PME : à vos cartes, prêts... partez !

Alors que la carte bancaire séduit toujours davantage de particuliers, les TPE, mal équipées, accusent un retard handicapant pour leur compétitivité... Par Bernard Cohen-Hadad, Président du think tank Etienne Marcel, Président de la Commission financement de la CGPME.

4 mn

(Crédits : Reuters)

On comptait dans notre pays à la fin de l'année 2013, 75,5 millions de cartes SIM mobiles. Les réseaux téléphoniques mobiles et le web à travers les smartphones, les tablettes  accompagnent  tous les mouvements de notre vie et les échanges entre clients, salariés et entreprises. On peut donc se demander si, dans les relations commerciales, le chèque a encore un avenir. Une question qui n'est pas anodine tant en matière de gestion, de coûts et de sécurité pour les entreprises. Surtout pour les commerces dont les marges sont de plus en plus faibles.

 

La victoire de l'ultra-mobilité

Une enquête Edgar, Dunn & Company publiée par la Banque de France montre que le chèque a encore de l'avenir car il est utilisé prioritairement par les foyers pour payer les dépenses importantes. C'est aussi le moyen de paiement adapté pour "mieux contrôler ses dépenses". Cette suprématie a pourtant une limite : la carte bancaire (CB) est "préférée" par deux tiers des français car "on peut avoir le plus confiance" en elle.  La CB est privilégiée par les jeunes, les foyers aisés, les internautes. C'est la victoire de l'ultra-mobilité. L'utilisation de la carte bancaire comme moyen de paiement est devenu un geste naturel. Elle est perçue comme un attribut de liberté, voire de "richesse", en fonction des capacités de crédits et de la gamme de services qu'elle offre à son détenteur.

Plus de 61 millions de CB sont utilisées dans l'hexagone. Mondialisée, la France des consommateurs des clients et des prospects surfe sur l'internet pour des échanges, des achats, de l'information et prend définitivement de nouvelles habitudes. Les TPE et les PME - mal dotées en terminaux de paiements, en retard de vitrines sur internet, attachées à la matérialité des paiements - sauront-elles se saisir de la révolution du Mobile Point of Sale (mPOS) et du développement des cartes affinitaires ?


Des TPE sous équipées 

En France, les TPE sont sous-équipées. Du côté des entrepreneurs plusieurs raisons : les mentalités et le respect des modèles de paiements anciens : espèces, chèques et virements. Mais aussi la longueur des contrats de services CB, les commissions bancaires trop élevées pour les faibles utilisateurs et l'absence totale de flexibilité des offres. Du côté des banquiers développer ce marché n'a pas été une priorité. Peu de moyens, peu de marketing et encore moins de conseils et des offres promotionnelles restées dans les placards.

Comment  promouvoir des CB auprès des petites entreprises sans offres adaptées ou compétitives ? C'est pourquoi le développement du mPOS est l'occasion d'inverser la tendance. De prendre même une longueur d'avance avec les petites entreprises et dans les territoires. En effet, les pratiques à l'étranger montrent que cela marche. C'est un gain de temps, on peut limiter les coûts de gestion et d'abonnement, c'est un encouragement à la vente. On répond ainsi à une demande des consommateurs. Enfin la sécurité des paiements est effective pour les entreprises.



La carte affinitaire, un moyen de gagner en compétitivité ?

Le développement des cartes affinitaires est l'autre chantier sur lequel les PME doivent travailler avec les banques pour conquérir de nouveaux clients. D'ores et déjà les cartes co-brandées multifonctions d'enseignes se développent et bénéficient d'un attrait compte tenu des avantages et des services proposés. Elles valorisent l'adhésion, l'identification à la marque et répondent à un besoin de fidélisation de l'entreprise. Mais l'intérêt de la carte affinitaire se place sur un autre plan.

On passe vers un lien communautaire et participatif actif qui mêle l'individu, la communauté qu'il a choisi, les valeurs de l'entreprise, multimarques ou multiformes, et même la banque qui émet la carte. C'est cette nouvelle relation fondée sur un échange de services, un projet vraiment partagé, qui est productrice de relations croisées, d'intérêts et donc de richesses matérielles ou immatérielles.  Dans un contexte où personne ne veut perdre un client, le mPOS et les cartes affinitaires doivent intéresser les TPE et PME à toutes les étapes de leur développement. Réduire les coûts bancaires c'est à améliorer la compétitivité encore faut-il que les banquiers jouent gagnant-gagnant, avec les PME.

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