L'Iconomie, la troisième révolution industrielle ?

Pour survivre à la "3ème révolution industrielle", cette nouvelle économie qui nous déstabilise, Michel Volle a quelques idées. Note de lecture, par Jean-Paul Betbèze, Président Betbeze Conseil

5 mn

Pour gagner cette bataille numérique, il n’y a d’autre solution que la vigilance permanente, l’avance constante, en liaison avec « l’élitisme pour tous », autrement dit avec le meilleur apport de chacun à tous. Steve Jobs l'avait bien compris...
Pour gagner cette bataille numérique, il n’y a d’autre solution que la vigilance permanente, l’avance constante, en liaison avec « l’élitisme pour tous », autrement dit avec le meilleur apport de chacun à tous. Steve Jobs l'avait bien compris... (Crédits : Reuters)

Avec son nouvel ouvrage, « l'Iconomie » (*), Michel Volle délivre une thèse décapante sur notre futur, en liaison avec les forces qui sous-tendent l'informatisation. Et, en même temps, il nous fournit les clefs analytiques de sa démarche, de manière très transparente. Il montre, compare et démonte. Pour avancer, il nous propose de comprendre ce qui va se passer dans les nouvelles relations entre production et consommation, bref de définir cette « troisième révolution industrielle » que nous vivons. Elle détruit et nous inquiète tous, bien sûr, mais elle nous donne les clefs de la solution, notamment pour les pays industrialisés. C'est donc un livre d'économie qui part de la révolution scientifique que nous vivons pour déboucher sur un message d'espoir, un message humaniste. Il nous propose, au fond, une nouvelle complémentarité entre la finesse et la sensibilité de l'homme et la capacité de traitement de la machine.

Une crise qui nous donne les moyens de la reconquête

Pour lui, cette révolution est celle de « l'informatisation », autrement dit de l'articulation toujours plus fine et rapide entre analyse, détection et satisfaction des besoins. Et c'est cette dynamique seule, si nous la maîtrisons et nous la comprenons bien, qui nous permettra de nous battre et de gagner, par rapport aux concurrents des pays industrialisés et surtout à ceux des pays émergents. Car, pour Michel Volle, cette iconomie qui explique notre crise nous donne en même temps les moyens de la reconquête.

L'auteur cite ses références : Bertrand Gille et (plus encore) Gilbert Simondon et ses oppositions : Jeremy Rifkin et (moins encore) Michel Serres. Il  ne dissimule pas ses choix ! Il parsème son travail de graphiques et de courbes de coût, notamment en montrant très clairement ce qu'est cette iconomie. C'est très utile car elle a la caractéristique singulière d'être uniquement à coûts fixes, donc de fonctionner avec un coût marginal nul. C'est là que tout change.


La vigilance permanente 

Cette iconomie nous fait entrer en effet dans un monde de rendements d'échelle croissants, et c'est alors le monopole mondial qui nous attend, activité par activité, sauf à nous différencier constamment des prestations offertes. C'est la situation de concurrence monopolistique qui est notre vraie solution par rapport au gigantisme venu, en plus, des pays à bas salaire. Mais cette concurrence monopolistique, combinaison de concurrence et de monopole vient seulement - dans ce monde de machines et de calculs - de chacun de nous, si et seulement si nous faisons ce qu'il faut.

En effet, la vraie différence ne vient plus du coût (puisque le coût marginal est nul) mais de l'attention portée par chacun au client. C'est obligatoire, puisque cette économie pardonne moins qu'aucune autre : elle est en effet l'économie du risque maximum puisque c'est une économie de coûts fixes ! Il faut être toujours plus gros pour exister dans ce monde sans frontière. Exister veut dire être constamment le meilleur, autrement les solutions d'un jour - qui mènent au succès, peuvent être dépassées, déclassées, refusées le lendemain. Si on ne suit pas, ne s'adapte pas en permanence, ne prépare pas le coup d'après, n'étonne pas constamment, on passe du monopole mondial au produit dépassé. Qui se souvient de Nokia et de Blackberry - ces idoles d'hier ? Pour gagner, il n'y a d'autre solution que la vigilance permanente, l'avance constante, en liaison avec « l'élitisme pour tous », autrement dit avec le meilleur apport de chacun à tous. Derrière ces shows des grands patrons de l'informatique, avec l'insurpassé Steve Jobs, il y a l'avancée constante, la surprise, la proximité et l'élégance.

 

Un message d'espoir

Dans ce monde globalisé et toujours plus informatisé, qui a donc tendance à être plus anonyme et impersonnel, c'est ainsi l'individu qui fera la différence.

« Pour qu'un changement du système sur lequel s'appuie une société puisse se produire, il ne suffit pas que les techniques soient disponibles. Plusieurs autres conditions sont nécessaires : il faut qu'une évolution de la sociologie ait modifié les rapports de pouvoir, que la philosophie ait légitimé les schèmes qui permettent de représenter des choses nouvelles, que la métaphysique des valeurs ait été bousculée, que les institutions enfin soient déstabilisées. Le changement se préparer sur tous les claviers de l'anthropologie » (p.32).

Derrière l'informatisation et sa logique, derrière ce risque du rabotage mondial des salaires et des prestations qui nous effraie, c'est en réalité chacun qui fait - en conscience - sa différence, la différence. Pour gagner dans la nouvelle concurrence internationale, il faut donc informatiser plus mais en individualisant beaucoup plus. Comme l'écrit Michel Volle :

« Pour que l'alliage du cerveau et de l'automate puisse être fécond, l'entreprise de l'iconomie a … besoin de stratèges lucides et d'animateurs. La France dispose ainsi d'un avantage que les économistes, dans leur jargon, qualifieront de « compétitif » mais qui résulte simplement du fait d'oser être soi-même, d'assumer ce que l'histoire a fait de nous et de savoir en tirer le meilleur parti » (page 194).

C'est donc un message d'espoir que nous donne ce livre, mais d'espoir rationnel - parce qu'exigeant. En même temps, il montre l'ensemble des changements à préparer et coordonner, écoles, entreprises, régions… pour réussir à sortir de cette crise, qui est en fait la lutte entre l'économie ancienne et celle qui naît. On aura reconnu l'iconomie.

 

(*) Michel Volle, Iconomie, Préface de Laurent Faibis,  Xerfi Economica 2014, 227 pages, 19 euros

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Commentaires 3
à écrit le 31/03/2015 à 16:45
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Le souci c'est que justement les changements techniques sont accompagnés de transformations sociologiques très profondes (au niveau familial notamment) et de réorganisations hiérarchiques radicales, et que cette rupture se fait avec très peu d'outils...

à écrit le 20/05/2014 à 22:46
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Betbeze show !! C'est du grand n'importe quoi ce bouquin !! Personne ne peut prédire ce que sera le modèle économique de la planète.L'e-conomy n'est qu'un véhicule parmi tant d'autres. Il faut se pencher beaucoup plus sur la cyber gouvernance de ce m...

à écrit le 20/05/2014 à 17:49
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Non Monsieur votre livre n'est pas dans le coup, c'est creux et has been a écrit et été publié à 13.42 ça c'est du décervelage à deux balles cinquante. 1. Premièrement l'initiative personnelle ou individuelle ne peut réussir sans le groupe qui crée...

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