C’est une opération rare dans le domaine des biotechs. Trois banques régionales ont accordé, à part égales, leur confiance à Oncodesign, spécialisée en médecine de précision pour le traitement des cancers résistants et métastatiques. Un financement qui devrait permettre au laboratoire dijonnais de poursuivre le développement clinique de son premier médicament, le OPM-101, pour le traitement des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin.Une belle levée de fonds pour une biotech prometteuse. Début octobre, le spécialiste français de la médecine de précision Oncodesign a annoncé avoir bouclé un financement d'un montant de 6 millions d'euros auprès de trois banques régionales, la Caisse d'Épargne Bourgogne Franche Comté, le Crédit Agricole Champagne Bourgogne et la Société Générale.
L'accord de financement, garanti par Bpifrance, porte la trésorerie d'OPM à 13,35 millions d'euros. « Notre horizon de trésorerie est donc amélioré et nous travaillons à compléter ce financement bancaire à travers des financements publics », espère Karine Lignel, directrice générale d'Oncodesign precision medicine.
Tremplin de l'écosystème bancaire régional
L'entreprise biopharmaceutique est cotée sur Euronext Growth depuis novembre 2022, et a réalisé une augmentation de capital de huit millions d'euros en décembre 2022, dont cinq millions d'euros apportés par ses trois cofondateurs.
«Aujourd'hui, notre entreprise est valorisée à 34 millions d'euros. Ce n'est franchement pas beaucoup pour une biotech. Le fait que le marché boursier ne valorise pas correctement les sociétés nous fait passer automatiquement sous le radar d'un certain nombre d'investisseurs qui pourraient être intéressés par nos solutions innovantes», déplore Philippe Genne.
D'où l'importance de cet emprunt accordé par l'écosystème bancaire régional qui témoigne de la confiance dans les projets du laboratoire dijonnais.
Une thérapie plus efficace contre les cancers colorectaux
Plus de 200.000 personnes sont concernées en France par les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI), selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. L'INSERM précise que « ces maladies se caractérisent par l'inflammation de la paroi d'une partie du tube digestif, due à une dérégulation du système immunitaire. S'il n'existe pas de traitement pour guérir ces maladies, les médicaments actuels permettent la plupart du temps leur contrôle durable et une qualité de vie satisfaisante en dehors des poussées ».