Air France-KLM : le fonds Apollo prêt à injecter 500 millions d’euros, un moyen de rembourser une partie des aides d’Etat

Air France-KLM a indiqué être entré "en discussions exclusives" avec le fonds d'investissement américain Apollo concernant "l'injection de 500 millions d'euros de capital dans une filiale opérationnelle d'Air France". Un moyen pour la compagnie de rembourser partiellement les obligations perpétuelles de l'État français.

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L'Etat français est en effet venu au secours d'Air France-KLM lors de la crise sanitaire qui a coûté au groupe quelque 11 milliards d'euros de pertes cumulées.
L'Etat français est en effet venu au secours d'Air France-KLM lors de la crise sanitaire qui a coûté au groupe quelque 11 milliards d'euros de pertes cumulées. (Crédits : Regis Duvignau)

Après CMA-CGM, c'est au tour du fonds américain Apollo de se rapprocher d'Air France-KLM. Ce dernier a indiqué dans un communiqué "être entré en discussions exclusives avec Apollo Global Management concernant l'injection de 500 millions d'euros de capital dans une filiale opérationnelle d'Air France, propriétaire d'un parc de moteurs de rechange d'Air France dédiés à son activité d'ingénierie et de maintenance". "Le produit de la transaction permettrait à Air France-KLM et Air France de rembourser partiellement les obligations perpétuelles de l'État français" souscrites lors d'une opération de renforcement des fonds propres en avril 2021, explique cette même source.

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L'Etat français est en effet venu au secours d'Air France-KLM lors de la crise sanitaire qui a coûté au groupe quelque 11 milliards d'euros de pertes cumulées. La France a donc accepté de convertir en quasi-fonds propres une aide de trois milliards d'euros consentie au groupe dès 2020. Cette aide, combinée à une montée de l'Etat français au capital de l'entreprise, à hauteur de 28,6% contre 14,3% auparavant, avait reçu le feu vert de la Commission européenne, dans le cadre des mesures exceptionnelles prises face à la pandémie. Mais au nom d'une concurrence équitable, l'institution a contraint Air France-KLM à des concessions, dont l'abandon de créneaux aéroportuaires à Orly et l'interdiction d'effectuer des acquisitions stratégiques au-delà de 10% du capital des entreprises concernées tant que les aides d'Etat n'auront pas été remboursées à au moins 75%.

Pas de changements sur le plan opérationnel et social

C'est dans cet objectif que se place le rapprochement de la compagnie et du fonds américain. L'entrée d'Apollo au capital de la filiale d'Air France concernée "faciliterait également le financement de l'acquisition future de moteurs de rechange nécessaires au renouvellement en cours de la flotte d'avions d'Air France", a fait valoir le groupe. En revanche, elle "n'entraînera aucun changement sur le plan opérationnel et social. Par conséquent, il n'y aura pas de changement dans la manière d'utiliser les moteurs de rechange, ni d'impact sur les contrats d'employés d'Air France ou d'Air France-KLM", a assuré l'entreprise. Ce capital serait comptabilisé comme des fonds propres selon les normes IFRS, ce qui renforcerait le bilan d'Air France-KLM et d'Air France.

CMA CGM au capital d'Air France-KLM

Mardi, Air France-KLM, qui est entré dans la deuxième étape des mesures de renforcement de ses fonds propres, a également annoncé un rapprochement avec CMA CGM. Les deux groupes ont ainsi signé un partenariat stratégique de long terme dans le secteur du fret aérien. Cette opération se traduit par un investissement du numéro trois mondial du fret maritime dans la compagnie aérienne, "dans la limite d'une détention à hauteur de 9% du capital ex-post d'Air France-KLM". Concrètement, il s'agit de mutualiser les moyens et de réduire les coûts sur le fret, une activité devenue encore plus vitale pour les entreprises dans le contexte de redémarrage post-Covid. Pour répondre à la demande, les deux groupes vont ainsi proposer une offre reposant sur "10 appareils tout cargo", déjà en activité, mais aussi sur la commande de 12 nouveaux appareils, dont "6 appareils tout cargo chez Air France-KLM basés à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle et à l'aéroport Amsterdam Schiphol (avec des commandes en cours pour 4 appareils supplémentaires)", précise la compagnie.

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