« Non à l'écotaxe sur le transport aérien  !  »

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Alors que le débat fait rage au sein même du gouvernement sur la mise en place d'une écotaxe pour les compagnies aériennes comme le recommande la Convention Citoyenne pour le Climat, 36 députés prennent la plume pour dénoncer une telle proposition qu'ils qualifient d'aberration. Si cette taxe s'appliquait, expliquent-ils, elle entraînerait des suppressions de postes colossales et priverait les compagnies aériennes des financements nécessaires pour investir dans la transition écologique et l'aviation décarbonnée.

L'industrie aéronautique est l'un des fleurons de l'industrie française les plus touchés par la crise économique. Ce fleuron représente 58 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 34 milliards d'euros d'excédents commerciaux et génère 300 000 emplois directs et indirects, non seulement à Toulouse et en région Occitanie, mais dans tous les territoires de notre pays. Le savoir-faire et les compétences d'excellence de notre pavillon font briller notre pays sur la scène européenne et internationale puisque la France est l'un des seuls pays au monde à être capable de construire des avions civils, des avions militaires et des hélicoptères ! Mais l'écroulement du transport aérien dans le monde a engendré un coup d'arrêt brutal pour cette industrie. Le plan de soutien du Gouvernement de 15 milliards d'euros est à la hauteur des enjeux, mais il ne pourra malheureusement durer qu'un temps. L'industrie aéronautique de notre pays va donc devoir ajuster sa production à la santé du transport aérien.

C'est pourquoi toutes les mesures qui permettront une relance rapide de ce secteur sont bienvenues, d'autant que le rebond de la crise sanitaire éloigne un peu plus chaque jour les perspectives du redémarrage.

L'écotaxe est une aberration

Dans ce contexte de très grande fragilité, la Convention citoyenne pour le climat propose à juste titre de diminuer les gaz à effet de serre émis par le transport aérien. Plusieurs recommandations sont à saluer, comme la compensation des émissions qui ne pourraient être éliminées par des puits de carbone ou encore le soutien au déploiement d'une filière de biocarburants pour les avions.

Toutefois, d'autres propositions s'avèrent totalement contre-productives pour les secteurs de l'aéronautique et du transport aérien français. Parmi ces mesures qui participent au flygskam (« honte de prendre l'avion » en suédois), la perspective d'une écotaxe sur le transport aérien est une véritable aberration économique et un contresens écologique.

Aberration économique car elle aggraverait les difficultés du secteur. Une telle écotaxe coûterait plus de 150 000 emplois directs au transport aérien et à l'aéronautique en France selon une étude d'impact réalisée par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). En outre, cette mesure reviendrait à récupérer en partie les aides versées dans le cadre du plan de soutien à la filière aéronautique. Contresens écologique car le secteur aérien a besoin de financements pour investir massivement en faveur de la décarbonation et de la transition énergétique.

Accompagner le secteur dans la transition écologique

Plutôt que d'ajouter de nouvelles taxes qui viendraient obérer la capacité à investir, nous devons accompagner et inciter à l'accélération de ce virage écologique. Il convient ainsi d'accompagner le secteur de l'industrie aéronautique vers la réduction de la consommation de carburant, l'électrification des appareils et l'expérimentation de carburants neutres en carbone comme l'hydrogène. Les récentes annonces d'Airbus nous prouvent d'ailleurs la volonté de nos fleurons de saisir cette opportunité unique afin de faire face au défi de la transition écologique, en proposant des aéronefs neutres en carbone dès 2035.

Il convient aussi d'accompagner nos compagnies aériennes à décarboner leurs flottes en investissant dans des avions de moins en moins polluants dès aujourd'hui, puis au fur et à mesure des avancées technologiques.

Attention aux fausses bonnes idées

Attention également aux fausses bonnes idées populaires, voire populistes, comme l'interdiction des lignes aériennes lorsqu'une alternative ferroviaire existe en moins de 4h (voire moins de 2h30) : les prochains avions électriques seront dans un premier temps de petits modèles qui emporteront peu de passagers. Ces avions doivent pouvoir être testés en exploitation réelle pour permettre des sauts de capacité, et ce sont justement les petites lignes que certains veulent interdire qui seront les lignes d'accueil de ces avions vertueux.

Nous pouvons avoir demain une planète plus verte avec des déplacements en avions zéro émission entre des aéroports à énergie positive. Des déplacements bien moins polluants que certains autres nécessitant des infrastructures terrestres lourdes et coûteuses.

Cessons donc de promouvoir une écologie punitive et accompagnons notre industrie aéronautique et nos compagnies aériennes vers la décarbonation par l'incitation et la responsabilité !

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(*) Collectif de parlementaires signataires :

  • Jean-Luc LAGLEIZE, député de la Haute-Garonne, co-Président du groupe d'études « Secteur aéronautique et spatial » à l'Assemblée nationale
  • Pierre CABARÉ, député de la Haute-Garonne, co-Président du groupe d'études « Secteur aéronautique et spatial » à l'Assemblée nationale
  • Sophie AUCONIE, députée d'Indre-et-Loire
  • Philippe BERTA, député du Gard
  • Christophe BLANCHET, député du Calvados
  • Sylvain BRIAL, député de Wallis-et-Futuna
  • Vincent BRU, député des Pyrénées-Atlantiques
  • Yves DANIEL, député de Loire-Atlantique
  • Olivier DASSAULT, député de l'Oise
  • Typhanie DEGOIS, députée de Savoie
  • Nadia ESSAYAN, députée du Cher
  • Michel FANGET, député du Puy-de-Dôme
  • Pascale FONTENEL-PERSONNE, députée de la Sarthe
  • Bruno FUCHS, député du Haut-Rhin
  • Laurent GARCIA, député de Meurthe-et-Moselle
  • Luc GEISMAR, député de Loire-Atlantique
  • Danièle HÉRIN, député de l'Aude
  • Monique IBORRA, députée de la Haute-Garonne
  • Sandrine JOSSO, députée de Loire-Atlantique
  • Mohamed LAQHILA, député des Bouches-du-Rhône
  • Patrick LOISEAU, député de Vendée
  • Max MATHIASIN, député de Guadeloupe
  • Jean-Paul MATTEI, député des Pyrénées-Atlantiques
  • Sophie METTE, députée de Gironde
  • Philippe MICHEL-KLEISBAUER, député du Var
  • Jean-Michel MIS, député de la Loire
  • Sandrine MÖRCH, député de la Haute-Garonne
  • Pierre MOREL-À-L'HUISSIER, député de la Lozère
  • Maud PETIT, députée du Val-de-Marne
  • Josy POUEYTO, députée des Pyrénées-Atlantiques
  • Robin REDA, député de l'Essonne
  • Jean-Luc REITZER, député du Haut-Rhin
  • Benoit SIMIAN, député de Gironde
  • Robert THERRY, député du Pas-de-Calais
  • Nicolas TURQUOIS, députée de la Vienne
  • Corinne VIGNON, députée de la Haute-Garonne

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Commentaires
a écrit le 02/10/2020 à 19:51 :
A noter la présence fortuite de M Olivier Dassault, fils de Serge, dans la liste des signataires.
a écrit le 02/10/2020 à 19:44 :
Bien, au moins ça nous fait une liste de députés qui n'ont rien compris à l'enjeu actuel de notre civilisation : minimiser les dégâts de notre effondrement en cours.
a écrit le 02/10/2020 à 16:59 :
C'est bizarre mais il ne semble pas que les taxes sur les carburants aient empêche le développement de la voiture électrique. Ce serait même plutôt le contraire. La RDD aéronautique serait-elle moins performante que celle de l'industrie automobile ou alors ne serait-ce pas des années de commerce aérien débridé et sans contraintes qui a empêche le développement de solutions alternatives ? Sans oublier l'impact du coût anormalement bas du transport de fret aérien sur le déséquilibre du commerce mondial.
Une étude plus complète, objective et comparative mériterait d'être menée et diffusée.
Réponse de le 02/10/2020 à 21:32 :
Ah la fameuse RDD ! La recherche à dédé !
a écrit le 02/10/2020 à 14:44 :
En voilà encore une belle taxe pour promouvoir une auto punition à la Française, comme on sait si bien les inventer en solo bien évidemment.
Car à défaut d'innovations vertueuses et stimulantes ds la technologie ou la finance écologique ou autre, au succès planétaire, on est les champions ttes catégories (et les seuls !!) ds l'innovation au succès incontestable... uniquement en France, ds la taxation, la fiscalisation et la réglementation écologique ou autre.
Par ex, la superbe taxe Chirac sur les billets d'avion pétrie de bonnes intentions pour aider à financer les pays pauvres, a t elle fait des émules ailleurs ? Ben non Malheureusement ! Et elle a fait fuir bon nbre de clients nationaux des billetteries françaises, en particulier les clients pros, renforçant une concurrence entre pays hyper débridée ds le monde aérien.
Autre merveille d'innovation à la française, la fameuse taxe sur les transactions financières décriée par la Cour des cptes, instaurée en solo bien évidemment en 2012, qui a engraissé et renforcé les ppales places financières européennes au détriment de Paris.
Et on passe sous silence, les multiples taxes et impôts de production, autres fruits du génie inventif national qui ont perduré sous ts les gouvts depuis des décennies.
Mais il ne faut pas oublier de citer la merveille tte catégorie, à mon sens inégalée et unique à ce jour ds les pays de l'OCDE, de la loi sur les 35h mise en place en 2000, qui a entre autre, permis la marginalisation en Europe de l'industrie automobile française, contrainte de se pauperiser pour survivre, en s'exportant ds les pays émergents ou ds les pays à bas coût d'Europe de l'est, une trouvaille écolo avt l'heure...
Mais, qu'à cela ne tienne, Macron a instauré la taxation du numérique tjrs en solo, sans même tenir cpte de l'intérêt propre de ses petits protégés, les start up et licornes françaises du secteur et sans attendre pour une fois, le résultat de négociations et concertations internationales, en particulier européennes, sur le sujet, tt en poussant Trump à encourager des retorsions sur les produits français.
Mais le summum est peut-être à venir en 2022, avec l'arrivée possible des écolos au pouvoir...
a écrit le 02/10/2020 à 13:56 :
l'avion est le moyen de transport le plus propre pour aller loin et vite, quoi qu'en dise le dogme écologiste !
Les références de consommation en aviation sont en masse de carburant par heure, retranscris avec les références connues du grand public, la consommation moyenne par passager de fuel aux 100/Km: environ 3L pour les meilleurs (A321 NEO, par exemple) et cela à une vitesse de 850 Km/h !
Beaucoup moins qu'un vélo moteur 2T, qui fait environ 5L aux 100 à 50Km/h d'un mélange puant d'essence et d'huile. Beaucoup moins aussi qu'un paquebot transatlantique, qui en plus de polluer les mers, pollue l'air et perturbe gravement la vie des grands cétacés en particulier, et de la faune marine en général.
N'allons pas penser que le train est parfait ! hors mis quelques pays où il fait presque 0 émission de GES, il est presque exclusivement DIESEL, ou électrique fabriquée à partir de centrales fuel ou charbon.
Enfin, l'aviation commerciale représente en totalité moins de 5% des émissions mondiales de GES.
Réponse de le 02/10/2020 à 18:16 :
@Mandrake :
Accessoirement, l'occupation du foncier par les voies ferrées couvrent des millions de km² : l'impact écologique est également lourd de ce côté-là !
De plus, pour les TGV, que penser des centrales nucléaires nécessaires pour fournir l'électricité ? On va mettre une taxe sur le kg de déchets nucléaires engendrées par le train ?
Enfin, si on déduit des taxes payés sur le transport ferroviaires, le montant des subventions et autres reprises de dettes, je ne suis pas sur que le secteur ferroviaire soit un contributeur au budget de la France... contrairement à AirFrance-KLM et ADP !!! (NB hors COVID, Ces 2 entreprises paient des dividendes à l'état, des taxes, ... quid du secteur ferroviaire ???
Réponse de le 02/10/2020 à 18:16 :
@Mandrake :
Accessoirement, l'occupation du foncier par les voies ferrées couvrent des millions de km² : l'impact écologique est également lourd de ce côté-là !
De plus, pour les TGV, que penser des centrales nucléaires nécessaires pour fournir l'électricité ? On va mettre une taxe sur le kg de déchets nucléaires engendrées par le train ?
Enfin, si on déduit des taxes payés sur le transport ferroviaires, le montant des subventions et autres reprises de dettes, je ne suis pas sur que le secteur ferroviaire soit un contributeur au budget de la France... contrairement à AirFrance-KLM et ADP !!! (NB hors COVID, Ces 2 entreprises paient des dividendes à l'état, des taxes, ... quid du secteur ferroviaire ???
Réponse de le 02/10/2020 à 18:18 :
Pardon pour l'erreur : les voies ferrées couvrent des millions de m² (pas des km²)... c'est déjà trop !!!
a écrit le 02/10/2020 à 9:00 :
Marre des exceptions pour les motifs les plus farfelus (si l'emploi, et non la défense des intérêts capitalistes en place, était vraiment la priorité de ces dirigeants, on n'en serait pas là!).
Le transport aérien doit être taxé au moins à la même hauteur que le gasoil et l'essence et toutes les sources d'énergie polluantes. (idem pour les poids lourd, ça va de soit)
a écrit le 01/10/2020 à 19:12 :
Plutôt que l'écotaxe, si on commençait par appliquer au transport aérien le droit commun en matière de taxations? Par exemple en lui appliquant le régime commun pour transports domestiques pour tout voyage à l'intérieur de l'Union européenne ? Alors qu'il y est intégralement libéré de toute TVA - ainsi que, pratiquement, de toute taxe sur ses carburants ? Est-il normal qu'un voyageur Thalys Paris-Amsterdam paye une TVA alors que le passager aérien n'en paye aucune? L'avantage induit - autant dire la subvention - que représente cette seule entorse à l'application des règles de l'Union en matière de TVA tourne autour de six milliards par an. Et si on y mettait fin?
Réponse de le 01/10/2020 à 22:03 :
Vous avez parfaitement raison. Je crois que beaucoup de citoyens ont compris qu'ils pouvaient sans le moindre problème faire évoluer leur mode de déplacement en faisant usage de transports plus vertueux écologiquement parlant. le combat des défenseurs de ce type de déplacement pour un ou pour un non est perdu d'avance. N'oublions pas que seuls 2% des des usagers représentent 50 % de ce transport.
Réponse de le 02/10/2020 à 10:05 :
Bonjour les Amish, avec vous on prendra bientôt la diligence tirés par des porteurs humains (les chevaux sont des ruminants qui émettent du CO2). Bref, faites ce que vous voulez mais sans prosélytisme. Merci à vous.
Réponse de le 02/10/2020 à 11:27 :
Très juste.
Réponse de le 02/10/2020 à 17:57 :
@Paux-Courrouges :
On pourrait aussi appliquer par exemple la Taxe Chirac sur le transport ferroviaire plutôt que seulement sur le transport aérien, puisqu'il s'agit d'une taxe en faveur du développement qui ne concerne en rien le secteur aérien ...! Si vous voulez aligner les taxes des différents secteurs de transport, attention à ne pas vous prendre le Boomerang dans la figure.... De mémoire, mon dernier billet d'avion (Lyon-Amsterdam-Johannesburg A-Retour) comportait plus de 150% de taxes !!! je n'écrit pas de mon domicile, mais j'ai encore la facture à la maison si vous souhaitez le prix exact...!
Autre point qu'il faut aussi prendre en compte : un avion peut facilement faire le plein à l'étranger... !!!
Réponse de le 03/10/2020 à 1:57 :
En fait, ce qui vous gêne dans le transport aérien, c'est que vous ne faites pas parti des 2% que vous mentionnez !! ça ne vous concerne pas personnellement, donc il faut l'interdire !!! J'espère que vous avez des enfants, sinon vous allez réclamer qu'on coupe le chauffage dans les écoles pour économiser du CO² !!!
a écrit le 01/10/2020 à 19:11 :
C'est du tout ou rien, tout le monde est a la même enseigne et c'est toujours le consommateurs qui paye la taxe!
a écrit le 01/10/2020 à 18:45 :
C'est l'économie aérienne qui est une aberration avec ses billets pour la Corse à 9 euros maintenant on saut parfaitement qu'ils récupèreront cette taxe sous une forme ou sous une autre;, de ce fait inutile de générer une énième entreprise de détournement d'argent public de plus.
a écrit le 01/10/2020 à 18:18 :
Il faudrait mettre fin à cette mascarade pseudo démocratique de 150 citoyens (soi-disant tirés au sort) qui ont décidé pour l'ensemble des Français d'intervenir dans différents domaines de la société.
Ces gens ne sont pas élus, ils ne représentent rien, si ce n'est leurs opinions.
Réponse de le 02/10/2020 à 12:19 :
Entièrement d'accord avec vous ,s'il suffit de réunir 150gogos très orientes pastèques pour décider du devenir du pays alors a quoi bon les élections ,souvenez vous de Notre Dame des Landes après un referendum local et des décisions de justice foulées aux pieds..merci les démocrates rouges.
Réponse de le 02/10/2020 à 19:53 :
Vous n'êtes pas élu, vous ne représentez rien, si ce ne n'est vos opinions. Visiblement, la mascarade pseudo démocratique de la république française ne vous gène pas plus que cela.
a écrit le 01/10/2020 à 16:35 :
Contribution de bon sens
La proposition de la convention citoyenne ne concernera que les vols au départ des aéroports français donc pénalisera les compagnies françaises et par suite les aéroports français.
Le traffic long courrier des compagnies françaises basculera vers les compagnies du Golfe et les majors européennes.
Réponse de le 02/10/2020 à 19:54 :
"de bon sens"? Que ce soit dans le sens des compagnies aériennes et des 4,5% de français (dont font probablement parti ces députés) qui génèrent 66% de notre trafic aérien, nous n'en doutons pas. A noter, hasard sans doute, la présence d'un M Dassault
Réponse de le 03/10/2020 à 2:00 :
Vous avez tout a fait raison : pour mon vol Lyon-Johannesburg, avec AirFrance je peux opter pour transiter via CDG ou via Amsterdam : à votre avis, si on multiplie les taxes pour un long courrier départ de France, par quel aéroport devrais-je transiter ???

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