Leader français et deuxième fabricant européen de solutions de chauffage, de ventilation et d’air conditionné, Atlantic se transforme à vitesse grand V pour accompagner le basculement des énergies fossiles vers la thermodynamique, technologie déployée dans les pompes à chaleur dont le marché croît de 30% par an. Pour accélérer, le groupe familial hésite entre la construction d’une usine en Pologne… ou en France où la future loi Industrie verte pourrait faire pencher la balance. Explications.Le groupe Atlantic construira-t-il sa nouvelle usine en Pologne, comme il l'envisageait, ou finalement, en France alors que la plupart de ses concurrents (Daïkin, Wiessmann, Bosch, Vaillant...) ont annoncé des investissements dans le Nord de L'Europe ? « On attend de voir ce que contient le projet de loi Industrie verte », reconnaît Damien Carroz, directeur général du groupe Atlantic, leader français et deuxième fabricant européen de solutions de chauffage, de ventilation et d'air conditionné, engagé dans une double stratégie. L'une vers le développement d'équipements bas carbone autour de la thermodynamique (Air/air, Air/eau...) pour les bâtiments, l'autre vers la réindustrialisation de son outil de production. « On croit à la transition bas carbone et on fait le pari industriel que le marché des pompes à chaleur va continuer à croitre », indique le directeur général d'Atlantic qui emploie 13.000 personnes dans le monde dont 6.400 en France.
En croissance de 10% depuis dix ans, son chiffre d'affaires de 3,2 milliards d'euros repose aujourd'hui à 30% sur la thermodynamique, 40% sur l'électrique (radiateur, chaudière...) et à 25% sur les énergies fossiles. « Et l'un de nos enjeux est de faire passer ces 25% en thermodynamique », précise Damien Carroz, avec l'ambition de porter la part des solutions de thermodynamique de 30% à 50% à l'horizon 2030.
« J'ai l'impression que la France retrouve le goût de l'industrie »
A la tête de 31 sites industriels dont quinze en France, le groupe Atlantic, créé en 1968 à la Roche-sur-Yon (85), investit sur la thermodynamique et notamment vers les pompes à chaleur individuelle (PAC), secteur où le syndicat de la profession relevait, en début d'année, une croissance du marché de +30% en 2022 par rapport à 2021. L'unité de production de Billy Berclau (200 personnes) dans le Pas-de-Calais, désormais dimensionnée pour produire 300.000 unités par an, vient de faire l'objet d'un investissement de 35 millions d'euros pour doubler ses capacités de production et se doter d'un centre de R&D de 8000 m². A titre indicatif, le marché français représenterait aujourd'hui 350.000 PAC. Mais le groupe qui, au-delà du marché national, numéro 1 des ventes, exporte vers la Belgique et la Suisse, voit aussi l'Allemagne rattraper son retard. « D'où la nécessité d'avoir un autre site de production en Europe », indique Damien Carroz. Un investissement de 200 millions d'euros sur trois à quatre ans, avec un talon de 100 millions d'euros pour 100.000 unités puis progressivement 300.000 PAC pour le marché de l'habitat individuel.