Européennes : le tournant du quinquennat

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(Crédits : Reuters)
EDITO. Les élections européennes constituent un tournant dans le quinquennat d'Emmanuel Macron. Une victoire de la liste LREM, actuellement au coude-à-coude dans les sondages avec celle du RN, lui permettrait d'asseoir sa légitimité à mettre en œuvre l'acte II des mesures annoncées à la mi-avril, tant sur le plan national qu'européen. En revanche, une défaite le contraindrait à reconfigurer son gouvernement et revoir en profondeur ses projets de réformes. Par Philippe Mabille, directeur de la Rédaction.

L'élection européenne de ce dimanche ne sera pas qu'un vote pour ou contre l'Europe mais bien aussi un vote pour ou contre Emmanuel Macron. Le chef de l'État, qui s'est personnellement impliqué pour tenter de sauver la campagne médiocre de sa tête de liste Nathalie Loiseau, le sait : il joue ce 26 mai la suite de son quinquennat et sa légitimité à mettre en œuvre l'acte II des réformes annoncées à la mi-avril. Si la liste LREM-MoDem arrive en tête, même de peu, il pourra échapper à la figure triomphante d'une Marine Le Pen prenant sa revanche du second tour humiliant pour elle de la présidentielle de 2017. Il y a deux ans, la victoire d'Emmanuel Macron avait été saluée, après le Brexit et l'élection de Donald Trump, comme la preuve qu'un coup d'arrêt pouvait être apporté à la montée du populisme.

Si le Rassemblement national arrive en tête ce dimanche, comme le laissent prévoir les sondages qui se sont retournés depuis février, ce sera à l'évidence perçu comme un vote-sanction contre le chef de l'État. Emmanuel Macron devra alors reconfigurer son gouvernement, changer de Premier ministre et revoir en profondeur ses projets de réforme. Cette défaite n'est pas encore certaine mais, on le voit bien, il y a quelque chose de cassé dans la dynamique Macron, qui peine à mobiliser autant qu'au premier tour de l'élection de 2017. Une partie de ceux qui l'avaient soutenu, essentiellement des cadres, des électeurs de la droite modérée tendance Juppé et des retraités aisés, hésitent.

« En même temps », on voit bien aussi que les forces alternatives au choix binaire Macron/Le Pen ne parviennent pas non plus à faire le plein. La « droite Trocadéro » qui avait donné 20% de voix à François Fillon ne suit pas le candidat de Laurent Wauquiez, François-Xavier Bellamy ; la gauche est émiettée et sans leadership. Seuls les Verts sortent du lot, urgence écologique oblige mais ne parviennent pas à percer tant l'environnement est devenu consensus.

Un besoin urgent de réformes

Notre sondage BVA publié ce vendredi 24 mai le montre pourtant : une large majorité de Français demeure attachée à l'Union européenne. Les Français aiment la libre circulation, l'euro et sont conscients que l'Europe est la bonne échelle pour affronter les temps nouveaux où une bataille mondiale pour la domination économique, commerciale et technologique - on le voit avec l'affaire Huawei - se joue entre les États-Unis et la Chine. Les Français, contrairement aux Britanniques lors du référendum de 2015, ne veulent pas du « Frexit ». Ils ne veulent pas quitter l'Union européenne, mais ils estiment ne pas voir assez les bénéfices de l'Europe, surtout chez les perdants de la mondialisation.

Pour résister aux forces nationalistes, l'Europe aura besoin après cette élection de se réformer en profondeur, d'apporter des réponses démocratiques aux attentes des peuples de plus de protection. Elle aura surtout besoin d'un nouvel élan économique et politique car le temps lui est compté si elle veut échapper aux forces de dislocation. Pour l'instant, avec ses taux négatifs, la Banque centrale européenne protège l'Europe mais de façon artificielle. Si le couple Macron-Merkel ne parvient pas à se mettre d'accord sur une relance du projet européen pour achever la construction politique qu'est devenu l'euro, le risque est grand que nous ne connaissions plus jamais d'élection européenne dans la prochaine décennie.

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Commentaires
a écrit le 26/05/2019 à 18:11 :
"L'écologie est devenue consensus", fallait oser ! Ce fatras de superstitions et d'atteintes aux libertés attire de moins en moins, dans tous les pays d'Europe.
De plus en plus de gens prennent conscience que l'écologie est l'imposture idéologique la plus couteuse et la plus dangereuse du 21ème siècle, financée par un capitalisme vert incapable de produire des biens répondant aux besoins des consommateurs.
a écrit le 25/05/2019 à 9:18 :
le déllitantisme de cette politique n adère pas le monopole du coeur des français
a écrit le 25/05/2019 à 7:33 :
Le rédacteur de l'article a une vision franco_ française de l'avenir de l'Europe car rien n indique qu'à l'échelle du continent les attentes des autres pays soient identiques aux nôtres. L'élection européenne est une simple projection de nos frustrations nationales.
a écrit le 24/05/2019 à 18:56 :
Où est le "tournant" ? La candidate battue au second tour de la Présidentielle, même si elle arrive en tête, ne deviendra pas Présidente pour autant, et restera très loin de 50% des votes : il n'y a aucune "revanche" sauf dans les rêves éveillés d'orgueilleux en mal d'aventures glorieuses. Quant aux autres "grands" partis, ils sont toujours dans le coma à la suite de leurs primaires autodestructrices. Rien de nouveau sous le soleil : les chiens aboient et la caravane passe. Surtout avec les seconds couteaux que toutes les formations mettent à la tête de leurs listes pour les élections européennes, preuve qu'elles savent très bien que ce n'est pas une élection importante en dépit des postures qu'elles prennent et de leurs déclamations...
a écrit le 24/05/2019 à 12:15 :
Pour que les gens comprennent mieux: à Bruxelles il y a 3 entités importantes: la Commission (le gouvernement), le Conseil Européen (= le Sénat avec les chefs d'Etats ou de gouvernement: Macron, Merkel...) et le Parlement Européen (Assemblée nationale).
Celui qui détient en réalité le pouvoir c'est le Conseil Européen malgré ce que disent beaucoup. La Commission exécute et le Parlement Européen débat des directives.
Mais ce sont bien les chefs d'Etats et de gouvernement qui décide ce qui sera au menu, les orientations...
Donc plutôt que d'accuser Bruxelles de ce qui ne marche pas, faudrait plutot faire le ménage avec nos politiques nationaux
Réponse de le 24/05/2019 à 16:50 :
Vous oubliez les traités signés, qui sont "des cahiers des charges impératifs" et cela change tout votre raisonnement!
Réponse de le 24/05/2019 à 19:05 :
Effectivement, l'Union Européenne n'est pas un Etat mais une organisation internationale à vocation régionale. Les Etats sont représentés par le Conseil Européen, qui est l'organe délibérant principal quoiqu'on en dise. La Commission est le secrétariat exécutif de l'Organisation. Et le pseudo "Parlement" est en réalité un "geai paré des plumes du paon" : il trouble le jeu et les équilibres internationaux, malgré le statut de "seconds couteaux" des élus plutôt fallots qu'on y envoie. Le résultat est que plus personne ne comprend plus rien à ce que fait l'Union Européenne, et le renforcement de ses prérogatives a été une erreur stratégique majeure qui a largement participé à construire l'image de bureaucratie tentaculaire de l'Union Européenne...
a écrit le 24/05/2019 à 12:10 :
reponse à marc469........ c'est sur qu'un nanti ne peut pas comprendre et bien l'europe est un prétexte on a été humilie par macron et bien on va lui répondre nous étions 28 et bien depuis ce matin on est 31 car beaucoup son exaspéré de voir macron se servir de sa position pour faire campagne c'est notre argent qu'il gaspille
a écrit le 24/05/2019 à 11:19 :
Macron est toujours en recherche d'une légitimité, pour cela utilise des moyens détournés, proche de la tricherie, en divisant les français face a l'UE de Bruxelles dont il est le pantin!
Réponse de le 24/05/2019 à 20:31 :
Macron a été élu président; cela vous suffit-il comme élément de légitimité? Les autres font beaucoup de bruit comme toujours les tonneaux vides.
Réponse de le 24/05/2019 à 22:41 :
Légalement oui! Légitimement non!
a écrit le 24/05/2019 à 10:07 :
il faut surtout ne pas voter macron sinon on va déguster surtout les vieux déjà avec la non indexation des pensions en 2019 on nous vole
Réponse de le 24/05/2019 à 10:37 :
Ce sont des élections européennes. Quelque soit le vote votre retraite ne va pas changer. Vous avez déjà eu le remboursement de la CSG et la baisse de la taxe d'habitation. Vous oubliez que les retraites en France sont les plus généreuses d'Europe et souvent supérieures aux revenus des salariés. Sacrifier l'Europe pour votre petit intérêt personnel n'est pas très honorable.
Réponse de le 24/05/2019 à 20:33 :
On ne vous vole rien. N'oubliez jamais que vous laissez 2000 Milliards de dette à vos enfants et petits enfants.
a écrit le 24/05/2019 à 8:22 :
Ouais bof, un parlement européen sans pouvoir soumis à une commission européenne dont on ne sait pas grand chose, un groupuscule un peu obscur élu non démocratiquement qui prend des décisions et passe des contrats dans les dos des citoyens européens.

Qu'il prenne une raclée ou bien qu'il soit vainqueur absolu ne changera strictement rien, comme toujours en UE depuis 50 ans, JUncker le serviteur des banques continuera d'imposer sa médiocrité financière à 500 millions de gens qui continueront à vomir massivement ce consortium financier européen dénué de fonctionnement démocratique.

D'un phénomène mineur vous en faites des caisses, votre rôle consiste à prendre du recul svp et non à faire l'hystérique comme tous les andouilles de la télé. Vous êtes sur internet là, sur lequel par exemple des gens comme elkabach sont totalement absents parce que leur imposture télévisuelle l'empêche, vous devez donc nous proposer un produit de meilleur qualité..

UN pe ude calme, de sérénité et surtout de sincérité on ne vote pour rien du tout.

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