A l'approche de ses 41 ans, l'ex-militant associatif de "Génération précaire" et de "Jeudi noir" est le chef de file d'Europe-Ecologie-Les Verts aux élections régionales en Île-de-France. Conseiller régional depuis 2010, Julien Bayou est aussi à l'aise pour promouvoir l'agroécologie et la rénovation des lycées que pour affirmer que l'économie circulaire peut créer 30 à 200 fois plus d'emplois aujourd'hui. En cas de victoire, il promet également de mettre l'accent sur les transports du quotidien et le logement social.
LA TRIBUNE : Vous voulez faire de la région Île-de-France la première région écologiste du pays. Comment allez-vous financer votre « Green New Deal » de 3 milliards d'euros ?
JULIEN BAYOU : Si l'activité économique permet de réaliser la transition, le rôle des pouvoirs publics consiste à encadrer et à investir à ses côtés. C'est à partir de cette idée qu'il faut relocaliser notre économie tout en tirant les leçons de la crise. Cette dernière révèle une Île-de-France vulnérable sur le plan alimentaire, écologique, économique, sanitaire et social. Il y a désormais près d'un million de chômeurs dans la région en plus du péril du dérèglement climatique.
La bonne nouvelle, c'est que les activités les plus favorables au climat sont les plus créatrices d'emploi. Par exemple, le sujet de la rénovation thermique avec zéro euro reste à charge pour les plus vulnérables. C'est bon pour le climat mais également pour les ménages, car cela permet d'en finir avec les 800 euros de factures d'électricité par mois, de même que c'est meilleur pour la santé. Sans oublier que cela crée un emploi tous les cinq à six logements rénovés. C'est cela le green new deal, le plan d'investissement vert de transformation écologique et économique que je défends. Couplé à un small business act, nous pouvons aller chercher 200.000 emplois verts qui ont du sens.
L'agroécologie figure aussi à mon agenda. Quand je parle de 100% de produits bio et de proximité dans les cantines des lycées, c'est concret. Moins de pesticides signifient plus de biodiversité, une viande de meilleure qualité et plus de repas équilibrés à la cantine. C'est en outre au moins un emploi par hectare quand on parle de maraîchage.
En matière d'économie circulaire par ailleurs, trop de déchets sont produits à Paris, brûlés à Ivry ou à Créteil - nous n'avons pas vraiment d'éléments sur les particules fines rejetées - , et enfouis en Seine-et-Marne où cela saccage les terres et pollue les cours d'eau ainsi que les nappes phréatiques. Au contraire, il nous faut réutiliser et réemployer. Si surveiller une décharge ne crée pas beaucoup d'emplois, organiser une filière de recyclage-maintenance-réparation permet de réenclencher un cercle vertueux. Cela permettrait, selon EY, de créer 30 à 200 fois plus d'emplois dans ce domaine.
Paris ville-centre, Créteil (Val-de-Marne), département de Seine-et-Marne... Si vous êtes élu, comment le conseil régional y travaillera avec l'ensemble des collectivités franciliennes ?
La région jouera le rôle de grande sœur des autres collectivités qui s'engagent pour la transition écologique. Lors de la présentation de mon programme le 3 juin dernier, j'étais accompagnée de Carine Petit, la maire du XIVe arrondissement de Paris, et d'Olivier Thomas, maire de Marcoussis (Essonne). Les collectivités cherchent déjà le chemin de la transition. La demande de leur population augmente car elles perçoivent le lien avec la santé.