La plateforme VTC Caocao va proposer des CDI à ses chauffeurs en France

Pour fidéliser ses chauffeurs, dans un contexte de compétition accrue, l'opérateur compte embaucher une vingtaine de chauffeurs sur des contrats de 39H. Avec cette initiative, Caocao imite sa maison-mère en Chine, une filiale de Geely, qui compte déjà une large majorité de chauffeurs salariés.

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Dernier concurrent arrivé en France en janvier 2020, la plateforme de VTC est financée par le groupe automobile chinois Geely.
Dernier concurrent arrivé en France en janvier 2020, la plateforme de VTC est financée par le groupe automobile chinois Geely. (Crédits : Reuters)

"Les chauffeurs, c'est le nerf de la guerre, il faut qu'on les fidélise, c'est impératif", expliquait en octobre 2020 à La Tribune Veruschka Becquart, la directrice du développement et de la communication pour Caocao France. Dernier concurrent arrivé en France en janvier 2020, la plateforme de VTC financée par le groupe automobile chinois Geely compte bien se donner toutes les chances sur le sujet de la fidélisation de ses chauffeurs. Pour cela, le service de transports dont les véhicules sont uniquement électriques a annoncé lundi son intention de recruter en France des chauffeurs en CDI. Un pavé dans la mare pour se différencier des autres opérateurs VTC, dans un secteur où le statut d'indépendant est d'ordinaire la norme.

Concrètement, la petite plateforme compte embaucher dans un premier temps une vingtaine de chauffeurs sur des contrats de 39H, payés autour de 1.800 euros bruts, hors primes.

Caocao (à prononcer "Tsaotsao") louait jusqu'ici à des prestataires une centaine de gros taxis noirs à 7 places, des versions hybrides rechargeables des emblématiques taxis londoniens. Elle a aussi ouvert sa plateforme en ligne à d'autres chauffeurs indépendants.

"Certains chauffeurs ont manifesté le souhait de devenir salariés. Ce ne sera jamais la majorité des chauffeurs mais ça permet d'avoir une relation de proximité", a déclaré à l'AFP la directrice du développement de Caocao Mobility France, Veruschka Becquart.

Caocao imite en cela sa maison-mère en Chine, une filiale de Geely, qui compte déjà une large majorité de chauffeurs salariés.

"Quand l'activité a commencé à se reprendre, qu'il y a eu des difficultés à trouver des chauffeurs, on s'est dit que la population de chauffeurs était peut-être en train de changer, et qu'on pourrait leur laisser le choix", a souligné Mme Becquart.

Surtout, la législation en France a récemment tourné en faveur des chauffeurs. En mai, la cour d'appel de Paris a reconnu l'existence d'un lien de subordination entre un chauffeur VTC et la plateforme Uber et a donc requalifié en contrat de travail l'accord de prestation du chauffeur. Ce dernier a "intégré un service organisé par Uber qui déterminait unilatéralement les conditions d'exécution de la prestation", écrit la Cour.

Autrement dit, Caocao anticipe et prend le pli d'un changement dans la relation plateforme-chauffeur qui tend à se confirmer.

La vague de requalification se poursuit

Longtemps accusés d'abuser du statut de travailleur indépendant, notamment pour éviter des cotisations sociales et externaliser certains coûts et risques, les géants du secteur commencent désormais à chercher des solutions de compromis.

En Californie, le géant Uber a contré une loi imposant la requalification de dizaines de milliers de chauffeurs en salariés. L'opérateur a fait valider par un référendum une formule selon laquelle les conducteurs restent indépendants mais reçoivent des compensations (revenu minimum ou assurance santé).

Outre-Atlantique, Uber avec son concurrent américain Lyft et des services de livraison, a dépensé plus de 200 millions de dollars pour promouvoir la "Proposition 22". Elle remplace de facto une loi californienne qui les forçait à requalifier les chauffeurs en employés.

Au Royaume-Uni, Uber a été forcé par une décision de justice à accorder à ses plus de 70.000 chauffeurs un statut de travailleur salarié, qui leur permet de bénéficier de congés payés et de l'accès à un fonds de retraite.

Le groupe anglo-néerlandais de livraison de repas Just Eat Takeaway a annoncé de son côté qu'il voulait en finir avec les contrats précaires et offrir de meilleures conditions à ses livreurs en Europe.

Alors que ce type d'emploi concerne de plus en plus d'actifs, la Commission européenne a lancé en février une consultation sur les droits des travailleurs des plateformes numériques et pourrait décider d'une nouvelle législation d'ici la fin 2021.

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Commentaire 1
à écrit le 26/07/2021 à 18:24
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Trop fort ! la Chine qui nous donne des leçons de normes sociales...On est mal barrés !

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