Devenu marginal en terme de trafic, le fret ferroviaire pourrait retrouver des couleurs à la faveur de la transition écologique, de l'aménagement du territoire et du développement économique. « Notre ambition est de stopper la décrue du fret ferroviaire et de le relancer », indique Roch Brancour , président de la Commission Transport, Mobilité, Infrastructures au conseil régional des Pays de la Loire qui devrait d'ici l'été prochain sélectionner un cabinet d'études pour mener une vaste enquête sur le potentiel de ce mode de transport. De 2015 à aujourd'hui, le nombre de convois de fret est tombé de 11.000 à 5.000 trains par an. En 2016, déjà, le fret ferroviaire était évalué à 5 millions de tonnes contre 174 millions de tonnes opérées par la route, soit 3% de part modale.
En 2019, parmi les 488 trains ayant circulé sur le réseau ligérien, on dénombrait 391 TER (Train Express Régionaux), 60 TGV, 9 Intercités et seulement vingt-huit trains de fret. Et vingt-trois en 2020, en raison de la crise sanitaire où le trafic fret a reculé de -18%. « La difficulté, note Roch Brancour, c'est de savoir à quel moment on sanctuarise un sillon -un créneau de circulation-, de transport pour le fret de manière à assurer un niveau de service adéquat au développement du fret alors que notre ambition est d'accroitre le TER pour aller vers une offre cadencée à la journée, ce qui limite les temps de maintenance sur les voies. Le fret ne peut pas rouler qu'entre vingt-deux heures et cinq heures du matin. L'autre problème, c'est que contrairement au TER, il n'existe pas d'autorité organisatrice de transport pour le fret régional. Ce n'est donc pas de notre compétence, si ce n'est qu'en terme de transition écologique, d'impact carbone de la région, d'aménagement du territoire, de développement économique et notamment sur le développement de l'Hinterland et du Port de Nantes-Saint-Nazaire, principal acteur du fret ferroviaire, ce sujet nous concerne », dit-il.