Aux portes de l’été, les montres de plongée, traditionnellement volumineuses, cèdent la place à des modèles de taille plus réduite. Décryptage et sélection.
Pendant près de 20 ans, il n'y a pas eu de débat. La mode des gros calibres régnait. Les montres de plongée fleurissaient sans complexe à tous les poignets. Cela tombait bien. Celles-ci ont toujours eu besoin de volume, ne serait-ce que pour garder un minimum de lisibilité sous l'eau, garantir leur étanchéité et résister à la pression. Seulement voilà, un nouveau courant horloger est apparu ces dernières années sur le marché, bouleversant la tendance jusque sous les mers : la « hype » des montres de ville de petite dimension, plutôt habillées.
Cette semaine encore, Justin Bieber paradait sur Instagram avec la micro-montre féminine proposée par Audemars Piguet, en 26 mm. Quant à Timothée Chalamet, c'est bien simple, seules les montres féminines semblent dignes de figurer à son poignet. La tendance gagnant tous ces influenceurs, comédiens, sportifs, ou rappeurs, comment les horlogers allaient-ils dès lors concilier le goût de l'époque et les performances de leurs mastodontes de plongée accros au volume ?
Grégory Blumenfeld, expert chez Artcurial et fondateur du Guide des montres, confirme : « Au début des années 2000, les horlogers prévoyaient que leurs modèles de plongée flirtent avec les 45 mm de diamètre. Cela correspondait aux nécessités techniques d'étanchéité et de lisibilité mais aussi à ce que voulait le public Le succès dépassait largement les amateurs de plongée. C'était une question de style. » Résultat : de grandes manufactures classiques qui n'avaient jamais mis la moindre aiguille dans l'eau se sont mises à proposer des montres de plongée.
La tentation était grande de fabriquer une montre simple, type trois aiguilles, étanche à une centaine de mètres : investissement faible, et surf garanti sur la tendance de l'époque. « Aujourd'hui, avec les petits calibres, c'est bien différent », souligne Grégory Blumenfeld. De 45 mm environ et jusqu'alors (?), le diamètre évolue doucement vers les 40 mm, voire au-dessous, générant des défis techniques, même pour parader sur la plage ou plonger des rochers.
De la buée sous le cadran !
Laurent Picciotto, fondateur de Chronopassion.
Car pour certaines complications, l'herméticité absolue peine à être assurée. « Les répétitions minutes s'arment la plupart du temps par une gâchette sur le flanc de la boîte, détaille Laurent Picciotto, fondateur de Chronopassion et éminent spécialiste. Cette partie étant mobile, elle crée une zone de faiblesse très difficile à étanchéifier. Certains s'y sont risqués en voulant écouter la mélodie de leur montre sous l'eau : ils se sont retrouvés avec de la buée sous le cadran ! »
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Une autre situation estivale peut générer des risques : lorsque vous plongez dans l'eau d'un rocher assez haut, la pression exercée sur la couronne et les poussoirs peut créer une surpression instantanée assez semblable aux grandes profondeurs. Pour éviter ce genre de mésaventures, nous avons sélectionné trois nouveautés singulières, du point de vue du style, de la technique et du portefeuille.
Discrète, l'horlogerie japonaise n'en reste pas moins ultra-qualitative. Pour célébrer son 60e anniversaire, Seiko dévoile une édition limitée de sa Prospex 1965 Heritage Diver's. À l'époque, la montre affiche fièrement une étanchéité à 150 mètres, ce qui n'était pas une mince affaire sachant que les performances faisant autorité à l'époque tournaient autour de 100 mètres. Mieux, en 1968, elle franchit le cap des 300 mètres. c'est dire si l'expertise existe aussi au pays du Soleil-Levant. Design intemporel, couronne à 4 heures évitant de gêner les mouvements du poignet, fonction GMT, trois jours de réserve, fond marin joliment interprété, elle ne manque pas d'atout.
Son titane micro-billé haute précision, ses 600 mètres d'étanchéité, son diamètre contenu à 37 mm, son air vintage et son mouvement manufacture en font l'incarnation parfaite d'une montre de plongée version 2025. Réinterprétation d'une version de 1969, malgré sa compacité et son étanchéité respectable, la montre offre un fond transparent laissant admirer son mouvement, ce qui est suffisamment rare sur une montre de plongée. La masse oscillante, décorée en côtes de Genève, est ajourée en forme d'étoile Zenith. Une fréquence de 4 Hz et une réserve de marche de 50 heures complètent son profil technique.
C'est l'exception de notre sélection qui confirme la règle. Son diamètre est de 50 mm, mais avec elle, vous ne risquez rien. La Rolex Deepsea Challenge est conçue pour supporter les pressions abyssales de la fosse des Mariannes, le point le plus profond de notre planète bleue connu à ce jour. Avec une étanchéité de 11 .000 mètres, un boîtier monobloc en titane RLX et un verre saphir bombé de 9,5 mm d'épaisseur, elle repousse les limites. La nouveauté tient à son enveloppe de titane, 30 % plus légère que sa version initiale en acier. Et vu la taille de l'engin, c'est appréciable. Vous n'êtes pas plongeur professionnel ? Pas d'inquiétude : comme avec une supercar qui filerait à 350 km/h, n'est-ce pas le fantasme de la performance plutôt que sa concrétisation qui séduit ?