La Chine à la conquête du vin

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La Chine est devenue le deuxième vignoble mondial.
La Chine est devenue le deuxième vignoble mondial. (Crédits : Xenotar)
Et si demain votre sauvignon venait de Shanghai, votre chardonnay de Yantai, ou votre merlot du désert de Gobi ? Première puissance économique mondiale, la Chine vise le leadership d’un marché très lucratif, celui du vin.

Deuxième vignoble mondial

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe dans le milieu viticole : le 27 avril 2015, l'Organisation Internationale de la Vigne et du vin (OIV) annonçait que la Chine était devenue le deuxième vignoble mondial. Avec près de 800.000 hectares, sa superficie dépasse celui de la France, s'approchant du million des Espagnols.

Néanmoins, les chiffres sont à nuancer puisqu'ils incluent la production de raisins et de raisins secs, dont les Chinois sont très friands, notamment les fameux « pis de jument » de la région de Turpan. La France reste très nettement leader en valeur de vins et d'échanges tandis que la Chine pointe au huitième rang mondial des productions.

Mais le futur s'écrit indéniablement du côté du plus grand pays d'Asie. Car en à peine quatre ans, ses surfaces ont augmenté de 26%. Sur la même période, l'Union Européenne a mis en place un plan de régulation du potentiel de production afin d'améliorer la qualité des produits de notre Continent, limitant la croissance.

Moteur de l'internationalisation du marché

Pernod Ricard, le groupe Castel, LVMH, la famille Rothschild, tous y ont investi, conscients du potentiel futur du marché viticole chinois. Si l'investissement est encore un casse-tête, le marché va grandir très vite, à l'image de l'économie chinoise. Avec des coûts de fabrication excessivement bas et une géographie propice au développement des vignes, la Chine présente bon nombre d'atouts. L'État, propriétaire des terrains, est d'ailleurs à l'affut. En taxant à près de 50% la vente des vins, le gouvernement n'hésite pas à donner un coup de pouce aux producteurs.

Sur le terrain de la communication, les politiques présentent le vin comme un moyen de réduire le niveau d'alcoolisme. Il faut savoir que l'alcool roi en Chine est le baijiu, qui titre entre 40° et 60° d'alcool... En deux ans, les ventes de vin ont bondi de 35% dans un pays où la consommation est principalement locale. Mais si les caves ne cessent de pousser, la Chine n'a pas encore le rayonnement français en la matière.

C'est pourquoi de nombreux jeunes chinois viennent se former aux métiers du vin et de la vigne dans l'Hexagone. De la même manière, les universités chinoises, comme la reconnue Beijing University of Agriculture, ont recours à des experts venus de France, d'Australie ou d'Espagne.


Une future route des vins

Fascinée par le modèle français, qui draine chaque année des milliers de touristes chinois dans le Bordelais, en Bourgogne ou en Alsace, la Chine entend rapidement développer sa propre route des vins. À l'Est, Yantai est la seule cité chinoise reconnue comme Ville Internationale du Vin depuis 1987 par l'OIV. Et tout est mis en œuvre pour en faire la capitale asiatique du vin.

Un projet titanesque d'un milliard de dollars est en cours pour y ouvrir un Centre International de Recherche et de Développement du vin dans les prochains mois. Autour des 413 hectares de vignes prévues, les touristes auront loisir de visiter des répliques de châteaux bordelais, des caves ou encore des parcs à thèmes. Depuis Yantai, dans la région chaude et humide du Shandong, Pékin n'est qu'à quelques heures de route. Pour s'y rendre, il faut traverser la province historiquement productrice du Hebei, qui arrose les bars à vin de la capitale, de plus en plus nombreux à ouvrir leurs portes chaque année. D'autres domaines s'ouvrent également dans la région montagnarde du Ningxia, proche du désert de Gobi, ou dans le Shanxi et son domaine Grace, l'un des plus visités du pays.

Si l'œnotourisme doit encore entrer dans les mœurs, le gouvernement souhaite offrir d'ici 2020 une véritable route des vins à la Chinoise autour de ces quatre régions. Mais qu'on se rassure, malgré sa progression fulgurante, la Chine est encore très loin de proposer une route des grands crus digne de nos bonnes vieilles régions viticoles françaises.

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