Sepa : pourquoi il faut maintenir la pression

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Le report de la date butoir de la migration au nouveau format Sepa ne doit pas conduire à relâcher la pression sur les entreprises. Par Saskia Devolder, General Manager France & Benelux de Swift

Le 1er février 2014, date limite de migration au nouveau format SEPA (Single Euro Payments Area) devait constituer une étape majeure de l'année 2014 pour toutes les institutions concernées par les paiements en euros. Finalement, la première grande nouvelle de l'année fut la proposition de la Commission européenne d'étendre de six mois la période de transition. Les formats de paiements non-SEPA pourront donc toujours être utilisés jusqu'au 1er août prochain. Pour les équipes des banques et des entreprises de la zone Euro, qui travaillaient d'arrache-pied pour être prêtes au moment venu, cette décision est une surprise.  

Un état des lieux pas si noir

Lors de cette annonce, Michel Barnier, le commissaire européen aux services financiers, a bien expliqué qu'il s'agissait « d'une mesure de prudence pour empêcher les risques de perturbations des paiements et leurs potentielles conséquences pour les consommateurs et les PME spécifiquement ». Michel Barnier a également précisé que les taux de migration des virements et des prélèvements automatiques « ne sont pas assez élevés pour assurer une transition sereine au SEPA ».

La Banque centrale européenne a réagi en expliquant que les chiffres de décembre 2013 montraient une nette progression du taux de migration au cours du mois. Selon les chiffres les plus récents, 74 % des virements effectués dans la zone Euro étaient conforme au format SEPA à la fin du mois de décembre (contre 64 % en novembre), ainsi que 41 % des prélèvements automatiques (contre 26 % le mois précédent). L'expérience de SWIFT confirme cette vision positive de l'avancée du marché puisque nous constatons une progression significative du trafic généré par les paiements SEPA au cours de ces derniers mois.

Le risque d'accentuer le retard...

L'industrie se trouve aujourd'hui dans une situation complexe à gérer puisque l'extension du délai risque finalement de renforcer le retard pris en donnant aux institutions une excuse pour relâcher la pression. Néanmoins, le chaos qui aurait pu être engendré par une transition partiellement ratée aurait certainement été dommageable, notamment pour les PME, qui auraient pu, en lieu et place des effets positifs attendus, souffrir du blocage de leurs paiements.

Des bénéfices considérables pour l'industrie financière

Il faut bien garder à l'esprit les conséquences positives que va entraîner cette évolution. Monsieur Barnier a notamment rappelé : « Un marché unique performant a besoin d'un SEPA efficace. L'ensemble de la chaîne des paiements - consommateurs, banques et entreprises - bénéficiera du SEPA et de ses paiements plus rapides et plus économiques ».

En effet, l'étendue des bénéfices du SEPA est considérable. Les consommateurs pourront échanger avec tous les comptes du SEPA à partir d'un unique compte domestique et les paiements électroniques continueront de remplacer les espèces, contribuant à l'amélioration de la sécurité des transactions. Les PME pourront recevoir ou émettre des paiements en euros, où qu'elles soient, au sein de l'ensemble de la zone SEPA, dans les mêmes conditions. L'accélération des règlements et la simplification des process leur permettront d'améliorer leurs cash flows et de réduire les coûts.

Maintenir la pression...

Les plus grandes entreprises bénéficieront de standards communs afin de créer une plateforme standard et un format unique de paiements au sein de l'ensemble du SEPA, réalisant ainsi des économies considérables. Les banques auront, quant à elles, l'opportunité de développer des produits innovants, de pénétrer de nouveaux marchés et de gagner de nouveaux clients, tout en augmentant l'efficacité de leurs process de back offices.

Ainsi, malgré le report de la date butoir, il faut plus que jamais maintenir la pression afin d'être prêt avant le mois d'août. Au plus tôt les institutions et le marché dans son ensemble adopteront le SEPA, au plus vite ces bénéfices tant vantés pourront être appréciés.

Garder une longueur d'avance

Dès 2013, un des sujets d'actualité les plus discutés lors des conférences organisées par SWIFT en Europe était « quelle est la prochaine étape après le SEPA? » Le monde des paiements évolue rapidement et devient de plus en plus compétitif. Il est souhaitable que les banques gardent une longueur d'avance dans la mise en oeuvre du SEPA afin d'être bien positionnées dans le secteur compétitif des paiements. Pour lutter contre la menace des services de paiement mobiles, proposés par des entreprises qui ne sont pas des banques, les instruments de paiement traditionnels doivent être performants et adaptés au 21ème siècle.

En outre, l'industrie doit progresser sereinement vers l'extension du SEPA au-delà des pays de la zone euro en 2016. Le maintien de la pression pour migrer dès que possible permettra de gérer ce défi avec succès, alors que tout le secteur doit constamment faire face à de nouveaux challenges.

 

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Commentaires
a écrit le 26/03/2014 à 7:30 :
Bonjour, j'habite à l'étranger et j'ai une maison de campagne en France. AUCUN de mes fournisseur n'est passé pour de vrai au SEPA, TOUS mentent en prétendant être passé au SEPA ,mais en fait on ne peut pas se faire prélever ses factures sur un compte non français. Ni EDF, ni les Impôts (un compte, le ministère des finances qui fait la leçon aux entreprises en leur disant d'être prêtes pour le SEPA alors que lui-même ne l'est pas), ni SFR, ni France Telecom, aucune grande entreprise n'a un SEPA qui marche.
a écrit le 20/02/2014 à 16:03 :
Je suppose que l'on gardera SEPA quand on retournera à la monnaie nationale, ce serai dommage d'avoir perdu du temps pour rien!
a écrit le 20/02/2014 à 15:17 :
SEPA : C'est un nouveau moyen de payer 3,5 euros pour chaque virement ! Y'a pas de petits profits !
Réponse de le 21/02/2014 à 10:18 :
dans quel etablissement car y en a c"est gratuit

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