expliqué une source aéroportuaire.

Outre l'attentat en aérogare, l'attaque contre des aéroports ou des avions en approche ou au décollage (ou garés) à l'aide de missiles portatifs tirés en dehors de l'enceinte aéroportuaire constitue également une menace possible.

Enfin, les attentats dans le métro de Bruxelles relance à nouveau la question du niveau de sûreté dans les transports terrestres.

Voir la vidéo de Patrick Gandil

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