Air France : le SNPL rejette la création d'une compagnie "B"

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Si le SNPL Air France refuse, le projet de redressement d'Air France tel que présenté le 2 novembre par le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, tombera à l'eau.
Si le SNPL Air France refuse, le projet de redressement d'Air France tel que présenté le 2 novembre par le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, tombera à l'eau. (Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
Quelques jours seulement après la reprise des négociations, le président du SNPL Air France, Philippe Evain refuse, dans une lettre ouverte aux salariés d'Air France envoyée aux autres syndicats, le projet de création d'une nouvelle compagnie à coûts allégés dans le groupe Air France. Et pose ses questions pour démarrer des négociations qui semblent difficilement acceptables pour la direction.

Tout le monde le sait. Si le SNPL Air France refuse la création d'une compagnie "B", le projet de redressement d'Air France tel que présenté le 2 novembre par le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, tombera à l'eau. L'affaire démarre mal, voire est "déjà pliée" selon un syndicaliste.

Refus de la création d'une filiale

Selon nos informations, lors de la première rencontre sur le sujet, le SNPL a refroidi la direction. Le syndicat des pilotes a indiqué qu'il ne voulait pas de la création d'une nouvelle compagnie, filiale d'Air France, dont le personnel travaillerait à des conditions de travail et de rémunération différente de celles en vigueur à Air France. Pour rappel, Air France entend créer une nouvelle compagnie disposant des coûts inférieurs de 20% à ceux d'Air France. Elle compte recruter des pilotes d'Air France et embaucher des hôtesses et stewards sur le marché. L'assistance en escale sera également effectuée par du personnel d'Air France. Ce schéma, le SNPL Air France n'en veut pas. Et l'a fait savoir dans toute l'entreprise.

Lettre ouverte du président du SNPL Air France

Dans une lettre ouverte à l'ensemble des salariés d'Air France (envoyée à toutes les organisations de l'intersyndicale) que La Tribune s'est procurée, Philippe Evain, le Président du SNPL Air France estime que ce « projet recèle de nombreux dangers pour les salariés, quels qu'ils soient, dès lors qu'il prévoit la découpe de l'entreprise en appartements ».

« Nous restons convaincus que la division de l'entreprise hypothèque l'avenir, que laisser remettre en cause son intégrité globale serait une faute grave dont le prix nous sera présenté tôt ou tard ». Les résultats « peu probants » de Transavia ou de Lufthansa avec Eurowings, «confortent notre conviction que l'avenir passe par le renforcement d'Air France et non son morcellement », explique Philippe Evain.

Et de conseiller les syndicats des autres catégories du personnel :

« Les semaines à venir seront capitales et nous devrons tous faire un choix : laisser notre compagnie se faire découper ou bien, sans renier le projet de Jean-Marc Janaillac de création d'une nouvelle marque commerciale, travailler à ce qu'il se concrétise en interne. C'est dans cette direction, à mon avis, que l'ensemble des organisations professionnelles devront diriger leurs forces. »

Philippe Evain pose ses conditions : « A condition que l'intégrité de l'entreprise soit respectée, avec tout cela ce que cela implique pour les pilotes, les PNC et le personnel au sol, nous serons prêts à démarrer un cycle de négociations en vue de faciliter la naissance de ce projet. » Autrement dit, le SNPL veut le maintien des contrats Air France. «Nous sommes capables d'avoir des contrats Air France tout en ayant des conditions de travail différentes permettant de faire des économies », explique-t-on au sein du bureau du SNPL Air France. Ce fut le régime en vigueur chez Air Charter, qui ne fut pas une grande réussite. La compagnie fut liquidée à la fin des années 90.

Cette lettre a fait l'effet d'une bombe en interne. Elle a complètement surpris la direction qui ne s'y attendait pas.

«Ce que demande le SNPL AIr France n'est pas ce qu'il y a sur la table. La position du SNPL est très fermée et l'on ne voit pas comment il pourrait faire machine arrière », explique un syndicaliste d'une autre catégorie de personnel. « Si le refus de cette compagnie B et celui d'un éventuelle fililalisation de la maintenance se confirmaient, ce seraient les deux gros projets du plan Trust Together qui tomberaient à l'eau », explique-t-il.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2016 à 0:03 :
La Compagnie n'appartient pas à ses salariés ! La démission ou le licenciement sont la seule solution pour tous ceux qui ne veulent pas travailler dans des conditions économiquement viables et compatibles avec la concurrence.
a écrit le 02/12/2016 à 15:35 :
Tant mieux que le SNPL mette des bâtons dans les roues; AF mettra moins de temps pour couler définitivement !
a écrit le 02/12/2016 à 14:16 :
Mais c'est pas Dieu possible d'être aussi buté que le SNPL !
a écrit le 02/12/2016 à 8:39 :
Suite. Cette idée correspond à l'application de la note n°6 du CAE; elle correspond également à l'idée de basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique; elle est conforme à l'idée exprimée par Jean Tirole d'une taxe sur l'énergie pour protéger le climat. Elle permettrait aussi de réduire le chomage et de retrouver un peu de croissance. C'est dommage de ne pas la mettre en application. Mais qui peut le comprendre?
a écrit le 02/12/2016 à 8:26 :
La situation d'AIRFRANCE est liée au système d'imputation des charges sociales dans la gestion de l'entreprise. Il faut imputer une partie de ces charges sur la consommation d'énergie des Français. C'est valable pour toutes les entreprises soumises à la concurrence internationale.
Réponse de le 02/12/2016 à 11:30 :
Gépé : constructeur d'usines à gaz depuis... au fait je ne me souviens plus de la date des débuts !!
Réponse de le 02/12/2016 à 14:01 :
c'est donc le salarié moyen qui via je ne sais trop quelle taxe sur l'énergie (electrique? carburant?), et dont chacun connait le salaire médian, qui devrait permettre aux pauvres salariés PNT d'Air france d'assurer leurs modestes trains de vie...
J'ai bon là ?
Réponse de le 02/12/2016 à 17:52 :
Moi non plus, je lis les commentaires pour la plupart très interessant, mais gépété ! non ! je passe.
a écrit le 02/12/2016 à 5:23 :
Des salariés d'autres entreprises ont eu des réactions similaires la plus connue la SNCM qui de galère en galère devient un confetti que l'on se balance de sociétés en sociétés. Ce type de réactions favorisent la concurrence je crois que la direction d'AF devrait laisser mourir tranquillement l'entreprise actuelle et mettre en place hors de nos frontières sous statuts irlandais ou autres une autre compagnie qui dégagera du net et pas presque exclusivement sur un prix de kérosène au plus bas mais qui remonte donc nouvelle difficulté en perspective. Toujours concernant la SNCM on voit aujourd'hui son concurrent Corsica dont un français est à la tête devenir le n°1 sur la Corse. Devant un tel blocage du SNPL il n'y a pas cinquante solutions. L'état n'est pas sans responsabilité dans cette affaire et l'équipe M. Sarkozy/ Fillon en 2011 ont imposé pour casé M. de Juniac , qui a pris AF pour son joujou et dont l'empilement de plans a montré une gouvernance industrielle!!!au pif.
a écrit le 01/12/2016 à 22:50 :
M. le journaliste a manifestement ses entrées au SNPL. Il a accès à une lettre qui n'est jamais parue. Personne au syndicat ne l'a encore lu qu'elle apparaît déjà dans La Tribune... A qui sert le crime ? Qui, au syndicat, veut la peau de son président ? Quelle lutte servez-vous ? Qui est votre source chez AF et au SNPL ? Voilà les questions (sans réponse bien-sûr) qui me viennent à l'esprit, plutôt que de savoir si Boost sera signée ou pas par le SNPL...
Réponse de le 02/12/2016 à 9:58 :
@who : mais quand même, on doit se poser légitimement la question de la légitimité du SNPL si celui-ci prétend prendre des positions concernant la stratégie de l'entreprise... Il apparaît nettement comme un groupe corporatiste extrémiste sans égard pour l'entreprise et les autres salariés...
Réponse de le 02/12/2016 à 16:24 :
Relisez la lettre du SNPL, elle englobe toutes les catégories de personnel, à tel point qu'elle fait grincer des dents à l'intérieur du SNPL même, comme n'étant pas suffisamment corporatiste... C'est plutôt honorable pour des extrémistes... Et commencez à chercher, dès maintenant, des exemples de cet humanisme syndical dans d'autres entreprises... Bon courage !
a écrit le 01/12/2016 à 20:00 :
C'est incroyable...qui commande AF , la direction ou le SNPL ?
Après au tour du personnel au sol ,ensuite les stewards ....etc
a écrit le 01/12/2016 à 19:36 :
Il faut que l'Etat, donc nous les contribuables, nous nous dégagions au plus vite de cette Compagnie moribonde et irréformable.. La liquidation des actifs nous permettra de limiter nos pertes.
Réponse de le 02/12/2016 à 2:43 :
Tout a fait d'accord, il faut faire une DCP (déclaration de cessation de paiement) tutelle d'un administrateur pour faire le ménage et remettre de l'ordre
a écrit le 01/12/2016 à 19:34 :
Parce que c'est aux pilotes de décider si l'entreprise crée une filiale ou pas ? Il est temps, dans les entreprises comme à l'école (notamment), de rétablir l'ordre et l'autorité ! Et, surtout, de remettre les syndicats à leur juste place afin qu'il ne nuise pas davantage à l'économie du pays ....
a écrit le 01/12/2016 à 18:25 :
A Privatiser gratuitement à Quatar Airways : bonne affaire pour le vendeur.
a écrit le 01/12/2016 à 18:22 :
Que le PDG fasse donc comme Reagan face aux controleurs : TOUS licenciés et ensuite on réembauche mais aux conditions du PDG . Et si AF meurt , what else ; TGV, Blablacar,easyjet ,Ryanair en France : Les memes + LH/BA/IB/tous les américains et arabo-persiques pour le reste du Monde .
A moins que le vrai PDG ne soit pas Jarnaillac mais le SNPL !
Réponse de le 01/12/2016 à 19:21 :
Oui le SNPL, et comme à la S.N.C.F c'est la C.G.T Communiste
Réponse de le 01/12/2016 à 20:55 :
100% de votre avis.

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