Diversifier ou rapatrier ? Telle est la question.
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... in France. Par Valérie Abrial, conceptrice et directrice éditoriale de T. (Article issu de « T » La Revue de La Tribune – N°2 Décembre 2020)
C'était dans l'air depuis quelque temps déjà. C'est devenu une obsession depuis mars 2020 : depuis que la Covid-19 a ralenti, voire paralysé les échanges commerciaux, le made in France est revenu en force. On se souvient toutes et tous de la pénurie de masques et de gel au début de la pandémie et d'avoir même frôlé celle du paracétamol. La peur est immédiatement entrée dans les foyers entraînant dans son sillon des affolements légitimes. La peur. Cette grande menace pour nos écosystèmes. Car si le made in France était déjà au coeur des préoccupations des marques, des consommateurs et des publicitaires avec des arguments implacables certes : en achetant français, on préserve nos emplois et la planète, en bref, on consomme responsable et durable ; cette apologie patriotique du made in France soulève néanmoins quelques questionnements. D'abord, qu'est-ce qu'un produit made in France en réalité ? Car à considérer la chaîne d'assemblage d'un produit manufacturé, il y a peu de chance d'en trouver qui soit complètement français. Pas si simple de fabriquer tout sur place.
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Certains entrepreneurs se sont pourtant lancés avec succès dans la fabrication française en créant leur propre marque, allant même jusqu'à concevoir de nouvelles matières fabriquées dans l'Hexagone. Et puis, il y a les entreprises qui ont décidé de relocaliser. Une aventure pour beaucoup, un vrai parcours du combattant pour d'autres ! Quand certains réussissent pleinement leur retour, d'autres se confrontent à l'imbroglio administratif et législatif et finissent par s'y casser les dents. Enfin, il ne faudrait pas s'imaginer que tous reviennent pour la bonne cause patriotique ; dans certains cas, c'est tout simplement parce que la délocalisation n'a pas tenu ses promesses. Quant à la création d'emplois par la relocalisation, selon les spécialistes, rien n'est moins sûr.
Valérie Abrial