Accroître l’utilisation des transports publics : un enjeu de société !

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(Crédits : O. Panier des Touches / Capa Pictures)
OPINION. A l'heure où l'Europe se prépare au déconfinement, divers textes en cours d'adoption doivent accélérer la décarbonation de la mobilité. Les transports publics font figure de meilleur élève en matière d'émissions de CO2 mais également en matière de mobilité accessible. Il est temps de remettre le transport public au coeur de politiques publiques plus ambitieuses. (*) Par Thierry Mallet, président de l'Union des Transports Publics (UTP), et également PDG de Transdev.

A l'heure de l'examen de la loi « Climat et résilience » en France et de l'adoption du Green Deal par l'Union européenne, les transports font figure de mauvais élèves : ils produisent 30% des gaz à effet de serre et leurs émissions ont augmenté de 18% depuis 1990.

Pour autant, la mobilité reste un droit inaliénable qui doit rester accessible de manière équitable à tous les citoyens. Cette réalité se fait d'autant plus forte que la crise sanitaire et ses impacts économiques fragilisent certaines populations et font peser un risque de fractures sociales et territoriales à notre pays.

Comment permettre à tous de se déplacer et, dans le même temps, réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 ? Il faut donner aux transports publics une place à la hauteur de leurs bénéfices pour l'environnement et pour la qualité de vie. Le métro, le tramway et le train émettent de 1 à 6 grammes CO²/km.voyageur  et le bus 130 grammes contre 203 grammes pour la voiture individuelle. (1)  Ils permettent de limiter la congestion et ses impacts (bruit, sécurité, pollution, etc.) dont le coût est estimé à 270 milliards d'euros par la Cour des comptes européenne. (2)

La France a la chance d'être dotée de réseaux de transport public et ferroviaire performants, répartis sur tout le territoire et qui desservent les agglomérations de toutes tailles. Remporter l'adhésion des Français pour ces moyens de transport nécessite de les inscrire dans une dynamique résolument proactive. La sortie de la crise sanitaire doit donc se traduire par une ambition encore plus forte pour le secteur, le seul à garantir la mobilité pour tous.

A cet effet, l'Union des Transports Publics (UTP) appelle à :

-         adapter et redéployer l'offre de transports et sa tarification en fonction des nouveaux besoins et pratiques (télétravail, modes actifs, etc..) et intensifier les actions prévues dans le plan de relance pour régénérer le réseau ferroviaire, soutenir les transports urbains en site propre et les infrastructures favorisant l'intermodalité et les mobilités douces ou encore développer des services express métropolitains ;

-        mettre en œuvre rapidement des évolutions engagées, notamment par la loi d'orientation des mobilités, tel l'accompagnement des nouvelles autorités organisatrices de mobilité dans leur prise de compétences sur les territoires où il n'existe pas d'alternatives au véhicule individuel, le développement d'outils MaaS, l'ouverture à la concurrence des services routiers en Ile-de-France et des services ferroviaires ;

-        doubler à un milliard d'euros le montant de l'appel à projets « transports collectifs en site propre » du Gouvernement pour concrétiser les 115 projets, représentant un investissement de 3,9 milliards d'euros, prêts à être mis en œuvre en France pour réduire la pollution dans 38 aires urbaines ;

-        négocier avec la Commission européenne un assouplissement des règles de financement public pour le verdissement des flottes et la création, dans le cadre du plan de relance, d'un fonds de 650 millions d'euros dédié à la transition énergétique du transport public.

Pour réussir la lutte contre le changement climatique tout en veillant à l'inclusion sociale de tous les citoyens, quels que soient leur pouvoir d'achat, leur niveau d'autonomie et leur territoire, la France et l'Union européenne doivent soutenir une offre de services de mobilité propre et pertinente en tout point de leur territoire.

___

1)     Base Carbone, ADEME.

2)     Cour des comptes européenne, Rapport spécial Mobilité Urbaine, juin 2020.

Lire aussi : Le numérique, la solution pour répondre aux enjeux de la mobilité post-Covid ?

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Commentaires
a écrit le 20/04/2021 à 21:58 :
Oui mais :

Quand on habite Nancy ou Metz, on n'a que faire d'une gare située entre les deux villes.
Quand on habite Montpellier, comment utiliser une gare TGV dans la pampa,
Quand on habite Aix en Provence, comment utiliser la Gare Aix TGV loin de tout.
Quand on habite en Ile de France, il n'y a jamais aucun TGV en banlieue le soir, mais tous sont à Paris intra muros qui perd des habitants, alors que Massy, Charles de Gaulle, Versailles ou d'autres villes peuvent accueillir des trains.

Oui au transport en Train, mais pensons mieux les emplacements des gares et les horaires des trains, sinon, faire le tout train engendrera que des contraintes sans parler de l'épée de Damoclès des grèves.

C'est le train qui doit s'adapter à la société et non l'inverse.
a écrit le 20/04/2021 à 19:10 :
l'enjeu de société au niveau du transport public n'est pas d'en accroitre la capacité mais d'en sécuriser le fonctionnement en termes d'activité continue garantie , d'hygiène et sécurité physique des usagers ,et de tarification accessible pour tous . ça passe donc en premier lieu par l'interdiction du droit de grève des agents en charge des flux d'activité , la légalisation de la réquisition de tous personnels habilités par les autorités publiques , et par une révision des statuts et conventions spécifiques aux agents de ce secteur . sans oublier une nécessité impérieuse de restauration de productivité au niveau de ceux de nos principaux concurrents européens .
ensuite devront être corrigés les inégalités de subventions publiques de fonctionnement et investissement accordées massivement aux métropoles urbaines au détriment des zones de moyenne et faible densité de population . et puis , sujet qui peut fâcher certains , il sera nécessaire de libéraliser en totalité le secteur du transport ferroviaire tant pour les voyageurs que pour les marchandises , comme cela a déjà été entrepris dans d'autres secteurs d'activités d'intérêt général .
a écrit le 20/04/2021 à 12:26 :
Les transports publics c'est très bien, mais les déplacements inutiles c'est encore mieux!
a écrit le 20/04/2021 à 11:33 :
La France investit dans le train. Et encourage son utilisation apparemment :
d'après la presse anglaise, le prix des abonnements est particulièrement raisonnable dans l'Hexagone (Tracking the cost : UK and European rail commuter fares compared - in data, The Guardian, 06/01/2017).
La part du transport ferroviaire dans le transport terrestre de personnes est la 3e la plus élevée de l'UE (Eurostat). Hausse de 7% de la fréquentation du train en 2017, contre 0,4% pour l'utilisation de la voiture (Arafer, 12/2018). Hausse significative du trafic voyageurs au 1er semestre 2019 (Les Echos, 31/07/2019).
La France est le premier investisseur dans le Tramway (In praise of the tram : Britain's lost network and the future of transport, The Guardian, 24/08/2018).
Le prix des transports publics urbains français est raisonnable, selon le GoEuro Urban Transit Price Index.

pour rappel aussi :
Les ventes de véhicules électriques/hybrides sont solides (AVERE France ; Bloomberg).
Investissement dynamique dans les bornes de recharge électriques (Global EV cords top 1 million, Bloomberg, 05/08/2020).
Succès de la prime à la conversion, notamment pour les ménages modestes (Automobile : bilan largement positif pour la prime à la conversion, Les Echos, 31/10/2019).
Les voitures françaises sont celles qui émettent le moins de CO2, avec les Toyota (Monitoring CO2 emissions from new passenger cars and vans in 2017 - Annex 3, European Environment Agency, 04/2019 ; PSA et Renault champions de la décarbonation en Europe, La Tribune, 15/12/2020).
a écrit le 20/04/2021 à 10:58 :
Quand on voit le succès mérité du tramway à Bordeaux mais que l'on mesure également l'ampleur des travaux qu'il a fallu réaliser afin d'y installer les voies ferrées, avec la technologie actuelle ne pourrions nous pas généraliser dans toutes les villes ce principe grâce à la performance des calculs informatiques qui doivent pouvoir sans problème générer les mêmes parcours aux mêmes heures en le couplant avec des batteries électriques ou mieux des moteurs à hydrogènes permettant ainsi de faire chuter le coût des installations de ce type ?

Parce qu'il fallait voir les dégâts sur bordeaux du chantier qui en plus a duré de nombreuses années. Un moteur à hydrogène coutant même forcément bien moins cher. Non vous en faites pas c'est encore une super idée gratuite mais je fais du bénévolat ici, vu que visiblement notre pays est en carence majeure de dirigeants intelligents et visionnaires, faut bien que quelqu'un réfléchise à leurs places hein et comme ils n'aiment pas payer les gens plus intelligents qu'eux il ne reste plus que les forums ! :-)
Réponse de le 20/04/2021 à 12:10 :
On n'a pas encore penser a installer un pédalier a toute les places assises?
Réponse de le 20/04/2021 à 13:02 :
Pauvres productifs ils sont déjà bien assez lessivés comme ça... ils méritent au moins de se promener à l'air libre ! Et pas sous terre comme des rats dans le métro parisien et ailleurs.

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