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Boeing 737 MAX-9 : après United Airlines, Alaska Airlines s'attend aussi à une lourde perte financière

latribune.fr

Publié le 25 janvier 2024 à 15:46 - Mis à jour le 25 janvier 2024 à 15:48

Le 5 janvier, une porte-bouchon de la carlingue d'un 737 MAX 9 de la compagnie Alaska Airlines s'était décrochée en plein vol.

Le 5 janvier, une porte-bouchon de la carlingue d'un 737 MAX 9 de la compagnie Alaska Airlines s'était décrochée en plein vol.

NTSB

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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La compagnie américaine Alaska Airlines a estimé que la suspension de vol de certains Boeing 737 MAX 9 aux Etats-Unis, aura un impact négatif, évalué à 150 millions de dollars. Au total, 171 appareils sont cloués au sol aux États-Unis après l'incident début janvier en plein vol, lors duquel une porte s'était décrochée, sans faire de victime.

150 millions de dollars de manque à gagner. Voilà ce que va coûter l'immobilisation de certains Boeing 737 MAX 9 à la compagnie américaine Alaska Airlines, selon un communiqué de la compagnie publié ce jeudi. Le 5 janvier dernier, un incident avait provoqué le décrochage, en plein vol, d'une porte-bouchon de la carlingue d'un 737 MAX 9, lors d'un vol reliant Portland (Oregon) à Ontario (Californie).

Dans le détail

, le problème trouve son origine dans le panneau d'obstruction qui n'était pas fixé de façon adéquate, selon l'agence de sécurité des transports (NTSB). Une malfaçon qui pourrait se retrouver sur d'autres appareils. Résultat ? 171 appareils sont cloués au sol aux États-Unis, dont plusieurs de la compagnie Alaska Airlines.

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Akasa Air commande 150 Boeing 737 MAX : la folie d'achat des compagnies indiennes continue

Alaska et United Airlines parmi les plus exposés

Selon un document publié jeudi sur le site du gendarme américain de la Bourse (SEC), la compagnie prévoit un « retour progressif » de sa flotte dans les airs à partir de vendredi, et jusqu'à début février. Mais, du fait de la suspension et des retards probables dans la livraison de nouveaux appareils par le constructeur américain, Alaska Airlines a anticipé que ses résultats 2024 devraient se situer dans le bas de la fourchette des prévisions précédemment communiquées.

Avant elle, United Airlines, qui possède la plus grosse flotte de ces modèles (79 avions) avait déjà annoncé le 23 janvier, qu'elle allait subir une perte nette comprise entre 35 et 85 cents par action au premier trimestre de l'exercice en cours. Pour l'ensemble de l'année 2024, la compagnie table sur un bénéfice par action compris entre 9 et 11 dollars.

Pour rappel, la FAA a suspendu de vol jusqu'à nouvel ordre les appareils ainsi configurés. Le régulateur a détaillé mercredi soir un programme en quatre points. Il comprend notamment la vérification de fixations spécifiques, ainsi que des inspections visuelles de toutes les portes incriminées et de leurs composants, et la réparation de tout dégât ou état anormal.

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Ce n'est qu'une fois achevé le plan établi, « que l'avion sera en mesure de reprendre du service », a-t-il affirmé, sans avancer de date. Alaska Airlines, qui possède 65 Boeing 737 MAX 9, a précisé que jusqu'à une douzaine d'heures par appareil étaient nécessaires pour mener à bien ces inspections. De son côté, l'agence américaine de sécurité des transports (NTSB) a aussi ouvert une enquête.

Sérieux revers pour l'image de marque de Boeing

En interne, 

Boeing - principal concerné - assure travailler sur l'identification de la faille dans son système de vérification, tenu responsable de l'incident, à l'incident. « Nous voulons savoir ce qui a fait défaut dans nos batteries d'inspections », a déclaré Dave Calhoun sur la chaîne CNBC, « ce qui, dans le travail originel, a dysfonctionné et permis ce raté ». L'agence américaine de sécurité des transports (NTSB) procède actuellement à une enquête et n'a, pour l'heure, communiqué aucune conclusion sur l'origine de l'incident.
«C'est sérieux. C'est un incident de sécurité et personne ne va s'en accommoder », a insisté Dave Calhoun mercredi dernier, qualifiant les manquements dans la production des appareils d'« horrible défaillance».

« Nous allons tout scruter », a assuré le directeur général de l'avionneur, « autour du MAX, des usines Spirit (AeroSystems) », le plus gros sous-traitant de Boeing, « sur nos propres sites, nos processus d'inspection, et nous prendrons les mesures pour que cela ne se reproduise jamais ».

De fait, l'image et la crédibilité du groupe sont en jeu. Pour Aengus Kelly, patron de la plus importante société de leasing d'avions Aercap, Boeing « ne peut pas se permettre un autre faux pas ».

Boeing« doit désormais se focaliser à 100% sur les critères de qualité et de sécurité. Les critères financiers sont totalement secondaires à ce stade pour l'avenir du groupe »,considère-t-il.

Des incidents qui posent questions

Afin de démontrer son sérieux, le groupe a annoncé la 

nomination d'un conseiller indépendant la semaine dernière. L'amiral à la retraite, Kirkland Donald, est désormais chargé, avec une équipe d'experts extérieurs, 

« de procéder à une évaluation en profondeur du système de gestion de la qualité commerciale »,

 y compris la supervision de ses fournisseurs, a fait savoir le constructeur.

Boeing doit par ailleurs tenir jeudi dans son usine de Renton (Etat de Washington) la première d'une série de journées de formation, avec des ateliers centrés sur la qualité, destinées à tout le personnel de ses sites de production.

« Boeing a un système de contrôle qualité très rigoureux, mais il y a une série d'incidents depuis un an qui pose des questions. Ça interpelle »,estime Michel Merluzeau, du cabinet spécialisé AIR.

Selon l'expert, les conséquences de la pandémie « sont sous-estimées », avec de nombreux départs et un « brassage de compétences et de talents » qui a nui à la transmission du savoir-faire et à la formation des nouveaux embauchés. La patronne de la NTSB, Jennifer Homendy, a indiqué après une rencontre avec des sénateurs le 17 janvier que la porte incriminée avait été fabriquée en Malaisie par Spirit Aerosystems. « Même s'il s'agit d'un défaut de production à la base, il aurait dû être intercepté », relève Michel Merluzeau. « Ce n'est pas possible que cela passe à travers les mailles du filet ».

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Série de déboires pour Boeing

Cet incident de début janvier est le premier problème majeur survenu en vol sur un Boeing, depuis les accidents mortels du 737 MAX-8 en 2018 et en 2019. 346 personnes au total étaient décédées et toute la famille des 737 MAX dans le monde avait été immobilisée pendant de nombreux mois. Depuis, les problèmes se sont accumulés pour ce modèle phare de Boeing.

En avril 2023, l'avionneur américain avait signalé des défauts sur des pièces fournies par Spirit Aerosystems pour « la partie arrière du fuselage » de certains 737. Quelques mois plus tard, le groupe avait justifié des retards de livraison du 737 MAX par un problème sur une cloison étanche. Fin décembre, il avait aussi prévenu d'un risque de « boulon desserré » sur le système de contrôle du gouvernail.

Et depuis le 5 janvier, d'autres incidents sont survenus. Un Boeing 747 cargo de la compagnie aérienne américaine Atlas Air a dû atterrir en urgence jeudi 18 janvier à Miami, aux États-Unis. L'avion a rencontré un problème sur l'un de ses moteurs peu après son décollage. Deux jours plus tard, le samedi 20 janvier, un pneu du train avant d'un 757 de la compagnie américaine Delta s'est détaché tandis qu'il s'apprêtait à décoller d'Atlanta (Géorgie) pour rallier Bogota en Colombie.

Une porte-parole de Boeing a souligné que le 757 n'était plus produit depuis 2004, et a renvoyé vers Delta pour de plus amples détails. Sollicitée par l'AFP, la compagnie n'a pas réagi dans l'immédiat. Selon le site airfleets.net, l'avion concerné est en service depuis 32 ans.

(Avec AFP)

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