Entre le « tout gratuit » et le « tout payant » la société perd ses repères

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Les bus gratuit à Dunkerque
Les bus gratuit à Dunkerque (Crédits : DR)
IDEE. S’il n’est pas question ici de remettre en cause la propriété, il est essentiel de s’attarder sur les dérives d’une privatisation globale et regarder de plus près les tentatives du tout-gratuit. Par Eric Vernier, Université de Lille et L'Hocine Houanti, Excelia Group – UGEI

Suppression totale des tickets de transport en commun, comme pour les Parisiens seniors, les personnes handicapées et les enfantslogiciels offerts tels que LibreOffice, OpenOffice, VLC Media Player, Blender ou encore Clementine, petits déjeuners et goûters donnés à l'école, cartes bancaires gratuites... De plus en plus d'initiatives publiques et privées tendent vers une généralisation de la gratuité.

Pourtant à l'inverse, un phénomène opposé émerge en France et dans le monde : celui de la privatisation totale - défendant l'idée que tout service doit être rémunéré -, y compris, ce qui peut paraître impensable, le vivant. Il nous semble nécessaire de nous pencher sur certains excès liés au tout-privé.

Ainsi, nombreux sont ceux qui défendent le « paiement à l'usage » généralisé, comme nous avons pu en discuter dans un précèdent article pour The Conversation.

Dans cette perspective, il est alors à craindre que le concept du « tout-payant », entraîne la défaillance des contreparties, c'est-à-dire des clients, laissant une majorité de la population sur le carreau avec des conséquences économiques désastreuses.

Mais qu'en est-il réellement ? Plusieurs concepts ont cheminé en parallèle de cette approche. L'un d'eux, ardemment défendu aujourd'hui, est celui de l'open source, qui s'oppose violemment au principe de l'usager-payeur et évolue depuis les années 1980. Ces modèles peuvent-ils cependant changer la façon de concevoir les politiques publiques oscillant entre le tout-payant et la gratuité ?

Le modèle de l'open source

Le logiciel libre a été créé par Richard Matthew Stallman dans les années 1980. Il lance en 1983 le projet GNU et la licence publique générale connue sous le sigle GPL. Stallman estime que les programmes informatiques doivent être librement utilisés, analysés et modifiés.

À la fin des années 1990, l'appellation « open source » se substitue à celle du logiciel libre pour désigner les programmes réalisés collectivement, de manière décentralisée et dont le code source est disponible et modifiable, créant ainsi de nouveaux logiciels et des applications originales.

Patrice Bertrand, président de l'Open World Forum 2012 rappelait dans un article de La Tribune que :

« À certains égards, l'open source est un mouvement humaniste. Il considère que le logiciel est, à la manière de la connaissance scientifique, une forme de patrimoine de l'humanité, un bien commun que nous enrichissons collectivement, pour le bien-être de tous. »

Ce n'est donc pas l'idée d'un logiciel gratuit, mais d'un programme libre dans le sens où tout le monde peut l'amender, le transformer.

Une logique libertaire noyautée par la marchandisation

Globalement, dans la logique libertaire des défenseurs de l'open source, c'est la mise en accès libre de codes sources de logiciels pour une accessibilité publique et gratuite (Open Office, Bootstrap...). Ce modèle bascule cependant progressivement vers un monde davantage marchand.

De nouveaux acteurs économiques, comme Sun Microsystems, IBM ou Novell, investissent le secteur en plein essor - porté par la pression médiatique et les lobbies - avec de véritables stratégies de vente de solutions, de prestations de service et de rentabilité des investissements.

Aujourd'hui, selon une étude de Pierre Audouin Consultants, le marché l'open source français pèse 4,4 milliards d'euros, soit plus de 10 % du secteur des logiciels et services avec une croissance annuelle de 8 %. Nous sommes loin de l'image du hippie utopiste ou du gentil hacker.

La littérature économique traite ce phonème sous l'angle individualiste, se penchant sur l'intérêt donnant une rationalité à cet acte. En effet, l'agent économique, ici le développeur, met à disposition de la communauté un logiciel virtuel avec des contreparties monnayables dans la sphère marchande, notamment la réputation acquise au sein des communautés.

Des logiciels ouverts nécessaires

Le scandale Volkswagen, de 2009 à 2015 avait pourtant relancé le débat sur l'open source dans le monde de l'automobile et démontré l'intérêt des logiciels ouverts.

Le constructeur allemand avait en effet embarqué dans ses véhicules un système permettant de détecter les contrôles d'émissions de particules et d'en truquer les résultats pour être en conformité avec la loi et les standards exigés en Europe et aux États-Unis notamment.

Les codes utilisés dans l'industrie automobile sont protégés par le Digital Millennium Copyright Act aux États-Unis et par l'European Copyright Directive en Europe, mais un droit d'accès peut être accordé. Or, les constructeurs peuvent refuser cette latitude en invoquant des raisons techniques, ou « technological protection measures » (TPMs).

Mais si l'open source n'est pas réellement toujours synonyme de gratuité, certaines organisations ont fait ce pari.

La gratuité dans les transports

Récemment, la communauté urbaine de Dunkerque annonçait la totale gratuité de ses transports en commun. La démarche est ancienne : Compiègne avait initié le mouvement dès 1975 et une trentaine d'autres villes françaises lui ont emboîté le pas (Châteauroux, Gap, Niort, Vitré, Aubagne...).

La fréquentation des bus a immédiatement bondi au détriment de la voiture, avec des conséquences positives sur l'environnement, les fameuses externalités (retombées positives ou négatives d'une action) : au bout de quatre mois, + 120 % le week-end et + 50 % en semaine. Et les chiffres ne cessent d'augmenter.

La gratuité des transports publics à l'échelle d'un pays entier existe aussi avec l'Estonie depuis 2018 et le Luxembourg pour 2020.

L'objectif est évidemment de pousser les automobilistes à substituer leurs véhicules par les modes communs plus vertueux écologiquement tout en désengorgeant les agglomérations. Le modèle est critiqué, notamment par la Fédération des associations d'usagers des transports (Fnaut) qui met en évidence des vices cachés.

Premier grief, la déconsidération des biens liée à la gratuité engendrerait l'accroissement des dégradations. L'argument a été vite balayé par le maire de Dunkerque qui évoque 60 % de dégradations en moins pendant les week-ends de gratuité.

Le second argument suppose que la gratuité ne permet pas un report modal significatif de la voiture vers le transport public, selon l'organisation patronale des opérateurs. Le cas de Dunkerque prouve pourtant le contraire.

Face à ces expériences intéressantes et apparemment réussies, la généralisation de la privatisation semble cependant une tendance lourde y compris de ce qui semblait être des biens communs gratuits et accessibles à tous ou du vivant.

La marchandisation du vivant

Les paysans ne peuvent plus produire naturellement leurs propres graines. Les semences désormais stériles et accaparées par les grands groupes internationaux tels Bayer (Monsanto), doivent être achetées chaque année au prix fort, plongeant les agriculteurs dans la misère. Nous le constatons depuis longtemps en Inde où des millions de paysans ont été réduits à l'exode urbain, y laissant parfois la vie. Aujourd'hui, quatre multinationales (avec DuPontDow, Syngenta et Limagrain) possèdent deux tiers des semences et trois quarts des pesticides mondiaux.

Ainsi une enquête de Cash Investigation a révélé que le kilo de graines de tomate pouvait atteindre 400 000 euros. Au-delà des semences, c'est l'ensemble du vivant qui est privatisable dans de nombreux pays.

L'appropriation du patrimoine génétique est apparue en 1980 aux États-Unis. En 1972, le microbiologiste Ananda Chakrabarty, au service de General Electric, dépose une demande de brevet pour une bactérie génétiquement modifiée capable d'absorber le pétrole. La Cour suprême américaine estimera en 1980 que la loi sur les brevets ne doit pas faire de distinction entre le vivant et l'inanimé.

Ainsi, en 1982, deux généticiens d'Harvard, Phil Leder et Timothy Stewart, introduisent dans une souris des gènes qui la rendent vulnérable au cancer et déposent le brevet de l'oncosouris.

La souris est alors en quelque sorte « privatisée », à partir du moment où il est considéré que l'organisme modifié est une invention et donc brevetable.

Aujourd'hui, la pratique est relativement courante puisque nombreux parmi les brevets déposés aux États-Unis concernent des organismes vivants.

Les espaces naturels vers le tout privé

Les espaces sont souvent privés (propriétés, terrains...), mais certains territoires qui paraissaient appartenir à l'humanité, c'est-à-dire en quelque sorte à personne, deviennent la proie de toutes les tentations financières. On pense ainsi à l'extension rapide des plages privées dans le monde même si la France demeure restrictive en la matière ou encore la privatisation des mers et des océans, qui, selon la professeure de droit public Nathalie Ros « cesse peu à peu d'être un mythe pour devenir une réalité ».

L'appropriation de l'Arctique est également en marche : cette zone géostratégique clef et riche en ressources (hydrocarbures, terres rares, métaux...) suscite intérêt et jalousie de la part d'États comme la Chine. On note aussi la vente et location d'îles paradisiaques en Polynésie française.

Enfin l'espace lui-même se privatise. Le Space Act voté en 2015 par les États-Unis, permet aux firmes américaines de prospecter l'eau, les métaux, les astéroïdes et les planètes, de les extraire, les exploiter et les vendre, laissant la plupart des pays incapables techniquement et financièrement d'envoyer des aéronefs dans l'espace sur la touche.

Nous sommes donc loin du du Traité de l'espace de 1967 qui interdisait justement cette exploitation privée des ressources extra-terrestres...

La guerre des mots

A cette liste viennent se rajouter les projets de privatisation des routes ; les barrages hydrauliques en France avec les risques que cela comporte en termes de sécurité ; les projets liés à l'homme augmenté ; et même les mots.

Ces derniers deviennent le centre de toutes les attentions. Nous nous souvenons tous d'un secrétaire d'État au commerce (Thomas Thévenoud) qui eut maille à partir avec le fisc et qui déclara souffrir de phobie administrative. Il finit par déposer cette expression à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI). Le combat contre Yves Saint-Laurent pour interdire l'appellation de son parfum Champagne en 1993 est aussi encore dans nos esprits. La privatisation syntaxique vaut quelques coups de gueule sur les réseaux.

La propriété intellectuelle aboutit ainsi à des abus traqués par les journalistes Lionel Maurel et Thomas Fourmeux et qui indiquent quelques exemples afin de

« dénoncer ce racket qui repose sur l'appropriation abusive d'un mot courant ».

Face à cette généralisation, un risque peut survenir, celui de défaut de la contrepartie.

Le risque de contrepartie

Le risque de contrepartie, principe financier, repose sur le risque de défaillance d'un emprunteur qui ne peut plus rembourser l'ensemble de sa dette. De manière extensive, c'est l'incapacité au perdant ou au débiteur de payer le gagnant ou le créancier. La crise des subprimes en 2007 en est la parfaite illustration, créant une crise mondiale sans précédent.

Or, la privatisation tous azimuts entraîne non seulement un nouveau coût supplémentaire pour des biens et des services auparavant gratuits (plages, routes, semences...), mais en outre cette charge augmente rapidement. L'exemple du rail est édifiant.

En effet, malgré le discours arguant la baisse des tarifs induit par la privatisation du transport ferroviaire, les exemples allemands et anglais la réfutent.

Ainsi, en Grande Bretagne, les prix du billet sont six fois supérieurs à la moyenne européenne pour un service de moindre qualité et ont bondi de 25 % (hors inflation) depuis 1995. La hausse est plus spectaculaire encore en Allemagne. De 2005 à 2016, les tarifs moyens ont explosé de 40 % pour les trains régionaux (environ 2,2 fois plus vite que l'inflation sur la période) et de 31 % pour les trains longue distance (environ 1,7 fois plus vite que l'inflation). Dans tous les cas, une entreprise privée intègre dans ses charges le coût du capital qui représente la rémunération qu'elle doit verser aux actionnaires et aux agents qui l'ont financée.

De ce fait, elle est dans l'obligation de le répercuter dans le prix de vente final et s'avère systématiquement plus chère qu'une entreprise publique. Ou alors elle abandonne le produit non rentable comme récemment Medtronic qui a stoppé la fabrication de la pompe à insuline, pourtant vitale pour nombre de jeunes diabétiques.

Le leurre du tout gratuit ?

Rappelons cependant que la gratuité est un leurre puisqu'elle repose généralement sur des prélèvements fiscaux ou sociaux, tels les soins à l'hôpital par les cotisations sociales salariales et patronales. Elle peut aussi trouver sa contrepartie dans la vente des données personnelles comme le pratiquent Facebook ou Google.

De même le troc n'est pas non plus la gratuité puisqu'il y a échange marchand, seule l'intermédiation monétaire ayant été éliminée.

Il n'est pas question ici de remettre en cause la propriété, mais de dénoncer les dérives dangereuses d'une privatisation globale.

Rendons hommage à Michel Serres, récemment disparu :

« Si vous avez du pain, et si moi j'ai un euro, si je vous achète le pain, j'aurai le pain et vous aurez l'euro et vous voyez dans cet échange un équilibre, c'est-à-dire : A a un euro, B a un pain. Et dans l'autre cas B a le pain et A a l'euro. Donc, c'est un équilibre parfait. Mais, si vous avez un sonnet de Verlaine, ou le théorème de Pythagore, et que moi je n'ai rien, et si vous me les enseignez, à la fin de cet échange-là, j'aurai le sonnet et le théorème, mais vous les aurez gardés. Dans le premier cas, il y a un équilibre, c'est la marchandise, dans le second il y a un accroissement, c'est la culture. »

The Conversation _______

Par Eric VernierDirecteur de la Chaire Commerce, Echanges & Risques internationaux - ISCID-CO, Université du Littoral Côte d'Opale, Chercheur au LEM (UMR 9221), Université de Lille et L'Hocine HouantiAssociate professor, Excelia Group - UGEI

 La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

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Commentaires
a écrit le 10/09/2019 à 11:09 :
Pourquoi vouloir enfermer le débat entre deux termes extrêmes, la gratuité absolue et le rien gratuit ?

Tout le monde navigue entre ces deux repères en permanence tout en n'étant dupe de rien. De plus en plus la société pousse les individus à s'interroger sur les "business modèles" qui sous tendent les produits "gratuits", les applications , les cadeaux, les isolations à 1€, les remises à 90%...

Et les gens en arrivent à la conclusion que pour ce qui est du secteur marchand, rien n'est gratuit et que le marchand attend un retour financier de son "cadeau".

Est ce à dire que tout est mercantile?... bien sur que non, la vie affective, amicale, familiale, professionnelle, relationnelle, échappent en grande partie au mercantilisme.

D'où le leurre de la gratuité dans lequel les esprits mal formés tombent. Ils en arrivent à pense que ce qui est gratuit est un cadeau amical donc plein de bonnes intentions. C'est évidemment une erreur.
Réponse de le 10/09/2019 à 12:56 :
Vous avez raison en économie la gratuité n'existe pas! C'est bien un leurre au même titre que qu'une remise, une réduction fidélité,les soldes etc...on appâte, a terme, le chaland car tout travail fait et c'est bien le cas aussi dans un logiciel opensource a un prix. Dans ce cas certaines personnes développent des logiciels qu'elles mettent à disposition des autres, ils sollicitent la plupart du temps un "don" celui qui peut et/ou celui qui n'est pas trop pingre participe et pour le développeur c'est mieux que rien. Ce partage est essentiel car il créé une solidarité et permet à ceux qui n'ont pas ou peu de moyens de se débrouiller. C'est surtout pour ces gens là que la supposée gratuité est primordiale mais grosso modo se sont les autres qui paient bref c'est un équilibre En clair celui qui n'a pas les moyens de toutes façon ne paiera pas soit il utilise les produits dit gratuits ou libres soit il pirate.... mais il ne paie pas et le commerçant est perdant ...
a écrit le 09/09/2019 à 14:01 :
C'est vrai que plutôt que de parler de "gratuité" des transports, on ferait mieux de parler de "subvention totale" quand il s'agit de financement par la puissance publique.
Réponse de le 09/09/2019 à 22:59 :
... de service public.

Je sais c'est un gros mot pour certains. :-)
Réponse de le 11/09/2019 à 16:03 :
Vous avez raison,les transports publics en France sont déjà subventionnés à 80%(y compris Paris et Lyon) en moyenne et même à 90% dans certaines villes. Aubagne(100000 habitants),Niort(140000) et Dunkerque(200000 habitants), étaient à 90%, avant de passer à la subvention totale en 2009,2017 et 2018 respectivement. Tallin capitale de l' Estonie(400000 habitants) est passée à la "gratuité" totale en 2013 et le reste de l'Estonie en 2018.-2019.Le Luxembourg passe à la subvention totale en 2020,même pour les trains intercités en 2e classe.
a écrit le 09/09/2019 à 13:45 :
C'est gratuit jusqu'au jour où vous réalisez qu'au scanner qui aurait pu détecter votre cancer les instances publiques ont préféré utiliser l'argent du contribuable pour financer vos ballades le dimanche en bus, là c'est vous qui en payez le prix. Ce qu'on appelle gratuité est un arbitrage budgétaire, bien trop souvent guidé par des choix d'ordres électoralistes plutôt que par la notion d'utilité publique.
Réponse de le 09/09/2019 à 23:19 :
J'ai du mal à voir la connexion entre les finances des régies de transport municipales et celle des hopitaux. Pas le même budget, pas le même financement, pas les mêmes décideurs. Disons que la comparaison est maladroite.

Où vous avez totalement raison c'est en affirmant que faire de la politique c'est de faire des choix qui marquent une certaine vision de la société.

En décidant de renoncer à l'ISF et à l'imposition proportionnelle des dividendes boursiers, l'état à renoncé à 6 milliards de revenus annuels, à comparer aux 750 millions annoncés par Buzyn sur 4 ans pour les services d'urgence.

Pour les 98% de la population qui ne sont concernés ni par l'ISF, ni par les dividendes , c'est une double peine. Ils sont toujours plus mal pris en charge en cas d'accident tout en payant plus de cotisations.
Réponse de le 12/09/2019 à 1:12 :
sombre@,vous avez raison.La seule connexion que je vois entre les 2 thèmes,le financement de la sécu et le transport public non payant est positive.Le transport public "gratuit" permet d'interdire la circulation des voitures thermiques dans les grandes villes , avec diminution spectaculaire de la pollution et donc diminution des maladies respiratoires et cardiaques et des arrêts de travail, avec des économies à la clé très conséquentes pour la sécu.
La diminution de la pollution est une des externalités positives , parmi beaucoup d'autres, de la subvention publique totale du transport urbain.
a écrit le 08/09/2019 à 10:04 :
Il faut comparer des choses comparables : avec l'Open Source on ne paye pas de licence mais on doit avoir des développeurs. La ressource elle-même ne coûte rien. Il n'en est pas de même des services publics. Pour ma part je préfère une mécanique de redistribution universelle (liée à l'impôt direct) mais par ailleurs un achat des services. Les opérateurs peuvent être publics ou privés mais le marché est régulé. Ca peut très bien fonctionner pour l'école, la santé, les transports...L'essentiel est que la redistribution donne à chacun les mêmes droits fondamentaux mais chacun peut ensuite choisir son opérateur.
Réponse de le 10/09/2019 à 10:51 :
La ressource n'est pas vraiment gratuite, elle a eu un coût de fabrication.

Ce qui différencie l'Open source c'est que les inventeurs ont choisi de rendre publique le code. L'intérêt pour la société des logiciels open source est sous estimé.

Juste une petite anecdote pour illustrer mon propos.

Un des meilleurs moteur de calcul des écoulement souterrains a été développé dans les années 80 par une université américaine qui a choisi de le rendre public. Des dizaines de sociétés de développement de logiciels de modélisation s'en sont emparé, l'ont amélioré, lui ont donné des interfaces plus conviviales et efficaces, ont ajouté des modules et ont créé un marché planétaire qu'ils occupent quasi seuls.

A cette époque à peu près, un organisme de recherche français a également créé son propre logiciel d'hydrologie, au moins aussi efficace que son équivalent US mais a choisi de garder les codes pour lui.

Ce logiciel est resté confidentiel, les coût de développement n'ont jamais été amortis et le moteur de calcul n'a permis à aucune société privée française de créer une alternative aux logiciels US.
Résultats, ce sont des centaines de milliers d'euros qui chaque année partent aux USA en achats de logiciels et de licences.

Je pense qu'on pourrait multiplier les exemples. Il y a un point ou le protectionnisme de la propriété intellectuelle devient contre-productif.
a écrit le 08/09/2019 à 8:11 :
"Dans tous les cas, une entreprise privée intègre dans ses charges le coût du capital qui représente la rémunération qu'elle doit verser aux actionnaires et aux agents qui l'ont financée"

L'unique raison faisant que la privatisation est un échec systématique et dramatique pour le consommateur.
Réponse de le 08/09/2019 à 14:32 :
Je ne suis pas d'accord. La plupart des biens de consommation que nous utilisons sont fabriqués par des entreprises privées et grâce à la concurrence qu'elles se livrent, elle proposent des produits beaucoup plus satisfaisants que ceux fabriqués dans le cadre d'une économie planifiée, sans financement du capital.
Les fournisseurs de capitaux sont des acteurs économiques comme les autres et il est normal qu'ils soient rémunérés à la hauteur des risques qu'ils prennent. De plus, je connais des entreprises qui n'ont jamais versé de dividendes à leurs actionnaires privés. Ce sont des PME pour la plupart.
Si votre propos se limite à la libéralisation dans les transports ( ouverture à la concurrence, arrivée d'opérateurs privés) , c'est évidemment un facteur de croissance considérable quand on regarde les effets sur la route et l'aérien. Le rail a été partiellement tenu à l'écart car il n'est pas libéralisé pour le transport de personnes en France. Les exemples en GB et en Allemagne montrent une meilleure croissance de trafic et un coût moindre pour le contribuable.
Réponse de le 09/09/2019 à 12:07 :
Ouh lala, on fait dans la nuance là....
Les économies entièrement nationalisées, on a connue cela, en URSS, en Corée du Nord, à Cuba.....
Et bizarrement, par exemple la filière agro-alimentaire est entièrement privée, mais pas de famine. La filière automobile est privée, Renault a commencé à se moderniser avec sa privatisation.
Le crédit lyonnais était nationalisé, il a couté aux contribuables un bras...
Stop aux dogmes simplistes, l'économie libérale privée est perfectible, mais elle fonctionne mieux que l'économie étatique...
Réponse de le 09/09/2019 à 14:24 :
@Valery CHIU

"Les exemples en GB et en Allemagne montrent une meilleure croissance de trafic et un coût moindre pour le contribuable".

La législation européenne oblige la France à ouvrir à la concurrence son réseau de chemins de fer au plus tard en décembre 2019, les Britanniques font un pas dans l'autre sens. Le rail anglais a été privatisé en 1994. Mais devant les difficultés rencontrées, un premier contrat avec une entreprise privée prend fin plus tôt que prévu : il s'agit de celui de Virgin East Coast Railway, qui exploite plusieurs lignes extrêmement fréquentées longeant la côte Est, du pays entre Londres et Édimbourg, et desservant plusieurs villes anglaises historiques (York, Leeds, Durham, Newcastle...).Ces lignes, longues de 632 kilomètres au total, repassent sous la bannière de l'État, sous le nom de "London and North Eastern Railway". Mi-mai, le gouvernement avait annoncé qu'il allait reprendre sous son égide ces lignes, face à l'incapacité de l'entreprise exploitante à rentrer dans ses frais.La privatisation de l'exploitation des chemins de fer a été réalisée au milieu des années 1990 au Royaume-Uni, sous le gouvernement conservateur de John Major. Ses résultats sont très controversés, surcoûts, retards et dysfonctionnements liés au saucissonnage de l'exploitation en une multitude de compagnies privées.Les Britanniques, eux, ont déjà tiré leurs conclusions. Selon un sondage publié par The Independent, 64 % de la population est favorable à une renationalisation des trains.
Vingt ans après la privatisation de British Rail, l'opinion publique veut un retour en arrière. La mise en place ratée des nouveaux horaires n'est qu'un épisode de plus dans la longue saga des couacs ferroviaires, sur fond d'augmentation exponentielle du prix des billets de train.Des calculs, effectués en 2017 par la plus grosse centrale syndicale de Grande-Bretagne, ont montré que les Britanniques dépensaient en moyenne 14 % de leur salaire pour se rendre sur leur lieu de travail en train, contre 2 % pour les Français.
Réponse de le 09/09/2019 à 19:51 :
@ Valery CHIU

Au début oui mais actuellement si on nous a inondé de produits bas de gamme qui polluent massivement notre planète tout en menaçant directement l'humanité c'est parce que cela leur permet de mettre plus de marge bénéficiaire "les pauvres n'ont pas beaucoup d'argent mais ils sont tellement nombreux !"

Le plastique était une invention formidable inusable et incassable qui l'est devenu usable et cassable du seul fait de la volonté des industriels se financiarisant.

Vous parlez d'une économie industrialisée or, nous le voyons tous les jours gros comme une maison, notre économie est devenue totalement financière répondant à la logique de la marge bénéficiaire et non à celle du consommateur.

Nos mégas riches ne sont le sont pas devenus en vendant des biens et des services mais en s'imposant intermédiaires ce qu'est la finance, une simple et désastreuse intermédiaire de par les sommes colossales concernées.
a écrit le 08/09/2019 à 7:34 :
Je répète puisque ma contribution précédente a été censurée par les auteurs.

Rien n'est gratuit, heureusement d'ailleurs....

Cordialement
a écrit le 07/09/2019 à 19:06 :
tout gratuit, ca veut rien dire, sauf dans le cadre de benevolat, et la gauche avide de tout gratuit refuse en general de travailler gratuitement et de financer les investissements des biens et serivces qu'elle va proposer gratuitement
la boucle est bouclee
tout payant? ben oui, evidemment, tout a un cout donc tout doit etre paye
ca veut pas dire qu'il faut faire n'importe quoi, et on a vu les derives sur les rachats de certains medicaments aux usa
payer c'est comprendre qu'on a qqch en face de son argent, et quand on est modeste on paye quand meme, meme modestement, ca evite les gens qui demandent des examens de secu gratuits a n'en plus finir, vu qu'ils ne payent rien, ce qui bouchent les tuyaux des soins
si vous voulez du hitler, faite le tout gratuit pour ceux qui n'en n'ont pas les moyens eux, et vous allez rapidement avoir ceux qui sont juste au dessus, qui galerent et n'ont droit a rien qui vont se revolter, car contrairement a la propagande de gauche, ' les riches ' ( ceux qui gagnent plus que moi), ne vont pas payer pour tout le monde
les gilets jaunes, c'etait le debut
continuez, vous aurez ce qui est prevu, et faudra pas pleurer
l'open source c'est bien, pour le logiciel, qui ne coute rien, sauf de la r&d
les usines et consors c'est encore pire
tous les projets ont leur place, faut juste voir ou quand et comment
et meme la y a de la concurrence, entre tensorflow, caffee, et torch, pour ne coiter qu'eux
a écrit le 07/09/2019 à 16:21 :
Je suis pour l'open source : le logiciel gratuit mais sans droit. Je ne pense que la valeur des objets soit une source vers la gratuité des objets. Un objet est associé a une valeur pécuniaire comme une voiture, une maison , un appartement ou des affaires personnelles. L'economie de marché permet d'acheter ou de vendre ces objets à de prix intéressants voir très petits mais la gratuité c'est autre chose, c'est dire non qu'un objet n'a pas de valeur pécuniaire mais que l'on ne lui accorde pas directement la valeur pécuniaire. Dans le monde du logiciel , beaucoup de compétences sont liés àla matière grise donc aux compétences intellectuelles et humaines transformées en data ou en algorithme. Stallman lui c'est forgé l'idée d' un marché idéal ou l'objet informatique, le logiciel n'est plus que pure créativité et n'a pas de valeur pécuniaire donc le logiciel est open free source. Si tout le monde veut le même logiciel pour ecrire ou pour compter ou pour créer alors grâce au réseau internet tout le monde l'aura : le logiciel devient accessible et non payant à la sortie d'un magasin ou d'un revendeur informatique. Personnellement je comprendre l'idée de Stallmann, je la partage : tout n'est pas dédié au secteur marchand. Le premier logciel que j'ai achété je l'ai acheté 139€ ( enfrancs à l'époque) pour microsoft. Contrairement au logiciel libre, Microsoft produit des logiciels payants non libre de droit : deux visions d'un même monde ? GNU License et l'open source est-il contre le marché et sa rentabilité. je vois plutôt celà comme une formidable possibilité de créer des objets et d'avoir un accès libre à l'internet. Un ordinateur aussi petit soit-il est encore payant : c'est un produit de marque Xou Y qui prend de la valeur quand on le fabrique en série pour le vendre mondialement ! Mais le logiciel est-il le produit de la valeur lié à la créativité que lui est imparti ? DOit-on payer pour la pure créativité : elle serait bien cher alors : y - a t-il un marché pour la créativité ? L'intelligence humaine ne se monnaie pas encore sauf à travers des métiers de pur créatifs comme l'art !
C'est un vaste débat mais le logiciel peut être libre et gratuit si on dispose de sa ressource sur le net : il prend de la valeur sur le net et le net lui aussi prend de la valeur : l'image du logiciel est "tout est fichier" selon Linux donc tout est potentiellement téléchargeable et stockable à partir du net : les créatifs du logiciel fournisse et approvisionne le net ! L'idée du tout gratuit est attractif pour les transports ou les abonnements mais ce qui serait dangereux c'est que la gratuité entrainerait aussi le socièté qui a rendu gratuit l'objet (logiciel, abonnement internet,box, autres) se reposerait sur ses lauriers et n'innoverait pas autant qu'elle devrait. Le problème du tout payant est l'inverse c'est à dire le blocage d'accès par le prix du produit sur le marché. Il n'y a pas de solutions intermédiaires ou plus ou moins gratuit, plus ou moins payant : il faut choisir. Je serais heureux de payer moins cher mon accès internet ( FAI) ainsi que mes services bancaires, le coût de mon assurance auto etc tout en payant une valeur minimale ( ne les rendants pas gratuits totalement). C'est une notion psychologique ou l'on paye un service informatique ou bancaire. Mais pour lelogiciel etpourle net,jeconsidèrequec'estune immense bibliothèque ou l'onpeut avoir accès à des data et des logiciels donc oui je suis pour l'open source ( n'en déplaise àMicrosoft). Jepensequ'entre le tout gratuit et le tout payant il faut choisir sa façon de voir le monde marchand dans lequel on veut vivre : le capitalisme et la valeur intrinsèque des choses ne résoud pas tout !
Réponse de le 07/09/2019 à 18:26 :
Le problème de l'Open Source c'est le vol. Peut-on réellement se réclamer d'un logiciel Open Source ? Comment certifier que le créateur d'un logiciel open source est réellement la source ? qu'ill n'y a pas eu usurpation de travail intellectuel ? Vous ne pouvez pas savoir, et cet acte rédhibitoire contrevenant persiste dans le temps, il est suspendu, donc existant et n'est pas d'open source, mais de commerce.
Réponse de le 07/09/2019 à 18:28 :
Le problème de l'Open Source c'est le vol.
Peut-on réellement se réclamer d'un logiciel Open Source ? Comment certifier que le créateur d'un logiciel open source est réellement la source ? qu'ill n'y a pas eu usurpation de travail intellectuel ? Vous ne pouvez pas savoir, et cet acte rédhibitoire contrevenant persiste dans le temps, il est suspendu, donc existant et n'est pas d'open source, mais de commerce.
Réponse de le 07/09/2019 à 18:29 :
Le problème de l'Open Source c'est le vol.
Peut-on réellement se réclamer d'un logiciel Open Source ? Comment certifier que le créateur d'un logiciel open source est réellement la source ? qu'ill n'y a pas eu usurpation de travail intellectuel ? Vous ne pouvez pas savoir, et cet acte rédhibitoire contrevenant persiste dans le temps, il est suspendu, donc existant et n'est pas d'open source, mais de commerce.
a écrit le 07/09/2019 à 14:04 :
Les privatisations, c'est de l'idéologie, libérale, mondialiste, productiviste, égoïste, de l'économie capitaliste.
Je lis les commentaires qui défendent ces idées, ce fonctionnement. Je suis toujours surpris de la confiance absolue, sans nuance qu'on peut avoir dans un système, des idées dont il paraît évident qu'ils sont à bout de souffle. Ce n'est pas réjouissant d'ailleurs, parce les intolérances, les oppositions conduisent toujours aux mêmes résultats, dont au final tout le monde pâtit, sauf évidemment la tranche supérieure, "la soi-disant élite nécessaire... argentée, pensante (et pas forcément bien), cause de bien des malheurs (Tous?) du Monde et dont on peut légitimement se demander s'il ne serait pas d'utilité publique de la faire rentrer dans le rang.
Réponse de le 07/09/2019 à 19:09 :
vive MADURO et son copain MELENCHON, grand admirateur de la bienveillance petrie d'humanite
que chaque francais vive avec moins de 2 euros par jour comme au venezuela , ca reduit les inegalites quand y a plus que des pauvres
les gens pas contens, on les fout a bukchang, c'est de gauche, ca n'a rien de liberal, ca plaira a tout le monde ( cf ' rescape du camp 14')
et vive ceaucescu et polpot, rien de liberal non plus, que du bon socialiste avec de la bonne morale formee en france par les socialistes bienveillants
Réponse de le 08/09/2019 à 14:42 :
Je ne vois pas en quoi les nationalisations procèderaient d'un esprit de générosité tandis que les privatisations seraient forcément égoïstes.
Ce sont des affirmations d'hommes politiques, mais quand on regarde ce qui est proposé de plus près par l'ultragauche, c'est la spoliation organisée d'une partie de la population accusée, au simple prétexte de gagner plus, d'être à l'origine de la misère des autres.
Réponse de le 08/09/2019 à 17:34 :
Tout mouvement nécessite une différence de potentiel. L'uniformité n'est créateur que de stagnation et donc de recul.
a écrit le 07/09/2019 à 11:45 :
Il faut être conscient que cette pratique est une forme de solidarité et qu'elle a un coût, ne pourrait-on le rappeler aux gilets jaunes et autres cégétistes. Ce qu'eux ne paient pas, moi je le paie !
a écrit le 07/09/2019 à 11:39 :
On devrait mettre un principe intangible dans la constitution française : LA GRATUITE CA N'EXISTE PAS.
Obligatoirement quelqu'un paie. Pas forcément celui qui est l'utilisateur.
Comme les prestations sociales distribuées sans compensation : c'est de l'assistant permanent et donc à proscrire car chacun doit avoir à s'assumer sans compter perpétuellement sur l'Etat Providence Français qui est à sec.
a écrit le 07/09/2019 à 10:43 :
Rien n'est gratuit, heureusement d'ailleurs.
Cordialement
a écrit le 07/09/2019 à 10:29 :
Un logiciel libre dont le code source est disponible, c'est bien mais si on veut adapter à un besoin, ajouter des fonctionnalités, il faut le faire faire, en interne si y a les gens pour ça ou par un acteur extérieur payant. Si on n'a pas les qualifications, on doit le faire faire. Mais comme on dit, avoir accès au source permet aux gens du domaine d'analyser les risques de sécurité (hors l'éternel point faible qui se situe entre la chaise et le clavier).
a écrit le 07/09/2019 à 9:40 :
Le problème des transports gratuits ou subventionnées, c'est que les gens les empruntant sont de plus en plus en bas de l'échelle. C'est ce qu'on constate avec le métro parisien, où à certaines heures, on a l'impression d'être en troisième classe.
Réponse de le 08/09/2019 à 17:40 :
Max est certainement issue de la cuisse de jupiter.
a écrit le 07/09/2019 à 9:16 :
"Les semences désormais stériles"... les fake news écolos ont la vie dure.. Il est vrai que les références ("Cash investigation", - la lie du journalisme, la Reine du sensationnalisme médiatique, La honte de l'utilisation de l'argent public, ..-) y sont pour beaucoup!
Réponse de le 07/09/2019 à 10:23 :
les hybrides posent problème, les graines peuvent apporter le caractère de l'un ou l'autre, c'est du cas par cas.
Ça me fait penser aux premiers essais de croiser la pomme de terre et la tomate (Orsay), ils ont obtenu une plante avec les feuilles de pomme de terre et les racines de tomate, tout raté, la pommate était inutile. Ça dû évoluer depuis. :-)
a écrit le 07/09/2019 à 8:35 :
Sympa cette liste de logiciels offerts, alors qu'ils sont déjà tous gratuits (et open-source pour certains).

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