VTC : "trêve" des blocages, le gouvernement somme Uber de discuter avec les chauffeurs

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Un chauffeur VTC a été renversé par un de ses collègues. Son pronostic vital n'est pas engagé.
Un chauffeur VTC a été renversé par un de ses collègues. Son pronostic vital n'est pas engagé. (Crédits : Allocab)
Les représentants de chauffeurs VTC en colère ont décidé une "trêve" des blocages pendant 24 heures pour permettre à Uber de les recevoir, a annoncé vendredi le gouvernement en exhortant la société américaine à discuter avec tous les syndicats. La Tribune suit l'évolution de la situation.

Article publié à 10h, mis à jour à 15h55

A l'issue d'une rencontre avec le secrétaire d'Etat chargé des Transports Alain Vidalies, les représentants des chauffeurs "ont décidé une trêve des blocages de la voie publique pendant 24 heures pour permettre à la société Uber de les recevoir dans ces délais", a précisé le ministère dans un communiqué.

De son côté, la plateforme française Marcel se défend d'une généralisation des critiques envers les plateformes de réservation de VTC. Aux chauffeurs, l'entreprise adresse un message de soutien et de compréhension de leurs difficultés. Et rappelle ses engagements envers ses chauffeurs affiliés, afin d'en inciter de nouveaux à la rejoindre, à savoir la commission la plus basse du marché (15%), l'écoute des problématiques chauffeurs, et la mise en place d'un tarif minimum décent.

Lire aussi: chez Uber et Marcel, le dialogue avec les chauffeurs se concrétise

Plusieurs dizaines de chauffeurs VTC bloquaient vendredi matin l'accès autoroutier à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, a-t-on appris de source aéroportuaire. Un peu plus tard, dans la matinée, le cabinet du secrétaire d'Etat en charge des Transports, Alain Vidalies, recevait quelques chauffeurs, à leur demande, suite à ce mouvement contestataire émaillé de violences, suspendu pour 24 heures.

Des chauffeurs reçus par les conseillers d'Alain Vidalies

Vers 11h30 des représentants de chauffeurs étaient reçus au cabinet du Secrétaire d'Etat chargé des Transports Alain Vidalies. Il s'agit des mêmes "représentants" (membres de l'Unsa Scp/VTC notamment) avec lesquels les groupes de travail ont l'habitude de travailler, notamment dans le cadre de l'élaboration du texte de la loi Grandguillaume, qui sera très prochainement définitivement votée à l'Assemblée et au Sénat.

Notons à cet égard que le député socialiste de Cote d'Or Laurent Grandguillaume a montré son soutien aux chauffeurs manifestant notamment en venant sur place quelques instants jeudi.

Une source parlementaire reconnaît cependant le problème de représentativité qui existe dans cette profession. Un défaut qui devrait s'estomper grâce à la mise en place d'un observatoire du secteur.

Uber dénonce des actes de violences

Quasiment au même moment, la plateforme de VTC Uber a dénoncé des "actes de violence, menaces et blocages" perpétrés lors du mouvement social de chauffeurs en cours et dit refuser de discuter dans ces conditions avec les syndicats organisateurs.

"Face à des telles violences et menaces, les conditions d'une discussion ne sont en aucun cas réunies", a affirmé la filiale française de l'entreprise américaine dans un communiqué, au moment où une délégation de chauffeurs devait être reçue au secrétariat d'Etat aux Transports.

Barrage à Roissy

A 7 heures 40, l'accès depuis l'autoroute "était totalement saturé", en raison de la mise en place d'un "gros barrage" en amont de la plateforme, impliquant plusieurs dizaines de véhicules venus de la Porte Maillot, à Paris, a indiqué cette source. A la même heure, un chauffeur VTC a été renversé par un de ses collègues. Son pronostic vital n'est pas engagé.

"Le comportement de certains chauffeurs de VTC obligeant des clients de VTC ou taxis à descendre du véhicule parfois brutalement provoquant la peur des passagers est inadmissible et discrédite leurs auteurs", a déploré le préfet délégué aux aéroports, Philippe Riffault.

Plusieurs centaines de chauffeurs VTC ont déjà manifesté leur colère jeudi à Paris contre les plateformes de réservation de voitures, Uber en tête, et les ravages de "l'ubérisation", synonyme pour eux d'"esclavage moderne".

Faute d'avoir été entendus, les organisateurs avaient annoncé à l'AFP la reconduction du mouvement vendredi.

Pour rappel l'Assemblée nationale examinera lundi en seconde lecture le projet de loi du député PS Laurent Grandguillaume qui vise à "pacifier" les relations dans le transport public de la personne, notamment entre taxis et VTC, lutter contre l'emprise des plateformes sur les chauffeurs et durcir l'accès à cette dernière profession. Le texte, adopté en première lecture au Sénat le 3 novembre, reviendra devant la Chambre haute en janvier pour un vote définitif.



(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 16/12/2016 à 23:34 :
La mode en France c'est de bloquer toute l'île de France dès qu'on n'est pas d'accord avec quelqu'un ou quelque chose.
Demain si je me brouille avec mon voisin je vais bloquer le Périphérique pour protester.

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