La Bourse, une voie toujours étroite pour les PME et ETI
Fabio Marquetty
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Fabio Marquetty
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
«Nous portons un regard critique et un peu désabusé sur ce qui se passe depuis plusieurs années. Le nombre de PME et d'ETI cotées en Bourse a diminué, avec un net retrait des introductions. » Les propos de Pascal Imbert, président de l'association MiddleNext, qui représente les valeurs moyennes cotées, ont le mérite d'être clairs. La crise financière, devenue économique, a dégradé l'écosystème de la cote parisienne. « Ce compartiment a souffert de nombreux facteurs : affaiblissement des brokers, diminution du nombre d'analystes, manque d'animations marketing et commerciales », ajoute Pascal Imbert.
10 sociétés entrantes pour 24 sortantes
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon l'Observatoire du financement des PME et ETI par le marché, 10°entreprises ont fait leur entrée sur Alternext, ainsi que sur les compartiments°B et C d'Euronext, depuis le début de l'année 2012. Et ce alors que durant la même période 24°sociétés s'en sont retirées. Cette érosion dure maintenant depuis cinq ans. Entre°2008 et°2011, le nombre d'entreprises cotées de ce type est passé de 573 à 562. Même si, parallèlement, près de 50 d'entre elles ont fait leur apparition sur Alternext. « Aujourd'hui, les entrées en Bourse de PME-ETI ne couvrent pas les retraits. La plupart des entreprises qui quittent le marché sont de taille importante, contrairement à celles qui y entrent. In fi ne, les apports de capitaux pour le financement de ce segment de l'économie sont faibles », observe Thierry Giami, coauteur du rapport Rameix-Giami et conseiller à la direction générale de la Caisse des dépôts et consignations. « En 2011, il y a eu une désaffection des investisseurs pour la classe actions, et plus particulièrement pour le segment des valeurs moyennes et petites. Les raisons en sont multiples, mais, parmi elles, il convient de relever les contraintes de liquidités que la réglementation impose à la plupart des véhicules de gestion collective. Par ailleurs, les investisseurs individuels ont eux aussi déserté la Bourse », note, de son côté, Pierre Lasserre, président d'Alternativa, opérateur boursier indépendant spécialisé dans le financement des TPE et°des PME.
En 2009, un an après la faillite de Lehman Brothers, Alternext Paris a vu son activité s'effondrer pour n'atteindre que 5 millions d'euros de levées de fonds. Les introductions sont ensuite reparties à la hausse, jusqu'à 90 millions d'euros de capitaux mobilisés en 2010. Mais, depuis, l'aversion pour le risque alimentée par la crise des dettes souveraines en zone euro a inversé la tendance. Les investisseurs se montrent frileux : au cours des dix derniers mois, les montants récoltés sur ce compartiment de la cote se sont limités à 23,5 millions d'euros.
Devant ce constat, certains ont fait le choix de la proximité pour essayer de recréer un environnement propice aux échanges sur les valeurs moyennes. Alternativa en fait partie. « Nous entretenons une relation directe avec les investisseurs et les émetteurs et nous demandons à ces derniers de se faire évaluer par un expert appartenant à une association agréée AMF. Les cotations ne fonctionnent pas en continu. Des périodes de négociations sont ouvertes une semaine par mois sous forme d'enchères. Ce système permet d'obtenir un maximum de rencontres entre les acheteurs et vendeurs », précise son président, Pierre Lasserre.
Fabio Marquetty
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer