Ryanair à l'assaut d'Easyjet !

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(Crédits : © Albert Gea / Reuters)
En déployant une stratégie de plus en plus similaire à celle d'Easyjet, la compagnie à bas coûts irlandaise vient se positionner sur les aéroports sur lesquels se trouve Easyjet. Cet hiver, sur les 4 nouvelles bases d'exploitation qu'ouvrira Ryanair, deux (Milan Malpensa et Berlin Schönefeld) sont déjà des bases de sa rivale. En juin, Easyjet a fermé sa base de Rome quelques mois après l'arrivée de Ryanair.

Si la nouvelle stratégie de Ryanair de montée en gamme et de se positionner sur les aéroports principaux pour pouvoir capter plus facilement la clientèle affaires inquiète les compagnies traditionnelles comme Air France, Lufthansa et d'autres, elle menace également les compagnies à bas coûts déjà présentes sur les gros aéroports, comme  Easyjet (mais aussi Vueling) qui ont fait le choix de ce type de plate-forme.

Car Ryanair vient les concurrencer frontalement sur leur cœur de métier.

«Je suis inquiet pour Easyjet car, face à Ryanair, elle aura du mal à rivaliser en termes de coûts », explique un expert du transport aérien. Elle pourra sur les routes où elle bien installée, mais sur celles où elle n'assure qu'un ou deux vols quotidiens, ce sera plus compliqué, » fait-il valoir. I

Premier signe qui conforte ce point de vue. En juin, quelques mois après l'arrivée de Ryanair à Rome Fiumicino, Easyjet a fermé sa base d'exploitation romaine, officiellement en raison d'une forte hausse des charges aéroportuaires.

«La rentabilité était plus faible à Rome que sur d'autres zones. Sans Ryanair, Easyjet serait restée», assure un observateur.

 Tableau de chasse

Ce lundi, en présentant ses résultats semestriels, la compagnie irlandaise a dressé la liste des fermetures de lignes et des réductions de fréquences mises en œuvre par ses concurrents au moment de son arrivée sur un aéroport important. Pour Easyjet, en plus de la base de Rome, Ryanair a pointé les fermetures des lignes Cologne-Londres-Gatwick, Madrid-Berlin et Marrakech-Londres-Stansted mais aussi les réductions du nombre de vols sur les lignes Dortmund-Luton, Milan (Malpensa)-Marrakech, Gatwick-Saint-Jacques-de-Compostelle, et Luton-Tallin. Le tableau de chasse est complété par d'autres trophées remportés sur Vueling, Norwegian et bien entendu les compagnies classiques qu'est venue défier Ryanair (Alitalia, Aer Lingus, Brussels Airlines, Iberia et SAS).

Nouvelles bases

Problème pour Easyjet et Vueling, la problématique risque de se démultiplier avec le déploiement de la stratégie de Ryanair sur les grands aéroports.

«Ryanair va systématiquement se positionner sur les terres d'Easyjet. Aujourd'hui 5% des routes d'Easyjet sont en confrontation directe avec Ryanair, demain ce sera évidemment plus », expliquent les mêmes experts.

Effectivement, sur les quatre nouvelles bases qu'ouvrira Ryanair cet hiver, deux sont déjà des bases d'Easyjet : Milan Malpensa et Berlin Schönefled.

En allant sur les aéroports principaux, Ryanair ne bénéficie pas des soutiens dont elle bénéficie des collectivités locales pour desservir les petits aéroports. La faiblesse des coûts de Ryanair provient du fait, notamment, les salariés disposent de contrats de droit irlandais, plus avantageux, mais aussi en termes de condition de travail, où la productivité est très forte.

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Commentaires
a écrit le 04/11/2015 à 9:59 :
non expert , mais utilisateur , quelques remarques :
Ryanair est souvent moins cher du fait des frais d'aéroports ; c'est bien sur sensible à Paris , que ce soit Roissy ou Orly , par rapport à Bauvais :
( je fais Malaga / Paris souvent , par Roissy , la taxe d'aeroport est +/- la moitié du prix du billet )...
Ryanair a aussi des creneaux de decolage hors heures de pointes ..., moralité , arrivant à destination très tard : taxi + chers , et 1 journée de perdue ( ou une nuité de + ) ;
à partir du moment ou Ryanair va se positionner sur d'autres aéroports , ses cout vont aussi augmenter ; ils continuerons bien sur à beneficier de leur " image super lowcost, mais dans les faits seront moins competeitifs .
a écrit le 03/11/2015 à 21:30 :
J'ose espérer qu'Airfrance saura développer Transavia face à Ryanair... allez les gars : je compte sur vous !
a écrit le 03/11/2015 à 20:12 :
Je crois que vous avez eu une mauvaise expérience ... Moi , je suis satisfait des vols Ryanair ! Par contre , EasyJet ... Plus jamais ... Et airfrance , j'ai mis une croix dessus depuis les grèves d'octobre dernier ! La concurrence fait du bien marché !!
a écrit le 03/11/2015 à 18:06 :
Ryanair, une Cie à bas coût ? Je n'en suis pas si sûr ! Entre les taxes, l'impression des billets, le surcoût dû aux valises -tout le monde sait que l'on part deux semaines sans bagages, hum...-, le droit de payer par carte bancaire loin d'être gratuit (peut-on payer par chèque ?! Même là, ils trouveraient une excuse pour nous faire raquer des frais de traitement !) + + + . La façon de piloter de Ryanair est désastreuse pour les tympans : acouphènes, surdité et mal de crâne ! Les services à bord sont médiocres, très chers et de mauvaise qualité pour la nourriture, quant au café... quel café ?
Cette Cie annonce une baisse de ses coûts unitaires de 5% ? A prendre ses clients pour des veaux et des vaches à lait, voire pour des "c..." par le président de Ryanair, j'ai du mal à comprendre pourquoi cette Cie existe toujours ! Elle représente pour moi "the worst Cie in the world".
Le tarif de compagnies aériennes nationales est non seulement très compétitif et le confort loin devant.
De plus, tant qu'il n'y aura pas d'harmonie fiscale en Europe, ces entreprises ont de beaux jours devant elles. Sans parler de montages financiers via plusieurs sociétés. Nos hommes politiques européens ne travaillent pas pour le Peuple mais pour les lobbys...
a écrit le 03/11/2015 à 11:17 :
La compagnie de l'aventurier "Stelios" est uniquement un véhicule financier destiné à reprendre en souplesse les compagnies européennes à la dérive tout en trouvant un débouché à l'argent des paradis fiscaux. Ceci est permis par les achats massifs d'avions qui libèrent ainsi une sorte de financement gratuit. Lorsque les achats s'éteignent la société périclite et doit être reprise à son tour. Deux avantages, outre l'emploi d'argent, sont laissés : l'habitude des achats massifs et le nettoyage du ciel. En effet il n'est pas bon de laisser se diffuser l'idée que la réussite Airbus -Boeing aurait comme contrepartie la ruine et le chômage des petites compagnies. Une stratégie a donc été mise en place qui, au surplus pousse les grandes compagnies à la mise compétitivité internationale nécessaire. EasyJet voit maintenant son carnet de commandes s'épuiser tout en se dirigeant par obligation vers une gestion plus classique tandis que Ryanair dispose de plus de 60% d'avions qu'elle avec un avantage total de sièges disponibles par unité et un nombre de commandes important. Les experts ont alors raison de prédire ce qui était programmé, à savoir la vente à mieux disant. Notons que IAG (BA-Iberica) aussi est destiné à être vendu. Le processus sera identique pour les compagnies du golfe à plus longue échéance car l'on n'envisage pas un "état" finançant à perte la masse financière qu'elles seront devenues alors. Comme pour leurs homologues à bas prix, plus locales, ces dernières auront pour leur part nettoyé le ciel du grand international. Un certain art de la stratégie.
Réponse de le 03/11/2015 à 12:34 :
Heuh... hormis vous, c'est qui les "experts" ?
a écrit le 03/11/2015 à 11:04 :
Un combat que devraient mener syndicats, mais aussi gouvernement(s) (français, mais aussi allemand, italien, etc) :
La mise en place d'un statut de compagnie européenne, avec des conditions salariales, fiscales et sociales idem pour tous. Ensuite, les compagnies telles Ryanair, qui préfèrera probablement conserver son statut irlandais, pourrait se voir refuser, comme les compagnies extra-européennes, les droits d'atterrissage! En revanche, celles qui acceptent de basculer au statut européen ne pourraient pas subir de discrimination!
A partir de là, charges aux Directions des compagnies, aux états et aux syndicats salariés de se mettre d'accord sur des conditions proches de la moyenne européenne!

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