Bombardier a approché Alstom et Hitachi pour une fusion dans le ferroviaire

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(Crédits : Denis Balibouse)
Conseillé par Citigroup et UBS, le constructeur canadien a approché Alstom et Hitachi pour fusionner ses activités ferroviaires.

Les difficultés de Bombardier relancent la consolidation du secteur ferroviaire. Près d'un an après l'échec de la fusion entre Alstom et Siemens, le constructeur canadien cherche un partenaire pour fusionner ses activités ferroviaires. Objectif : changer de taille afin de mieux affronter la concurrence du géant public chinois CRRC, numéro un mondial du secteur. Conseillé par Citigroup et UBS, Bombardier a approché Alstom mais aussi le japonais Hitachi.

Discussions actives avec Alstom

Bombardier a en effet examiné plusieurs scénarios de fusion ces derniers mois, y compris une possible alliance avec l'allemand Siemens ou un partenaire chinois, deux pistes qui n'ont pas abouti. Selon un proche du dossier cité par l'agence Reuters, les discussions avec Alstom, lequel est conseillé par la banque Rothschild, ont commencé en juillet et sont devenues sérieuses en septembre. Ces discussions avec le groupe français restent actives. Mais Hitachi, approché l'an dernier également, reste une option possible, même les sources interrogées par Reuters ignorent si des discussions se poursuivent.

Le gouvernement français favorable à un rapprochement pour Alstom

Le gouvernement français est quant à lui ouvert à l'idée d'un rapprochement pour Alstom. Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a estimé jeudi qu'il y aurait à terme une consolidation dans l'industrie ferroviaire. Pour les analystes de Berenberg, un rapprochement d'Alstom avec Bombardier poserait moins de problèmes de concurrence que celle préparée avec Siemens qui a été rétorquée par Bruxelles pour des raisons de concurrence. Car leur part de marché cumulée est plus faible dans la construction de trains à grande vitesse et la signalisation ferroviaire.

Activités complémentaires entre Hitachi et Bombardier

Les activités de Bombardier et d'Hitachi sont quant elles très complémentaires. La Grande-Bretagne est le principal marché du constructeur japonais dans le ferroviaire en Europe, où il n'existe pas de grand chevauchement entre ses activités et celles de Bombardier. Les deux groupes sont toutefois particulièrement présents en Allemagne, ce qui pourrait susciter l'inquiétude des autorités européennes, selon une source.

Le choix de Bombardier entre ces partenaires potentiels dépendra in fine de ses chances de convaincre les autorités de la concurrence et des concessions qu'il pourrait être amené à faire pour obtenir leur feu vert, ont dit les sources.

Obligation de lever des fonds dans le ferroviaire

Le groupe canadien a vendu 30% du capital de son activité ferroviaire à la Caisse de dépôt et placement du Québec, le deuxième fonds de retraite du Canada, en 2015 après avoir examiné ses options stratégiques, y compris une éventuelle cotation en Bourse en Allemagne ou en Grande-Bretagne. L'activité a depuis rencontré des problèmes dans l'exécution de plusieurs contrats, ce qui a pesé sur ses marges et contribué à l'avertissement sur résultats émis pour 2019 par le groupe. Le constructeur canadien, qui a pour plusieurs milliards de dollars d'obligations arrivant à échéance dans les années à venir, doit rapidement lever des fonds à l'aide de son activité ferroviaire, a dit l'une des sources.

"Ils sont sérieux sur le sujet. Sans transaction, les perspectives sont sombres", a dit cette source.

Bombardier ne va pas mieux dans l'aéronautique. Le groupe a déjà cédé en 2018 le contrôle de son programme d'avions régionaux à Airbus, a vu son cours de Bourse plonger de 37% depuis le début de l'année à la suite d'un avertissement sur ses résultats de 2019 le 16 janvier.

Bombardier, Alstom, Hitachi et Siemens ont tous refusé de s'exprimer.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2020 à 7:51 :
C'est très bien que les autorité française cherchent à sauver Alstom.
Il serait encore mieux qu'elles cherchent à savoir pourquoi Alstom est dans cette situation ?
Alstom passe son temps à humilier ses fournisseurs avec des prix chinois, créant de la défiance, et se fermant de fait la porte à des solutions techniques innovantes et compétitives !
D'autre part Alstom equipe sans complexe ses trains destinés au marché français de composant chinois achetés aux filiales de CRRC..et pour cela ses acheteur ont des objectifs à prix équivalents.
Donc stop au pleurnichage pour sauver Alstom
a écrit le 27/01/2020 à 8:11 :
UE a coule tous les Fleurons de notre industrie a la solde des fonds de pension et speculateur boursier banquier en quete de profit rapide au detriment de innovation il ne nous reste plus que le camanbert et un bout Pain chimique qui donne des Gazs et encore !
a écrit le 26/01/2020 à 11:29 :
Les 3 devraient fusionner pour créer un groupe international presque aussi gros que le chinois !
Réponse de le 26/01/2020 à 14:43 :
OUI, puisque Bruxelles empeche systématiquement toute fusion en Europe
Réponse de le 27/01/2020 à 16:23 :
l europe ferait mieux de s inquiéter de l arrivée effective des chinois, qui bien entendu font de la concurrence libre et non faussée....comme tout un chacun le sait......hep, on se réveille quand?
a écrit le 25/01/2020 à 16:38 :
Il ne faut pas donner trop d'importance aux éléments de langage. Ok! l'Airbus du ferroviaire était une belle idée, mais surtout une réalité de survie plus prosaïque liée à la recherche de la taille critique pour amortir des charges fixes énormes et réduire au mieux le point mort pour être plus compétitif sur les appels d'offres internationaux.
L'usine de Crespin de B. est la plus puissante et performante unité de production européenne de trains Intercités et dc fait sens pour Alstom dans la recherche de la taille critique et le gain en synergies par la mise en place de plateformes communes comme ds l'automobile.
De plus, le marché français trop restreint n'a pas besoin de 2 compétiteurs pour les mêmes produits sur son sol, avec forcément des doublons pénalisant les productions nationales.
Soyons pragmatique dc et même si l'origine de l'Union envisagée n'est pas européenne, l'essentiel est ailleurs avec l'ouverture culturelle à l'énorme marché américain fortement courtisé par l'ogre chinois malgré l'administration Trump, qui peut du reste devenir un atout, avec la forte probabilité de la réélection du blondin.
Autre avantage de nature structurelle qui se rapproche d'Airbus : la mixité d'équipes pluridisciplinaires et multiculturelles qui font la force du consortium européen.
a écrit le 25/01/2020 à 15:45 :
C'est dingue, ce qui compte, il me semble, n'est pas de faire des choses géniales, disons sympa, mais de bouffer tous les autres et après on s'étonne que certains ont du mal avec des réacteurs, d'autres avec les avions... Aujourd'hui nous serions dans la peine de refaire Concorde, les monopoles ne sont pas dans la génétique européenne favorisez la concurrence..
a écrit le 25/01/2020 à 15:12 :
Pratiquement les deux principaux fournisseurs de trains régionaux de la sncf.
Cela posera des problèmes de concurrence et il faudra acheter chinois pour ne pas tomber dans le monopole.
Réponse de le 26/01/2020 à 17:08 :
Il y a beaucoup d'autres fabricants surtout de train régional en Europe:
Stadler, CAF, Talgo, Newag, PESA, Hitachi, Siemens etc.
a écrit le 25/01/2020 à 13:10 :
Décidément, Le Maire bouffe à tous les rateliers. Hier ce monsieur vantait les mérites d'un "Airbus du ferroviaire", cachant la prise de contrôle d'un fleuron français par l'allemand Siemens, maintenant il s'agit juste de toiletter ses éléments de langage pour faire la promo d'un autre projet qui n'a rien à voir. On note bien qu'il évite soigneusement de souligner qu'il s'agirait de la prise de contrôle d'un groupe étranger par un groupe français. Mais pourquoi évite-t-il de le dire? S'il voulait rendre service à son pays et faire un vrai travail de ministre, il ferait mieux d'orienter ses efforts sur la défense des entreprises européennes contre l'extra-territorialité des lois américaines et le pillage chinois !
Réponse de le 25/01/2020 à 14:36 :
C'était prévisible après la fusion échouée, et le sauvetage et rachat de la branche CSeries par Airbus pour 1$.
Bombardier est faible et dépend beaucoup trop du marché français (métros-RER-TER ).
Pas de comparaisons possible avec l'ex-Siemens-Alstom, les deux étaient plus proches sur le chiffre d'affaire et avec des gros bénéfices. Sauf peut-être qu'Alstom vendait beaucoup en Allemagne, avant et pendant les négociations, ce qui le rendait plus dépendant du marché allemand.
La Chine vient de refiler un contrat d'un demi-milliard à Bombardier, hasard ou pas ?

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