Œnotourisme : dans le vignoble mosellan, cap sur le circuit court
Olivier Mirguet
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Le village de Vaux, dans le vignoble mosellan.
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Le village de Vaux, dans le vignoble mosellan.
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«
Tout le monde nous regarde comme des rigolos, y compris les voisins allemands et luxembourgeois qui exploitent les mêmes cépages sur leurs coteaux de la Moselle. Ils ont peut-être raison. Dans la Moselle française, on se contente de faire des vins de niche », reconnaît Jean-Paul Paquet, l'un des 16 vignerons installés dans ce mini-vignoble (70 hectares) aux confins de la Lorraine, de l'Allemagne et du Luxembourg.Dans les villages, entre Ancy-Dornot et Vic-sur-Seille, les vignerons misent de façon modeste sur un œnotourisme local pour animer les ventes et faire connaître la production : des vins blancs pour l'essentiel, auxerrois, pinot gris ou müller-thurgau, et quelques hectolitres de rouge vendus en circuit court. « J'organise un apéritif chaque semaine, avec le concours d'un ami charcutier. À chaque fois, c'est complet », constate Jean-Paul Paquet.
XIX
e
siècle, jusqu'à l'annexion allemande, le vignoble mosellan était tombé dans l'oubli. Il a connu la renaissance dans les années 1980 dans un mouvement collectif de petites exploitations locales. En septembre 2019, huit ans après le décret d'AOC, un arrêté ministériel a précisé la délimitation géographique du vignoble mosellan. L'AOC couvre 18 communes réparties entre trois terroirs : le Pays messin, les Trois Frontières et Vic-sur-Seille. Les vins sont issus de raisins récoltés manuellement.
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La faible teneur en sucres, limitée à 2 grammes par litre, et le rendement limité entre 55 et 68 hectolitres par hectare sont offerts comme gages de qualité. Depuis une décennie, les prix des vins de Moselle n'ont cessé d'augmenter. « Nos vins sont rares, donc exotiques », plaisante Norbert Molozay, président de l'AOC Moselle et exploitant du Château de Vaux. Les indépendants vendent rarement une bouteille en-dessous de 10 euros. « Le passage à l'AOC a permis au vignoble de monter en gamme. Les vignerons n'ont plus besoin d'être pluriactifs pour s'en sortir. Avec des rendements inférieurs à 50 hectolitres par hectare, il n'y a aucune surproduction et nos prix moyens sont supérieurs à ceux de l'Alsace », confirme Norbert Molozay. Et de poursuivre : « La commercialisation de vins de Moselle est dominée par les circuits courts, les ventes au domaine ou chez des restaurateurs locaux. Les animations se résument à des week-ends de portes ouvertes et à des dégustations. D'où notre intérêt pour le développement de l'œnotourisme. »
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