Pourquoi le terrorisme vise l'or du Burkina Faso ?

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Au siège de la compagnie minière canadienne Semafo à Ouagadougou (Burkina Faso), le panneau de présentation est barré en noir en signe de deuil, à la mémoire des victimes de l'attaque perpétrée contre des employés sur la route menant à la mine de Boungou.
Au siège de la compagnie minière canadienne Semafo à Ouagadougou (Burkina Faso), le panneau de présentation est barré en noir en signe de deuil, à la mémoire des victimes de l'attaque perpétrée contre des employés sur la route menant à la mine de Boungou. (Crédits : Reuters)
ANALYSE. L'attentat perpétré contre des employés du site aurifère de la Semafo vise à dissuader les investisseurs et à réduire la production, ce qui aurait des conséquences pour les Etats de la région et influencerait les cours du métal jaune. Par Didier Julienne, spécialiste des marchés des matières premières (*).

Les mines du Burkina Faso produisent environ 60 tonnes d'or par an, les producteurs artisanaux environnent une dizaine de tonnes. Au cours actuel, c'est une assiette fiscale de près de 3,2 milliards d'euros qui participe aux rentrées fiscales du pays dont le budget est d'environ 3,37 milliards d'euros.

L'attentat de la Semafo du 6 novembre 2019, odieux massacre qui endeuille tant de familles, a probablement pour but de désorganiser l'activité minière puisque ce n'est pas la mine elle-même qui était attaquée, mais le convoi amenant un équipage de mineurs sur le site lui-même. Ce n'est donc ni les explosifs employés par la mine qui étaient visés ni la production pour autant qu'elle soit atteignable au cours d'un assaut, mais l'existence de la mine elle-même.

La mine de Boungou dispose en réserves et ressources un minerai à haute teneur contenant environ 60 tonnes d'or. Les assaillants ont probablement intérêt à conserver le site dans un relatif en bon état. Bien qu'il indique l'inverse, si l'investisseur était un jour amené à réévalué son engagement, il fait peu de doute qu'un tel site abandonné se transformerait une zone d'artisanat minier, elle-même vassale de forces soucieuses d'y trouver des revenus.

Mais nous n'en sommes pas encore là. L'Afrique de l'Ouest reste un nouveau Pérou pour les mineurs d'or. Ils y investissent largement. Les gisements ne sont pas profonds et la teneur du minerai est élevée. Le Ghana produit 130 tonnes d'or par an, le Mali 61 tonnes, le Burkina Faso 60 tonnes, la Côte-d'Ivoire 41 tonnes, la Guinée 27 tonnes et le Sénégal 18 tonnes. Au total, ce sont près de 340 tonnes d'or qui sont exportées chaque année, et le chiffre est croissant.

Ces 340 tonnes sont à comparer aux 3500 tonnes produites dans le monde en 2018 et aux 274 tonnes achetées par la Banque Centrale de Russie en 2018. En d'autres termes la désorganisation de la production ouest-africaine, que nul ne souhaite, affecterait cependant 10 % de la production mondiale et aurait des conséquences importantes sur les prix de l'or.

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(*) Le blog de Didier Julienne

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Commentaires
a écrit le 11/11/2019 à 19:56 :
Malhonneté intellectuelle ? ... ou c'est moi qui n'ai pas compris ??

"Au cours actuel, c'est une assiette fiscale de près de 3,2 milliards d'euros qui participe aux rentrées fiscales du pays dont le budget est d'environ 3,37 milliards d'euros."

j'ai l'impression que l'auteur veut laisser croire que les mines d'or apportent 3.2 milliards à un budget de 3.37 !!???
Ben non : rentrées fiscales et assiettes fiscales, c'est pas la même chose !! il vaut mieux ne pas confondre revenu imposable et impôt !!! J'ai le sentiment que c'est la confusion vers laquelle l'auteur souhaite nous entrainer pour accroitre l'importance de son constat !!!??
a écrit le 11/11/2019 à 18:19 :
Le mot "attentat" qualifie bien un acte criminel , mais le mot "terrorisme" qualifie une information que seul les médias transmettent dont le but est d'engendrer la peur!

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