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Bijoux : l'ancien a de l'avenir

Didier Laurens

Publié le 12 décembre 2012 à 05:10

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Acquérir des pierres montées par un grand joaillier est la meilleure façon d'aborder ce marché, accessible à partir de 15 000 euros.

Évidemment, il y a l'exemple mythique : celui de ce diamant rouge de 0,95 carat acheté 10.000 dollars en 1956 par un collectionneur américain et revendu 880.000 dollars chez Christie's en 1987. Mais ce fantastique jackpot n'a été possible que parce que l'acheteur était un connaisseur. Il n'y a pas de norme internationale définissant le niveau de qualité des gemmes : poids (carats), couleur (eau), taille (ancienne ou moderne pour le diamant). L'une des façons les plus sûres d'investir le marché des pierres précieuses, si on n'est pas un expert, est donc de les acheter montées par de grands joailliers.
Tous les ans, Cartier, Boucheron, Van Cleef & Arpels, Lalique, Graff organisent la vente de leurs bijoux anciens sur le marché secondaire. Grand avantage de cette formule, elle permet de disposer d'une garantie sur l'authenticité, la qualité et l'état du bijou fournie par le joaillier lui-même. C'est un facteur de plus-value important. New York, Sydney, Londres, Pékin... ces pièces vintage sont revendues dans les joailleries de toute la planète. Dans un contexte où la discrétion fiscale est de mise, la plupart des bijoutiers refusent de parler de ces ventes. Contactés par La Tribune, Cartier et Van Cleef, notamment, n'ont pas souhaité fournir d'informations.

Le style et l'époque peuvent valoir cher

Les bijoux anciens vendus en salle des ventes constituent une autre filière d'investissement. « Les griffes des joailliers confèrent une valeur supplémentaire aux objets », prévient Philippe Ancelin, directeur de Drouot Estimations. De belles plus-values sont toujours possibles à condition d'être sélectif : une broche en forme de libellule Art déco valant 15.000 euros il y a dix ans s'est récemment vendue 150.000 euros à Drouot. Le goût du jour déborde aussi sur l'après-guerre. Il devrait bientôt s'étendre aux années 1970, plus abordables. Avant d'acheter, il faut être attentif à la qualité des pierres et aux restaurations qui ont pu affecter l'authenticité des bijoux. Certaines pierres sont prisées car leur « matière » est différente, par exemple si leur gisement est épuisé ou si elles n'ont subi aucun traitement thermique. « Une petite bague du XIXe en saphir est récemment partie à 25.000 euros car la pierre avait une couleur et une matière particulières », témoigne Philippe Ancelin. Acquérir un objet représentatif d'un style ou d'une époque est un autre facteur de bonus. La chasse aux joailliers moins connus est une approche payante. Des bijoutiers comme René Boivin ou Suzanne Belperron (1900-1983) semblent promis à un bel avenir. Une broche en forme de feuille d'agate blonde de Belperron avec nervure centrale en diamants est récemment partie à 40.000 euros, avec un beau potentiel de valorisation, assure Philippe Ancelin.

Didier Laurens

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