CMA CGM était intéressé par Corsair avant de toper avec Air Caraïbes-French Bee
Fabrice Gliszczynski
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Quand, le 23 septembre dernier, CMA CGM annonçait la signature d'un protocole d'accord avec le Groupe Dubreuil dans le but d'acquérir 30% du capital du pôle aérien de ce dernier, composé notamment d'Air Caraïbes et de French Bee, le groupe maritime avait une vision très claire de l'environnement dans lequel il comptait évoluer. Il connaissait évidemment sur le bout des doigts la situation des deux compagnies pour lesquelles il investissait 70 millions d'euros, mais aussi celle de Corsair, l'un de leurs principaux concurrents sur les Antilles et la Réunion.
Selon plusieurs sources concordantes en effet, l'armateur marseillais a regardé le dossier de reprise de Corsair, piloté par le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), un organise rattaché à la direction générale du Trésor chargé d'accompagner les entreprises en difficulté de plus de 400 salariés dans la mise au point et le financement de leur plan de retournement.
CMA CGM s'est manifesté mi-juin, puis, après avoir eu accès au management de Corsair et à la "data room" de la compagnie - comprenant toutes les informations nécessaires à l'examen de sa situation -, le groupe maritime s'est retiré du dossier trois semaines plus tard, le 7 juillet, au motif, selon un connaisseur du dossier, que la part du fret était trop faible par rapport à l'activité de transport de passagers, et que les besoins financiers à engager étaient trop importants. Pour autant, le désengagement du dossier Corsair ne remettait pas en question la volonté de l'armateur de se développer dans le secteur aérien. Pour mener à bien ce projet, le groupe maritime a préféré s'engager avec un autre partenaire, le Groupe Dubreuil.
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Interrogé le jour de l'annonce de la signature de l'alliance avec le Groupe Dubreuil le 23 septembre, un proche de CMA CGM justifiait le choix de son partenaire en mettant notamment en avant la présence des deux acteurs aux Antilles et en Polynésie, mais aussi la solidité d'Air Caraïbes et de French Bee, confortée par les mesures de réductions des coûts prises début juin pour surmonter la crise.
Fabrice Gliszczynski