Le défi Wikileaks aux entreprises

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Par Jean-Baptiste Jacquin, rédacteur en chef à La Tribune.

L'affaire Wikileaks nous réveille en sursaut. Au moment où le monde numérique prend conscience de sa fragilité et commence à se barricader de systèmes de sécurité en tous genres, il n'est pas plus compliqué de voler les secrets d'Etat les mieux conservés que de s'échanger le dernier titre d'Eminem : une clé USB ou un e-mail avec fichier attaché suffisent ! Le département d'Etat américain se retrouve aujourd'hui tout nu sur la place publique. Ses appréciations désobligeantes sur tel ou tel chef de gouvernement sont gênantes mais, au fond, pas si graves. Personne n'a jamais été dupe des courbettes des diplomates.

D'autres constats sont plus compromettants. Le ministère américain de la Défense, sans doute l'un des mieux protégés au monde contre les attaques informatiques et autres intrusions électroniques, aurait été victime de l'un des siens. Par idéal ou par intérêt financier, par dépit, jalousie ou bêtise, la trahison est vieille comme le monde. Certains traîtres sont des héros, d'autres des ordures, l'histoire n'est pas unanime dans ses jugements.

Peu importe, aucun Etat, aucune entreprise n'est à l'abri d'une trahison de quelque nature qu'elle soit. Il n'y a pas de remède miracle. Le cryptage est déjà largement utilisé dans les entreprises. La limitation du nombre de personnes ayant accès aux informations "sensibles" reste l'arme la plus efficace. Contre le risque de trahison, certainement. Mais, pas pour la compétitivité de l'entreprise. La vitesse de circulation de l'information dans une entreprise possède la même vertu créatrice de valeur que la vitesse de circulation monétaire dans l'économie. C'est donc un nouveau défi pour les organisations : devoir mieux contrôler les "listes de diffusion", sans entraver la réactivité et la capacité des équipes à prendre les bonnes décisions au bon moment.

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