Hôtesses et stewards, l'autre blocage d'Air France

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(Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Deux des trois syndicats représentatifs des hôtesses et stewards refusent de négocier une révision de l'accord collectif qui court jusqu'à fin octobre 2016.

Le dialogue de sourds entre la direction et le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) sur la négociation de nouvelles mesures de productivité ne doit pas masquer un autre blocage dans la compagnie tout aussi compliqué : celui entre la direction et les syndicats d'hôtesses et de stewards (personnels navigants commerciaux, PNC). Deux des trois organisations professionnelles représentatives, le SNPNC et l'Unsa PNC, refusent de s'assoir autour de la table avec la direction pour revoir l'accord collectif définissant leur règles d'utilisation et de rémunération qui court jusqu'à octobre 2016.

Comme pour les pilotes, la direction souhaitait initialement finaliser les négociations avant fin septembre, sous peine, a-t-elle menacé, de lancer un plan drastique de réduction de voilure qui pourrait générer pour la première fois dans l'histoire d'Air France des licenciements secs.

"Pas d'urgence"

Impossible donc de signer dans les temps, puisque seul un syndicat, l'Unac, se rend aux réunions de négociations mais qu'il ne dispose pas, comme aucun des deux autres, des voix suffisantes pour signer un accord seul.

«Nous ne voyons pas d'urgence à négocier la révision d'un accord qui court jusqu'à fin octobre 2016 et qui va faire disparaître le métier de PNC. D'autant plus quand il n'y a pas de projet équilibré proposé par la direction et que l'entreprise se redresse », explique David Lanfranchi, président du SNPNC, en rappelant que les PNC avait déjà « apporté 220 millions d'euros d'économies à la compagnie lors du plan précédent ».

Ce dernier évoque plutôt un calendrier classique pour débuter la renégociation d'un tel accord, «entre six et neuf mois avant l'échéance», en gros "à partir de janvier 2016". L'urgence n'est donc pas partagée. Les écarts de coûts avec une moyenne européenne non plus. Selon la direction il s'élève à 40% et à 20% pour les pilotes.

Double-peine

«Comment ces syndicats peuvent-ils penser pouvoir obtenir plus en bloquant la négociation qu'en négociant ?, explique un observateur, proche de la direction.« A ne pas négocier, les PNC prennent le risque de se voir imposer de manière unilatérale par la direction ses conditions de travail et de rémunération à partir du 1er novembre 2016. Ce sera la double-peine, des licenciements secs et des conditions imposées par la direction », poursuit-il.

L'Unac est quant à lui prêt à négocier aujourd'hui un nouvel accord « à condition qu'il ne soit pas mis en place avant le 1er novembre 2016 », explique sa présidente Flore Arrighi.

Blocage des pilotes

Selon une source syndicale, favorable aux positions affichées par le SNPNC et l'Unsa, le blocage au niveau des PNC s'explique par le bras de fer que mènent depuis des mois la direction et les pilotes.

«Cela bloque l'ensemble de l'entreprise. Il ne conduit pas les PNC à négocier. Que se passerait-il si les PNC négociaient un nouvel accord mais pas les pilotes?», fait-elle valoir.

"C'est pour cela que la négociation avec les pilotes est primordiale", juge un analyste, car elle permettra de "débloquer" la situation avec les PNC. Vendredi, le SNPL et la direction se sont retrouvées autour de la table pour entamer la première séance de négociations du plan Perform. Les pilotes ne sont pas très enthousiastes.

"Le projet industriel peine à percer. La direction a présenté deux plans, l'un avec 300 pilotes en moins d'ici à 2017, à 3.400 pilotes, l'autre, avec... 300 pilotes en moins également. Il n'y a pas de projet de croissance. Nous restons sur notre faim", explique à La Tribune le porte-parole du SNPL, Emmanuel Mistrali.

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Commentaires
a écrit le 23/09/2015 à 9:35 :
Bonjour
Avis à tous les détracteurs
1 Qui est en mesure d'accepter un énième plan dans lequel la direction vous menace de signer alors que tous les précédents n'ont servi à rien ?
2 Comment faire confiance à des dirigeants et des PDG qui ne font que des boulettes depuis 15 ans
3 Que dire des statuts et avantage qui sont aujourd'hui dans les plus bas du monde du transport aérien
4 Qui accepterez de travailler toute l'année sans connaître son planning plus de deux mois à l'avance des congés en dehors des vacances en famille et un salaire à la baisse et des frais de transport pouvant atteindre 1 tiers de son revenu mensuel ?

La réponse pas un seul des râleurs qui crachent leurs venin sur Air France

Donc un peu de réflexion et surtout prendre les informations et les croisés cela permettrai de connaître la vérité sur l'état Air France et son devenir pour les salariés et encore plus grave la dépendance de la France vis à vis d'autres Cie aériennes qui elles ne deserviront pas les lignes déficitaires que Air France dessert à ce jour.

Donc bonne réflexion à vous
a écrit le 23/09/2015 à 7:35 :
J'espere vivement que les syndicats PNC sauront tous aller à la table des négociations.
A ce jour, seule l'UNAC prend ses responsabilités et va discuter avec la direction.
Discuter et négocier ce n'est pas accepter n(importe quoi;
Comme d'habitude, les soeurs jumelles UNSA SNPNC font de la surenchère négative.
Dommage.
a écrit le 22/09/2015 à 22:30 :
@Jul :
Ainsi va la vie. Lorsque l 'on considère que certains sont nantis, on espère juste être à leur place.
C'est comme ça.
Réponse de le 23/09/2015 à 8:44 :
Avec 10 % de chomeurs en France il serait normal que tous fassent des efforts non ? au lieu de cela chacun s'accroche a des avantages qui coutent chers. C'est comme cela qu'un jour la société fait faillite et que l'on se retrouve au chomage ! estimez vous chanceux d'avoir un job et faite les efforts nécessaires pour le garder au lieu de faire grève !
Réponse de le 23/09/2015 à 9:10 :
@Franck75005 :
Mais tout le monde fait des efforts à Air France.
Les PNC comme les autres.

Et concernant les avantages, une précision :
La Loi Veil demande à ce que les avantages concédés aux entreprises privées ne soient pas supérieurs à 30 % du prix public.
Autrement dit, un billet gratuit n'existe pas pour les salariés d'AF Il est à réduction (30 % maximum).

Pour info, les salariés SNCF ne sont pas soumis à cette obligation car c'est une entreprise publique : donc gratuité des billets de train pour les salariés SNCF oui, gratuité des billets d'avion pour les salariés AF : NON (30 % de réduction maxi). C'est un exemple, pas une jalousie des salariés SNCF.

Ce qui amène très régulièrement les salariés AF à acheter ses billets sur internet, comme tout le monde puisque par exemple, un billet Paris / Italie est au plus bas à 40 euros pour les clients et à 65 euros pour les salariés.

Pour conclure, je ne serai pas en grève le 5 octobre. J'ai trop de respect pour nos clients.
a écrit le 22/09/2015 à 16:55 :
Solution : faillite et pole emploi pour ces gâtés .
Réponse de le 22/09/2015 à 18:16 :
Si les employés sont "gâtés" c'est que vous les jalousez. Il fallait postuler Deimos.
Réponse de le 22/09/2015 à 21:06 :
Pourquoi toujours utiliser cet argument risible de la jalousie? Comment être jaloux de personne qui vont plus que probablement perdre leur job dans les mois/années à venir?
Réponse de le 23/09/2015 à 8:05 :
Mais jaloux de quoi ? ils sont en plus persuadés que tout le monde rêve de rentrer dans cette grande administration digne de la poste dans les années 70 ! Postuler pour servir des sandwiches à 33000 pieds ? non merci
Réponse de le 23/09/2015 à 9:18 :
@martinBac :
Les prestations services à 33000 pieds vont du snack sur les vols courts, au Menu de grands chefs sur les vols longs courriers : Lenôtre, Pic, Marcon, Rebuchon etc... en classe Business et Première.
Le tout servi dans un porcelaine Massaud, couverts Christofle etc...

Alors en effet, on peut avoir une vision du service du sandwich payant, mais vous vous trompez de compagnie, vous parlez d'Easyjet et Ryanair.
a écrit le 22/09/2015 à 16:05 :
On se demande dans quel monde vit le personnel d'AF! Si AF ne met pas sa structure en ordre pour faire face a l'excellence de la concurrence, je ne vois pas d'autre avenir pour cette compagnie, engluée dans des batailles d'un autre siècle, que sa disparition pure et simple. Cela prendra 5 ou 10 ans, et coutera cher au contribuable, mais cela me parait inéluctable.
a écrit le 22/09/2015 à 11:25 :
honnetement comprenez vous la position des hotesses. Moi pas et c'est complètement inhumaine pour ne pas dire autre chose
Réponse de le 22/09/2015 à 17:17 :
vous voulez dire que la position des hotesses est bestiale voyons voyons c'était dans La guerre du feu mon bon monsieur ;-)
a écrit le 22/09/2015 à 11:23 :
si les femmes de ménage et les hommes de ménage font grève ou va t'on? Pourquoi ils ne postulent pas un emploi à Easyjet à Emirates Fly?
Réponse de le 22/09/2015 à 14:38 :
@lesnantis :
Sachez que les hôtesses et stewards ne font pas le ménage à bord.
Ils sont là pour assurer votre sécurité avant toute chose.

le ménage est effectué par des équipes dédiées.
(concernant les low cost, pas ou peu de ménage à faire pour une simple et bonne raison : vous devez tout acheter, donc pas de gâteaux écrasés par terre, pas de journaux effeuillés dans la cabine... .Quand il client paye, il respecte ce qu'il a acheté et ne le gaspille pas. Donc pas ménage sur le low cost)
Réponse de le 22/09/2015 à 21:10 :
F&R, les boissons et gateaux sont donc gratuits sur AF? Je pensais à tord qu'on les payait très cher dans le prix du billet ...
Réponse de le 22/09/2015 à 22:32 :
@Jul : A partir de 40 euros le vol, il s'agit d'un low fare, c'est à dire TOUT compris, contrairement aux low cost. Et les snacks, boissons et sandwichs sont en effet compris dans le prix.
Vous pensiez à tort en effet...
C'est l'avantage de ces forums, vous apprenez des choses.
Bonne continuation
a écrit le 22/09/2015 à 9:58 :
Les commentaires sur ce forum sont excellents, posés, censés. Cela change. Très bonne analyse Comprendspas...
Il n'y a aucune négociation, la direction vient à la table pour dire: voilà ce que l'on veut, c'est à prendre ou à laisser."Mais, on pourrait en discuter un peu?" NON, c'est à prendre ou à laisser... à quoi bon parler de négociations? Pour se donner une image d'entreprise ouverte au dialogue???
Quant aux deux projets pilotes: 300 postes en moins ou ... 300 postes en moins... quelle est cette direction débile propose deux fois les mêmes choses si ce n'est pour crisper des simulacres de discutions afin de faire porter le chapeau toujours sur les mêmes?
Clou et Chinaski ont raison, le problème est un manque de projet d'une direction qui précipite les choses avant de devoir publier de meilleurs chiffres...
a écrit le 22/09/2015 à 9:27 :
On retrouve le point commun entre les pilotes et les autres salariés de la Cie AF; l'inaptitude du management à engager et obtenir l'adhésion à son projet de réformes pour 2020.
Il aurait mieux valu négocier avec chaque catégorie de personnel sans se mettre les pilotes à dos. L'idée de faire "craquer" les pilotes pour pouvoir négocier plus facilement avec les autres sera un échec cuisant pour la direction. Pourtant chez KLM les pilotes ont signé en dernier, et pour la grande réforme de British Airways en 2001 les pilotes avaient été épargnés.
Quant à la menace de 300 pilotes licenciés, il faut la mettre en perspectives en tenant compte du "papy boom", puisque les pilotes qui arrivent a 65 ans sont nombreux et on estime entre 100 et 150 départs naturels par an pour les prochaines années...
a écrit le 22/09/2015 à 9:12 :
Un "proche de la direction" s'étonne de la position des syndicats des hôtesses. Étonnant de la part de cadres dirigeants mais révélateur de l'état d'esprit du commandement de l'entreprise peu habile dans la pratique du dialogue social.
En tout cas, moi je suis client et je me dis depuis quelques années que je ne comprends rien des ambitions d'Air France. Je croyais que la compagnie visait le haut de gamme sur son vaste réseau, mais elle communique ensuite sur le developpemnet du low cost sur les lignes européennes et même longs courriers, sur l'obscure Hop qui semble n'avoir ni queue ni tête, puis elle parle d'attrition du réseau, d'un plan A, d'un plan B.
Si les salariés ne voient pas de plan industriel clair, le client lui, ne voit rien du tout non plus. Mais heureusement, les avions sont pleins.
a écrit le 22/09/2015 à 9:12 :
Un "proche de la direction" s'étonne de la position des syndicats des hôtesses. Étonnant de la part de cadres dirigeants mais révélateur de l'état d'esprit du commandement de l'entreprise peu habile dans la pratique du dialogue social.
En tout cas, moi je suis client et je me dis depuis quelques années que je ne comprends rien des ambitions d'Air France. Je croyais que la compagnie visait le haut de gamme sur son vaste réseau, mais elle communique ensuite sur le developpemnet du low cost sur les lignes européennes et même longs courriers, sur l'obscure Hop qui semble n'avoir ni queue ni tête, puis elle parle d'attrition du réseau, d'un plan A, d'un plan B.
Si les salariés ne voient pas de plan industriel clair, le client lui, ne voit rien du tout non plus. Mais heureusement, les avions sont pleins.
a écrit le 22/09/2015 à 8:52 :
Ce que veulent les PNC, ce. N'est pas gagner quelque chose, c'est de ne pas perdre, l'ensemble des conditions de travail.
Et vous pourrez dire ce que vous voulez l'ennemi de l'entreprise c'est son PDG
N'en déplaise a certains
Réponse de le 23/09/2015 à 8:24 :
Personne ne veux rien perdre mais la compagnie perd des Millions d'euros tous les jours alors on fait quoi ? Plus d'argent dans les caisses et le deficit s creuse ! Dans toutes les boites on fait des efforts mais pas chez Air France ?
Réponse de le 23/09/2015 à 9:19 :
@MAT : Les PNC ont fait des efforts : 20 % avec le plan transformé 2015.
Pourquoi dire que nous ne faisons pas d'efforts ?
a écrit le 22/09/2015 à 8:50 :
Tenez bon les PNC AF . Les hôtesses sont super !
a écrit le 22/09/2015 à 8:37 :
Cette direction veut se dépêcher de renégocier des accords collectifs a la baisse avant d'avoir à annoncer de bons résultats d'ici un mois ...
a écrit le 22/09/2015 à 8:18 :
Il y a à la direction d'AF (tradition française oblige) une culture de l'élite, d'une certaine élite. On peut parler aux pilotes quand on est X, mais pas à la plèbe des PNC (ou du sol). Et on sait qui sera sacrifié pour sauver la carrières (ben oui, c'est leur principale préoccupation) de quelques uns.
a écrit le 22/09/2015 à 8:02 :
Ce qu'il manque le plus à AF aujourd'hui, c'est d'avoir une vraie direction avec de vraies projets!
Réponse de le 22/09/2015 à 10:55 :
Pas vraiment... Encore un mal français: les projets existent, qu'ils plaisent ou pas c'est autre chose. Seulement, la volonté de les mettre en oeuvre n'est pas assez forte et le passage de la stratégie à l'action, qui nécessite d'entrer dans le détail, tourne à l'enlisement.

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