Blé : « le monde a les yeux rivés sur la prochaine récolte européenne, notamment française »
Amandine Ibled
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Didier Quintard
Amandine Ibled
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Didier Quintard
LA TRIBUNE - COMMENT S'EST PASSÉE L'ANNÉE AGRICOLE 2021/2022 ?
JACQUES DE LOISY, administrateur à la coopérative Dijon Céréales et à l'association générale des producteurs de blé (AGPB) - Globalement, cette campagne s'est bien passée. Nous avons réussi à nous approvisionner en quantité d'engrais, malgré des prix qui avaient déjà beaucoup augmenté, voire doublé. Il n'y a pas eu d'inquiétude particulière au niveau de l'approvisionnement. Certes, l'approvisionnement en engrais azotés de la France se fait essentiellement par trois pays que sont l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie. L'Ukraine ne peut plus en fabriquer et les deux autres pays sont désormais sous embargo. Mais les coopératives ont trouvé des formulations différentes d'engrais et de la disponibilité chez d'autres fournisseurs que la Russie. (ndlr : Égypte, bassin méditerranéen et en Amérique centrale). En nous y prenant un peu en avance, nous avons réussi à nous approvisionner en quantité suffisante. Même si le marché était tendu, les prix des céréales ayant eux aussi augmenté (ndlr : 50% pour le blé qui est passé de 180 euros la tonne à 394 euros la tonne sur une campagne), la balance s'est à peu près équilibrée.
Cette année, l'Ukraine ne pouvant plus vendre ses productions, cela nous laisse des opportunités de marché pour l'exportation. En ce moment, le monde a les yeux rivés sur la prochaine récolte européenne de blé, et notamment française, puisque la France fait partie des cinq exportateurs mondiaux qui permettent aux autres pays de la planète, qui ne sont pas autosuffisants, de s'approvisionner, notamment tout le bassin méditerranéen et l'Afrique.
Comment appréhendez-vous la production pour l'année 2022/2023 ?
Moins sereinement. Même si pour la récolte 2023, Dijon Céréales a déjà acheté 40% des engrais - au prix fort puisqu'habituellement en début de campagne, les prix sont au plus bas - nécessaires aux productions de céréales qui seront semées au printemps prochain, beaucoup de choses peuvent encore évoluer.
Amandine Ibled