American Airlines et Qatar Airways enterrent la hache de guerre et créent une alliance de feu
Fabrice Gliszczynski

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Article mis à jour le 26 février 2020 à 8h15
American Airlines et Qatar Airways enterrent la hache de guerre. Après avoir maintes fois dénoncé par le passé la menace des compagnies du Golfe, qu'il accusait de fausser le marché avec les aides accordées par leur État-actionnaire, puis décidé il y a dix-huit mois d'arrêter tous les accords de « code share » avec Qatar Airways, pourtant membre de la même alliance globale, Oneworld, le directeur général d'American Airlines, Doug Parker, s'est rabiboché avec Akbar Al Baker, le PDG de Qatar Airways. Les deux compagnies ont annoncé, ce mardi, avoir signé un partenariat « stratégique », basé sur un accord de « code share » d'envergure, permettant à Qatar Airways d'accroître fortement son réseau aux États-Unis et à American Airlines d'étendre le sien vers de nombreses destinations qu'il ne dessert pas au Moyen-Orient, en Afrique ou en Asie. Il s'agit du seul accord de ce type entre une compagnie américaine et une compagnie du Golfe.
Concrètement, Qatar Airways pourra mettre son code sur un grand nombre de vols intérieurs américains assurés par American au départ de Boston, Chicago, Los Angeles, Miami, New York et Philadelphie, que la compagnie du Golfe dessert déjà en propre depuis Doha. Ainsi, le transporteur qatari pourra commercialiser des vols de bout en bout entre son hub de Doha et une multitude de villes américaines, via les plateformes de correspondances d'American.
Ce schéma pourrait s'étendre à d'autres vols d'American vers les Caraïbes, l'Amérique latine et l'Europe, sous réserve du feu vert de différentes autorités de la concurrence.
À l'inverse, American Airlines, qui ne dessert pas Doha pour l'instant, pourra commercialiser les vols de Qatar Airways entre les États-Unis et le Qatar mais aussi, sous réserve des approbations nécessaires, vers d'autres destinations au Moyen-Orient, en Afrique de l'Est, en Asie, et dans l'Océan Indien.
Avec cet accord, le partenariat entre la compagnie australienne Qantas, membre de Oneworld, et la compagnie de Dubaï Emirates, membre d'aucune alliance et concurrente de Qatar Airways, détonne un peu. Il sera intéressant de voir le choix que fera Qantas Airways, dont le directeur général Alan Joyce n'était pas non plus le dernier à critiquer Qatar Airways, quand cet accord prendra fin en 2022. Restera-t-elle avec Emirates ou s'alliera-t-elle avec la compagnie de Doha?
L'accord entre American Airlines et Qatar Airways met donc fin à une violente polémique au sein de l'alliance Oneworld. En novembre 2018, après l'annonce de l'arrêt du « code share » d'American Airlines, Akbar Al Baker, avait menacé de quitter l'alliance Oneworld.
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Elles sont nombreuses : le groupe IAG (British Airways, Vueling, Iberia, Aer Lingus, Level, Latam, Cathay Pacific et Rwandair). En 2017, une participation de 10% dans American avait même été envisagée.
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Les 25% du capital de IAG que détient Qatar Airways a forcément dû jouer. IAG est le principal partenaire d'American Airlines. Leur coentreprise sur l'axe transatlantique est cruciale pour la compagnie américaine et le groupe IAG. Censé mettre en place un terrain de jeu équitable, l'accord passé l'an dernier entre les États-Unis et le Qatar a également contribué à la remise en forme de ce partenariat.
Fabrice Gliszczynski
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