Apple : pourquoi Tim Cook a reçu un méga-bonus de 89 millions de dollars

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Tim Cook pourrait encore toucher 2,94 millions d'actions Apple supplémentaires d'ici à 2021.
Tim Cook pourrait encore toucher 2,94 millions d'actions Apple supplémentaires d'ici à 2021. (Crédits : Reuters)
Tim Cook devrait recevoir encore 2,94 millions d'actions Apple d'ici à 2021 en récompense de ses excellentes performances en Bourse. Même si la suprématie d’Apple en tant que champion de l’innovation technologique est contestée par les analystes et par ses concurrents, le règne de Tim Cook est une immense success-story financière.

La coquette fortune de Tim Cook, estimée à plus de 800 millions de dollars, a bondi d'un seul coup en fin de semaine dernière. Selon un document de la SEC (l'autorité américaine des marchés financiers), le directeur général d'Apple a touché un énorme bonus sous la forme de 560.000 actions Apple, soit l'équivalent de 89,2 millions de dollars (75,1 millions d'euros). Après l'encaissement et le paiement des taxes, Tim Cook a pu récolter environ 43 millions de dollars (36,2 millions d'euros).

Tim Cook devrait toucher 2,94 milliards d'actions d'ici à 2021

Ce bonus spectaculaire s'inscrit dans le cadre d'un accord portant sur dix ans signé en août 2011, lors de son entrée en fonction pour succéder à Steve Jobs. Corrélé à la performance de l'entreprise en Bourse, ce « package » permet à Tim Cook de récupérer 560.000 actions Apple tous les ans jusqu'en 2021. Pour la quatrième fois, le richissime patron a touché le maximum d'actions possibles sur un an, car Apple a été plus performante que 81% des entreprises de l'indice S&P 500 ces trois dernières années, se hissant même en 2017 parmi les 35 meilleures performances de l'indice (+38%).

Et ce n'est pas fini. Le directeur général de la première capitalisation boursière mondiale pourrait encore toucher 2,94 millions d'actions Apple d'ici à 2021 : 560.000 par an de 2018 à 2020, puis 1,26 million en août 2021. Au cours de Bourse actuel d'un peu plus de 164 dollars l'action, cela équivaut à un peu plus de 482 millions de dollars (405,6 millions d'euros).

Un règne financièrement couronné de succès

Si les analystes s'accordent pour considérer qu'Apple a perdu de sa puissance d'innovation depuis le décès du visionnaire Steve Jobs, Tim Cook a incontestablement su faire prospérer l'entreprise d'un point de vue financier.

Depuis le 24 août 2011, date de son entrée en fonction, la valeur du titre Apple en Bourse a triplé, de 50,86 dollars à 164,05 dollars vendredi 1er septembre à la clôture. Valorisée autour de 150 milliards de dollars mi-2011, Apple vaut désormais plus de 815 milliards de dollars, loin devant Alphabet (la maison-mère de Google, 649,5 milliards de dollars), Microsoft (561 milliards), Facebook (492 milliards) et Amazon (474 milliards), qui complètent le top 5.

Apple doit ce formidable succès à la popularité et à la profitabilité exceptionnelles de son iPhone, qui s'est écoulé à 1,2 milliard d'exemplaires depuis son lancement en 2007, sous Steve Jobs. Malgré des alertes depuis l'an dernier -les ventes ont reculé en 2016 avant de se reprendre cette année- et un marché du smartphone hyper-concurrentiel caractérisé par la montée en puissance des concurrents asiatiques (Samsung, Huawei, Oppo...), l'iPhone fait toujours office de machine à cash pour la firme de Cupertino, qui en a écoulé 41 millions pour le seul deuxième trimestre 2017.

Succès réel, mais modeste pour l'Apple Watch et les Airpods, les produits lancés par Tim Cook

Tim Cook mise d'ailleurs beaucoup sur l'iPhone 8, qui sera présenté le 12 septembre, pour gommer l'image du patron peu innovant qui lui colle à la peau. En supprimant le fameux bouton d'accueil et en lançant la reconnaissance faciale pour débloquer l'appareil, l'iPhone 8 s'annonce, si ces rumeurs sont exactes, comme l'itération la plus innovante du célèbre smartphone depuis longtemps.

Mais les analystes et les experts reprochent surtout à Tim Cook de n'avoir pas su lancer un nouveau produit capable de révolutionner les usages, comme l'ont fait le Mac, l'iPod, l'iPhone et l'iPad sous Steve Jobs. Les produits inventés sous le règne du nouveau patron, c'est-à-dire la montre connectée Apple Watch, lancée en 2015, et les écouteurs sans fil Airpods, vendus depuis 2016, ne tiennent pas la comparaison avec leurs illustres prédécesseurs.

Ce sont pourtant des succès : dans le petit marché des écouteurs sans fil, estimé à 900.000 unités vendues de janvier à juillet 2017 par le NPD Group, les Airpods d'Apple se taillent la part du lion, avec 85% des revenus. Et si l'Apple Watch a connu deux premières années difficiles, avec des ventes largement inférieures aux attentes de la firme, elle pesait 49,6% du marché des montres connectées au deuxième trimestre, selon IDC. Le seul problème est que ces produits n'évoluent toujours pas dans un marché grand public, mais de niche, et qu'ils pèsent donc une part tellement marginale des revenus d'Apple que l'entreprise ne communique même pas dessus dans ses résultats financiers.

Le vaste chantier de la diversification

Les nouveaux produits de Tim Cook sont donc des succès réels, mais modestes. Ils participent toutefois au vaste chantier de la diversification d'Apple. Le chiffre d'affaires des catégories "Services" (Apple Music, Apple Pay, AppleCare...) et "Autres Produits" (Apple Watch, Airpods, Apple TV et les autres accessoires) sont les seules à beaucoup progresser année après année (respectivement 22% et 23% sur un an au deuxième trimestre 2017). A l'inverse, la croissance des ventes d'iPhone, d'iPad et des Mac progresse très peu (respectivement 2%, 3% et 7% sur un an). Par conséquent, la dépendance d'Apple à son iPhone, qui représente 57,7% du chiffre d'affaires global de 45,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, peine à diminuer.

Mais les marchés n'ont visiblement que faire qu'Apple ne soit plus aussi innovante que sous Steve Jobs. La puissance encore incomparable de l'iPhone, l'engagement de l'entreprise dans sa diversification (Apple se lance aussi dans les séries télévisées, les enceintes intelligentes et la voiture autonome, entre autres), son énorme profitabilité (plus de 250 milliards de dollars de cash en stock) et la puissance encore incomparable de l'iPhone, suffissent pour les rassurer... et pour assurer à Tim Cook de solides bonus.

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Commentaires
a écrit le 07/09/2017 à 1:22 :
il s'est enrichi grace à ceux qui triment dans les usines chinoises en se contentant d'un petit salaire
a écrit le 05/09/2017 à 17:01 :
Logique. Apple n'est qu'une société de marketing/packaging/... dont la finalité est la thune. Comment justifier autrement de vendre des produits 5 fois plus cher que la concurrence, qui est plus performante ? Jobs savait "trouver" 'on va dire...) ses idées dans un milieu qui ne lui était pas étranger. CV de Cook ??? Comme le célèbre "élections, piège...", pour Apple il suffit de remplacer par "addiction" et ça marche bien...
a écrit le 05/09/2017 à 9:44 :
"en récompense de ses excellentes performances en Bourse" ! Et si la Bourse recule, il rembourse les 89 millions ? On est vraiment dans le domaine du n'importe quoi. Il n'est pas récompensé pour des performances technologiques ou commerciales, mais pour de la spéculation pure :-)
a écrit le 05/09/2017 à 8:41 :
Nos élus vont s'élever contre ces primes pharaoniques qui sont l'exécution d'un contrat; ils devraient s'interroger sur la pertinence de leur rémunération qui, elle, bénéficie d'un avantage fiscal!

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