Comment Roofme veut réinventer l’immobilier

Le jeune pousse tourangelle table sur la qualification de ses annonces et la réduction des frais d’agence pour disrupter un marché de l’immobilier encore peu digitalisé. L’ubérisation des agences immobilières devrait concerner 10% des transactions à moyen terme.

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En deux mois, Roofme a réalisé une vingtaine de ventes en Centre Val de Loire et en Bretagne
En deux mois, Roofme a réalisé une vingtaine de ventes en Centre Val de Loire et en Bretagne (Crédits : Reuters)

C'est parce qu'il ne trouvait pas la qualité de service idoine dans les agences immobilières classiques, physiques ou digitales, que Julien Travers, directeur commercial du groupe bétonnier CBE et investisseur immobilier, a décidé en 2019 de créer la plate-forme spécialisée Roofme. Le projet a mis près de deux ans à aboutir et a nécessité un investissement de près de 100 000 euros. Installée dans l'un des incubateurs de Tours, le site de l'ancienne imprimerie Mame, la startup est entrée en production en mars. Avec son associé Sylvain Dousset, ex programmeur chez Dassault systèmes, Julien Travers compte lever entre trois et cinq millions d'euros début 2022 une fois faite la démonstration de l'efficience de son concept. Ces fonds serviront à assurer une communication musclée à la marque et à recruter une dizaine de salariés l'année prochaine.

La promesse de Roofme s'appuie sur deux axes complémentaires. D'une part, le descriptif des annonces de ventes de biens est ultra-complet et comprend des visuels enrichis de vidéos, tous de qualité. Contrairement à la plupart des agences, l'adresse est de surcroît indiquée et l'environnement décrit précisément. La prochaine étape de développement permettra d'intégrer les services alentours du bien vendu (magasins, crèches, hôpitaux, etc). A la clé, un gain de temps partagé par l'acheteur mais aussi par le vendeur, chacune des parties évitant ainsi les visites inutiles.

« Roofme permet d'économiser en moyenne 100 heures par transaction, explique Julien Travers. La qualification des annonces contribue aussi à réduire la durée de la vente ». Les frais payés par les propriétaires sont d'autre part nettement moins élevés, en moyenne de 60%, par rapport au marché. Roofme retient ainsi 2,5% du montant du bien, là où la moyenne des frais d'agence s'établit au plan national à 4,87%. La suppression des intermédiaires est la clé de ce dumping, à charge pour les vendeurs de mettre en ligne leurs propres photos et vidéos.

Visées hexagonales et européennes

« L'ubérisation des agences immobilières s'applique sur les tâches à faible valeur ajoutée qu'elles font payer cher au client, poursuit l'entrepreneur. En revanche, Roofme assure la partie multi-conseils, y compris en se déplaçant physiquement dans l'Hexagone, jusqu'à la signature de la vente ».

La startup, dont les annonces ciblent pour l'instant le Centre Val de Loire et la Bretagne, déploiera sa plateforme à l'échelle du territoire national au second semestre. A la clé, une centaine de ventes programmées fin 2021. La prochaine étape du développement passera par des campagnes de communication sur les réseaux sociaux que Roofme financera via une première levée de fonds. Avec un million de transactions immobilières réalisées en moyenne en France chaque année, presqu'exclusivement par les réseaux d'agences classiques, les perspectives des agences immobilière digitales semblent prometteuses. Pour autant, les résultats de nouveaux entrants numériques comme Welmo et Les Agences de papa restent limités. Elles ne réalisent qu'un millier de ventes en moyenne par an, malgré un marketing acéré. En cause, selon Julien Travers, le service trop impersonnel et limité de leurs plateformes. Roofme, qui promet un accompagnement personnalisé, table de façon ambitieuse sur un chiffre d'affaires de cinq millions d'euros en 2025. « D'ici moins de dix ans, les agences immobilières sans vitrine représenteront au moins 10% de ce marché », assure Julien Travers. Roofme compte bien occuper une place de choix dans ce nouvel eldorado, longtemps trusté par le presque monopole des agences immobilières.

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