Remboursement de la grève : dialogue de sourds entre la Région, la RATP et le Medef

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(Crédits : Reuters)
Après un mois de grève, la présidente de l'autorité organisatrice Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse, a demandé un "geste commercial" à la la SNCF et la RATP. Cette dernière propose le co-financement avec l'autre opérateur et le versement des pénalités directement aux voyageurs. De son côté, le Medef Paris demande le remboursement de la contribution des entreprises de la capitale.

La présidente d'Île-de-France Mobilités (IDFM) Valérie Pécresse a engagé mercredi des négociations serrées avec les dirigeants de la RATP et de la SNCF pour obtenir le remboursement des abonnements de décembre, la grève ayant très fortement perturbé les transports publics dans la région.

"Les Franciliens depuis un mois ont vécu l'enfer (...) et la souffrance continue depuis la rentrée", a déploré Mme Pécresse, qui est aussi présidente de la région Île-de-France.

"Je souhaite que la SNCF et la RATP reconnaissent que le service minimum (...) n'a en général pas été réalisé, que sur beaucoup de lignes le service a été presque égal à zéro, qu'il y avait une hyper-saturation des lignes, qu'énormément de Franciliens ont dû marcher des heures pour aller au travail et beaucoup ont été en retard, beaucoup ont eu des surcoûts de garde d'enfants, des surcoûts de taxis...", a-t-elle indiqué. "Bref, je souhaite le remboursement du passe Navigo (l'abonnement mensuel, NDLR) intégral pour le mois de décembre, quelles que soient les lignes qu'ils ont empruntées".

Valérie Pécresse demande "un geste commercial"

Contractuellement, la SNCF est engagée avec Île-de-France Mobilités à faire circuler au moins un train de banlieue sur trois. La RATP, elle, a une obligation contractuelle de 50% aux heures de pointe (sur les RER A et B, le métro et le réseau de surface).

"Je ne veux pas rentrer dans des comptes d'apothicaires sur tel pourcentage, telle ligne... parce que ce n'est pas ce que les Franciliens ont vécu", a tranché Mme Pécresse avant de recevoir Catherine Guillouard et Jean-Pierre Farandou, les PDG de la RATP et de la SNCF.

Mme Pécresse demande donc "un geste commercial" avec le remboursement intégral des passes Navigo de décembre se montant selon elle à "200 millions d'euros". Deux tiers à la charge de la RATP, un tiers pour la SNCF, selon ses services.

La RATP propose le co-financement avec la SNCF

La RATP ne l'entend pas de cette oreille, estimant qu'elle a rempli ses obligations sur le réseau de surface (bus et trams) et en grande partie sur le RER -même si les véhicules, bondés, étaient souvent inaccessibles- depuis le début de la grève.

"Nous venons proposer à Valérie Pécresse le cofinancement avec évidemment l'autre opérateur qu'est la SNCF (...) d'un mois de passe Navigo. Nous souhaitons aussi que toutes les pénalités que nous allons verser soient directement versées aux voyageurs pour parvenir à boucler le financement", a déclaré Mme Guillouard avant la réunion.

"Île-de-France Mobilités n'a pas fait grève", lui avait répondu à l'avance Valérie Pécresse, rappelant que l'autorité régionale des transports était un "client" face à des "fournisseurs" de transport.

Côté SNCF, le directeur général de Transilien -la branche qui fait rouler les trains de banlieue- Alain Krakovitch s'était engagé avant même le conflit à dédommager les clients "sur chacune des lignes où le service minimum n'(a) pas été respecté".

Le Medef Paris demande le remboursement du versement transport

Pour compliquer les choses, le Medef Paris a demandé mercredi à Île-de-France Mobilités le remboursement de la contribution des entreprises parisiennes en mois de décembre, la grève des transports publics ayant "causé des pertes majeures de chiffre d'affaires pour les entreprises et empêché leurs salariés de venir travailler".

Appelée "versement transport", cette contribution destinée au financement des transports en commun concerne les entreprises d'au moins onze salariés. Supérieure aux recettes commerciales, elle se monte à 4 milliards d'euros par an en Île-de-France, auxquels il faut ajouter la prise en charge par les entreprises de 50% des abonnements de leurs salariés via le passe Navigo (près d'un milliard par an) selon le Medef.

"Il n'est pas raisonnable de faire peser sur les entreprises parisiennes le montant d'une taxe équivalente à presque 3% de leur masse salariale pour financer des transports qui ne circulent pas", a déclaré le président du Medef Paris Jean-Louis Schilansky, cité dans un communiqué.

"La demande du Medef est indécente", a répondu Valérie Pécresse via son porte-parole.

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Commentaires
a écrit le 10/01/2020 à 3:23 :
Et nous on demande le retrait de la loi retraite, donc pour le remboursement, il faudra attendre que les têtus et autre Jupiter aient retiré cette loi. Les manifs, ce n'est pas terminé.

Il y a peu de fautes sur les pages de La Tribune et je vous en félicite, c'est agréable. Mais là, c'est raté et j'ai rigolé : "à la la SNCF et la RATP."
a écrit le 09/01/2020 à 11:03 :
"Le Medef Paris demande le remboursement du versement transport"

C'est marrant, ce sont eux qui en sont les bénéficiaires, c'est fort le cynisme !
a écrit le 09/01/2020 à 8:48 :
Beaucoup de chefs d’entreprise français sont plus des chasseurs de subventions et autres niches fiscales que de véritables entrepreneurs qui cherchent à produire et vendre ce qui marche. Ils passent leur temps à jouer au chat et à la souris avec l’Etat : je donne ceci, je te prends cela.
a écrit le 09/01/2020 à 8:18 :
Le MEDEF est un syndicat sans aucune éthique. La preuve, il demande que l âge pour partir à la retraite soit recule alors qu on arrête pas de licencier en priorité les seniors et que leur taux d emploi des seniors est le plus bas d Europe. Où est la cohérence entre ses actes et son beau discours ?
Réponse de le 09/01/2020 à 16:08 :
"Le MEDEF est un syndicat sans aucune éthique".

Quand ,le patronat licencie et se debarrasse des seniors ,c'est pour que l'UNEDIC finance à leur place ces salariés jusqu'à la retraite, tout benef pour le patronat.Pas d'ethique ,mais des tiques.
a écrit le 09/01/2020 à 5:57 :
"Remboursement de la greve". Il n'y a qu'en France que l'on peut voir des trucs pareil.
Plus aucune decence, nulle part.
a écrit le 08/01/2020 à 21:45 :
Il est temps que les franciliens paient, sans subventions ni versement transport, le vrai prix de leurs transports en commun. C'est à dire 4 ou 5 fois plus qu'actuellement. Les entreprises, à ce prix, seront bien forcées de fournir un service irréprochable. Sinon elles feront faillite.
a écrit le 08/01/2020 à 21:22 :
Les grèves sont des cas de force majeure. On ne peut pas pénaliser la SNCF et la RATP pour cela.

Si on rentre dans cette logique là, chaque fois qu'une usine ferme, on devra faire payer au MEDEF les indemnisations chômage, les relocations, les cout de reconversion. Mais aussi le manque à gagner sur les taxes professionnelles et les cotisations sociales

Quand une route est fermée suite à une inondation, on pourra se faire rembourser les taxes locales et le carburant supplémentaire utilisé pour contourner la fermeture.
Réponse de le 08/01/2020 à 21:48 :
Non seulement on peut pénaliser SNCF et RATP, mais on doit le faire. A charge pour elles de demander au législateur une loi imposant un service minimum à 50% avec possibilité de réquisitionner les grévistes, et de licencier pour faute grave ceux qui ne s'exécuteraient pas.
Réponse de le 09/01/2020 à 6:56 :
Franchement venir comparer une grève à une catastrophe naturelle, c'est votre façon de vous faire prendre au sérieux ?

Ces entreprises sont responsables, par extension de leur salarié c'est tout. Et je peux vous assurer que c'est encore peu, car on ne parle pas des entreprises aillant eu recours à du chômage partiel à cause de ces grèves, qui sont payé par le contribuable, sans compter les pertes pour ces entreprises.

Je prends l'entreprise ou je travail, pourtant en Moselle et non à Paris, entre la grève de cet été, et celle-ci, on est à plus de 2 millions d'€ de manque à gagner (pour 450 salariés), donc certaines de nos primes ont sautés super. Il y a eu du recours au chômage partiel, puisque l'on ne pouvait plus travailler. Donc les employé perdent de l'argent, l'entreprise perd de l'argent et les contribuables doivent assumer pour le chômage. Et après on ne devrait pas les mettre face à leur responsabilité ?

Un peu facile quand même !
Réponse de le 09/01/2020 à 15:29 :
@Lufo

Et pourquoi, elle est en grève ,pas de précision.Est-ce la même entreprise ou les syndicats ont acceptés une trève jusqu'au 15 janvier 2020 ?
a écrit le 08/01/2020 à 19:42 :
La demande de remboursement du MEDEF est entièrement légitime. Les sociétés et leurs employés d’IDF ne devraient pas payer la taxe sur les Transports pour ce mois de decembre.
a écrit le 08/01/2020 à 18:39 :
Les remboursements sont urgents, c'est le gouvernement qui doit décider de rembourser,

comme pour les catastrophe naturelles,

la France connaît un chaos total, le gouvernement Philippe et Delevoye sont pleinement responsables de ce chaos.
Réponse de le 08/01/2020 à 21:49 :
Sans les subventions régionales et le versement transport des entreprises, la RATP n'existerait plus depuis longtemps et la SNCF aurait arrêté l'activité trains de banlieue.
a écrit le 08/01/2020 à 18:01 :
Pour moi, la SNCF et la RATP ne doivent rien rembourser aux usagers. Les usagers franciliens ne payent que le tiers de leurs frais de transports, et c'est une situation anormale, à l'origine à mon avis de ces grèves à rallonge. Il est temps que les utilisateurs soient mis devant le principe de réalité.
Réponse de le 08/01/2020 à 21:51 :
Ce sont les agents SNCF et RATP qui doivent être mis devant le principe de réalité. Sans les subventions régionales et le versement transport des entreprises, leurs emplois n'existeraient tout simplement pas.
a écrit le 08/01/2020 à 18:00 :
Remboursement de la grève : dialogue de sourds entre la Région, la RATP et le Medef

eh bien c'est simple, il n'y ap as à hésiter ;

les usagers n'ont qu'à rejoindre les grévistes, et tout bloquer,

car la grève elle concerne tous les salriés, leurs familles, leurs parents retraités et leurs enfants.
a écrit le 08/01/2020 à 17:14 :
vu que c'est les syndicalistes les responsables, c'est a eux d'indemniser
ils en ont les moyens eux, avec tout leur sale fric, leurs chateaux, le1%CE et les 30 milliards de la formation
Réponse de le 08/01/2020 à 21:53 :
La CFDT a le plus gros trésor de guerre (120M€)... mais au rythme actuel il n'en restera vite plus grand chose.

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