Bâle III : le lobby bancaire estime que le désendettement va trop loin

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Charles Dallara, directeur général de l'IIf, le lobby bancaire. Copyright Reuters
Charles Dallara, directeur général de l'IIf, le lobby bancaire. Copyright Reuters (Crédits : REUTERS)
Pour le directeur général de l'Institut de la finance internationale, le principal lobby bancaire mondial, la réduction du bilan des banques pour satisfaire la nouvelle réglementation de Bâle III, est allé trop loin

Le mouvement de désendettement en cours au sein de la plupart des banques européennes en prévision de l'entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire dit Bâle III est allé trop loin, a estimé jeudi le directeur général de l'IIF( International Institute of finance), le lobby bancaire, Charles Dallara.

"Le désendettement, dans beaucoup d'institutions financières européennes et dans l'économie européenne en général est allé trop loin", selon M. Dallara, qui s'exprimait lors du congrés de l'Institut de la finance internationale (IIF).

A la tête de l'IIFdepuis 19 ans, Charles Dallara a par ailleurs annoncé ce jeudi 7 juin son départ en fin d'année. Il a indiqué qu'il resterait en poste au moins jusqu'à l'automne afin que la transition avec son successeur se passe aussi efficement que possible. Il restera l'homme qui a fait émerger l'IIf comme une instance de négociation crédible et active. Il a en particulier paticipé activement aux négociations sur l'effacement d'une partie de la dette grecque détenue par les établissements financiers. Aux côtés de Jean Lemierre (BNP Paribas), M. Dallara a mené les discussions durant six mois pour parvenir à un effacement de plus de 105 des 206 milliards d'euros de dette d'Etat grecque détenue par les créanciers privés.

Réduction du crédit bancaire et  renforcement des fonds propres

Pour sa part, Douglas Flint, le nouveau président de l'IIF et président de la banque sino-britannique HSBC (qui vient de succéder à Josef Ackermann de la Deutsche Bank), estime que ce désendettement "contribue sur de nombreux marchés à une réduction inévitable du crédit bancaire", une conséquence "indésirable".  Dès lors, "peut-être le moment est-il opportun pour réfléchir à une pause" dans ce cycle de désendettement, a-t-il ajouté.


Le cadre réglementaire dit Bâle III oblige les banques à renforcer leurs ratios de fonds propres (fonds propres rapportés aux crédits consentis).
Résolues, pour la plupart, à ne pas procéder à des augmentations de capital, elles ont choisi de réduire la taille de leurs engagements (les crédits qu'elles ont accordés), ce qui leur permet d'améliorer ces ratios.


 

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a écrit le 08/06/2012 à 21:27 :
Bonjour,
D'une part sachez que la crise actuelle provient des gouvernements eux-mêmes qui ne sachant pas gérer leurs budgets ont décidé d'emprunter sur les marchés plutôt qu'à la Banque de France. Ils ont donc effectué des crédits payants de leur propre gré.
D'autre part la crise des subprimes provient uniquement du système bancaire et immobilier nord américain.
Ceci n'a rien à voir avec la gestion des établissements financiers français, qui faut-il le rappeler sont soumis à des contraintes très strictes en terme de financement (fonds propre), endettement de la population, sécurité physique et logique, surveillance du blanchiment d'argent, et j'en passe. Les établissements financiers français sont parmis les plus solides et les plus responsables d'Europe. Plusieurs banques sont mutualistes, impliquées dans leur région, pour l'emploi, les handicapes, le développement durable ...
Oui les banques ne sont pas philanthropes et ça s'assume, cela dérange autant que de sociétés françaises puissent tirer des bénéfices, que les actionnaires n'en profitent pas ?
Qui sont donc ces Français qui râlent après leur banque parce qu'elle leur prend des frais quand ils sont à découvert (qu'ils ont donc tacitement un crédit envers leur banque). ces Français qui râlent quand leur banque ne veulent pas leur octroyer un crédit (du fait de l'endettement, des fonds indisponibles, des risques inconsidérés que prendrait le client) ?
Ne pensez vous pas que les constructeurs automobiles qui sont assistés par l'état licencient en France alors qu'ils investissent hors Europe, avec votre argent (celui des bonus éco, prime à la casse ...) ? Arretez de toujours taper sur les même parce que c'est facile.
Il faut chercher à comprendre les tenants et les aboutissants d'une telle législation (Bâle III ici) avant de venir cracher son venin sans fond et sans argument.
a écrit le 08/06/2012 à 6:17 :
Très peu convainquant. Pourquoi les banques ont-elles choisi de ne pas faire d'augmentation de capital? C'est été facile, non? Elles sont en pleine forme, font des profits records, versent des rémunérations exhorbitantes, bénéficient de conditions de crédit auprès de la BCE tout à fait extraordinaires, et refinancent les états à des taux faramineux... A moins que... tout ne soit pas comme il est dit au niveau de leurs bilans...
Par ailleurs, la menace à peine voilée de l'arrêt du financement de l'économie dite réelle (on se demande d'ailleurs de quoi est faite l'irréelle) qu'elles nous sortent régulièrement depuis 4 ans pour obtenir toujours plus, a bien eu lieu malgré les aides qu'elles ont reçues, et que peuvent-elles bien financer d'autre que l'économie réelle? Les nations? OK. Mais quoi d'autre? En gros pourquoi réduire uniquement ces financements? Quels sont leurs autres engagements qui ne sauraient être réduits?
On en revient à ce qu'elles ont vraiment dans leurs bilans ou hors bilan...
Réponse de le 08/06/2012 à 13:10 :
Coté bilan, rassurez-vous, il est interdit de savoir. Et vous n'avez pas compris le fond du problème : ce n'est jamais assez.
a écrit le 07/06/2012 à 17:32 :
Le lobby bancaire ferait bien de fermer sa gueule, vu la merde qu'il a mis dans ce monde pour plus grand profit d'une poignée de requins avides.
Réponse de le 07/06/2012 à 18:09 :
tout en étant plus soft que le lorrain, je trouve que c'est tout de même l'hopital qui se moque de la charité, il ne manque décidément pas d'air nos banquiers. après avoir mis un tel bazar dans l'économie mondial, un peu de discrétion de leur part sera la bienvenue, au lieu de continer à jouer les donneurs de leçons à tous va !

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