Bâle III, certains sont plus égaux que d'autres
Christine Lejoux
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Un jeu, c'est intéressant lorsque chacun des participants en respecte les règles. Pareil pour Bâle III, cette réglementation relative au renforcement des fonds propres et de la liquidité des banques, censée entrer en vigueur à partir de 2013. Né sur les cendres de la crise financière de 2008, ce projet de réglementation, destiné à éviter que ne se reproduise une faillite à la Lehman Brothers, devait concerner l'ensemble des banques mondiales. Sauf que, le 9 novembre, les Etats-Unis, par qui la crise de 2008 est arrivée, ont décrété qu'ils reportaient sine die l'entrée en vigueur de Bâle III, en raison de la complexité de sa mise en ?uvre.
Des banques européennes déjà au rendez-vous
Une douche froide pour les banques européennes, qui, crise de la zone euro oblige, avaient été pressées par leurs régulateurs d'accélérer la mise en application de Bâle III. De fait, avec un ratio de fonds propres durs (capital et bénéfices mis en réserve, rapportés aux crédits consentis) de 9,5% à la fin septembre, BNP Paribas est même en avance sur le rendez-vous fixé par Bâle III, qui exige un ratio de 9% au moins. Idem pour le Crédit agricole, dont le ratio de fonds propres durs s'élevait à 9,3% à l'issue du troisième trimestre. Et Société générale promet un ratio de 9% à 9,5% dès la fin 2013.
Une concurrence internationale
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Le problème, c'est que cela coûte cher aux banques françaises, et plus largement aux établissements bancaires européens, de mettre davantage de fonds propres en face de leurs engagements les plus risqués, ou en tout cas considérés comme tels par les régulateurs. Un coût qu'elles devront répercuter sur leurs clients, afin de préserver leurs marges. Or les banques travaillant sur des marchés mondialisés, leur concurrence est internationale. Aussi, «face à des banques qui ne fonctionneront pas comme nous, pourrons-nous encore faire notre travail de manière compétitive, c'est-à-dire continuer à apporter à nos clients le même service, au même prix ? », s'est interrogé Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, jeudi, lors des entretiens de l'Autorité des marchés financiers (AMF) consacrés au financement de l'économie.
Christine Lejoux