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Russie : panne moteur en plein vol sur un Boeing, le manque de pièces de rechange pointé du doigt

latribune.fr

Publié le 09 décembre 2023 à 14:03 - Mis à jour le 09 décembre 2023 à 14:03

S7 a déjà été obligée de réduire le nombre de ses vols de 10-15% en automne et en hiver en raison des difficultés pour maintenir dans un bon état technique ses avions Airbus

S7 a déjà été obligée de réduire le nombre de ses vols de 10-15% en automne et en hiver en raison des difficultés pour maintenir dans un bon état technique ses avions Airbus

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Un Boeing 737-800 de la compagnie S7 a dû écourter son vol pour revenir à son aéroport de décollage à Novossibirsk. Cet atterrissage d'urgence serait dû à un problème moteur. Le manque de pièces de rechange auquel fait face le pays depuis l'imposition des sanctions européennes et américaines pourrait être en cause.

L'aviation russe commencerait-elle à souffrir des sanctions occidentales? Ce vendredi, un Boeing 737-800 de la compagnie S7, avait décollé de Novossibirsk (Sibérie) vers Moscou, mais a été obligé de faire demi-tour pour revenir à son aéroport d'origine, a indiqué un département local du Comité d'enquête chargé des transports. Selon les données préliminaires, l'avion a rencontré un problème moteur. Les 176 personnes qui se trouvaient à bord sont toutes saines et sauves.

«L'atterrissage a été effectué en toute sécurité. Il n'y a pas eu de victimes. Les raisons et les circonstances de l'incident sont en train d'être établies», a souligné le Comité d'enquête qui a affirmé procéder à des « vérifications ».

Lire aussiL'étau se resserre encore autour de l'aviation civile russe, lâchée par Boeing et Airbus

La piste du manque de pièces de rechange

L'incident survient alors que la Russie ne peut plus importer les pièces de rechange pour les avions Airbus et Boeing depuis le 24 février 2022 et n'a plus accès à la maintenance des deux constructeurs du fait des sanctions occidentales visant Moscou à la suite de son assaut contre l'Ukraine. Or depuis dix ans, les compagnies russes ont délaissé leur flotte d'origine soviétique au profit d'appareils occidentaux, notamment des Airbus et Boeing en tête, mais aussi des Bombardier et quelques Embraer. L'embargo sur les pièces détachées aéronautiques touche ainsi la quasi-totalité des compagnies russes. Sur une flotte passagers et cargo de près de 1.000 appareils, les trois-quarts environ sont d'origine européenne, américaine et canadienne. L'impact de l'embargo devrait se faire ressentir principalement sur l'entretien des moteurs. La pression sera surtout forte sur les appareils récents, tels que les A320 NEO (version remotorisée de l'A320) ou l'A350 pour lesquels les stocks et les capacités de maintenance sont moins étoffées que pour d'autres programmes.

Et ce problème est déjà vécu par S7, qui est la troisième plus grosse compagnie du pays et est notamment membre de l'alliance Oneworld (leader mondial dans le service aux passagers). L'entreprise a déjà été obligée de réduire le nombre de ses vols de 10-15% en automne et en hiver en raison des difficultés pour maintenir dans un bon état technique ses avions Airbus, avait rapporté en octobre le quotidien russe Kommersant.

Selon des experts, les problèmes techniques risquent de se multiplier dans les mois à venir, affectant la sécurité aérienne en Russie et/ou clouant au sol les avions de fabrication occidentale. Problème, le transport aérien est vital dans le pays le plus grand du monde, qui s'étale sur 11 fuseaux horaires. Pour récupérer des équipements et assurer la maintenance de leur flotte, les compagnies russes pourraient carrément cannibaliser une partie de cette dernière. Les moteurs seraient alors les premiers concernés avec la récupération de modules pour reconstituer des engins opérationnels.

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Illustration de la newsletter Industrie et service

Un manque de pièces détaché « très dangereux »

L'arrivée d'incidents liés au manque de pièces avait été pronostiquée par le directeur exécutif de l'Agence européenne pour la sécurité aérienne (AESA). En 2022 déjà, Patrick Ky s'était dit « très inquiet » quant à la sécurité des avions de fabrication occidentale qui continuent de voler en Russie, avec ce manque d'accès aux pièces de rechange. « C'est très dangereux », avait-il déclaré, ajoutant que les régulateurs ne disposaient pas de données correctes sur de nombreux avions volant en Russie. Un risque qui s'intensifie à mesure que le temps passe, avait-il souligné : « Dans six mois, qui sait? Dans un an - qui sait? ».

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Son inquiétude était telle qu'il avait indiqué que les régulateurs devraient examiner les demandes de dérogation de la Russie « au cas par cas ». Selon lui, certaines d'entre elles pourraient représenter « des raisons humanitaires, mais cela ne devrait toutefois pas devenir la norme ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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