Même pour les non-lauréats, I-Lab est positif !

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Quentin Barral et Alice Chougnet, fondateurs de Geosophy.
Quentin Barral et Alice Chougnet, fondateurs de Geosophy. (Crédits : Reuters)
Sélectionnée par le jury de l'Ile de France l'an dernier, Alice Chougnet n'a pas vu son projet, Geosophy, être retenu par le jury national. Qu'à cela ne tienne, la préparation du dossier et le feedback des jurés l'ont largement aidée.

Alice Chougnet n'a peur de rien ! Ni de dire qu'elle a travaillé pendant 12 ans sur les chantiers puis en R & D dans le secteur pétrolier, ni de parler du fait qu'elle a échoué dans la dernière ligne droite au concours I-Lab, l'an dernier. D'ailleurs, c'est à partir de son expérience professionnelle que cette ingénieure de l'Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles (ESPCI) et docteure en physique a eu l'idée de fonder Geosophy, en octobre 2018, avec Quentin Barral, normalien, docteur en physique et ancien comme elle du secteur pétrolier. Et de se lancer dans les énergies renouvelables, et plus particulièrement dans la géo-énergie pour le chauffage ou la climatisation des bâtiments. « Du fait qu'à quelques mètres sous nos pieds, entre 10 et 100 mètres, la température du sol reste toujours la même, à environ 12 à 15 degrés, explique-t-elle, la géo-énergie peut servir aussi bien à chauffer qu'à rafraîchir les bâtiments ». Autre avantage, le savoir-faire et la technologie, issues du monde pétrolier, sont disponibles, et permettent d'utiliser une énergie durable, décarbonée - et évidemment locale. Mais encore bien sous-exploitée...

Jumeau numérique du sous-sol

Lorsqu'elle propose ses services à des sociétés propriétaires de bâtiments, comme Icade et Covéa Immobilier, la start-up de la géotech réalise d'abord un « jumeau numérique du sous-sol », afin d'effectuer, grâce à l'exploitation des données, une prédiction des ressources souterraines. Y-a-t-il de l'eau en sous-sol, par exemple ? Et si oui, à quelle profondeur ? Avec ces informations, la jeune pousse, qui s'est associée à l'université Dauphine pour établir des modèles de valorisation, permet donc aux professionnels du secteur immobilier - bureaux comme résidentiel - de définir toute la valeur de leur foncier - « car on oublie toujours le sous-sol !, dit-elle, alors que cette énergie, discrète, à un potentiel gigantesque ». Les entreprises du secteur vont donc avoir la bonne surprise de découvrir qu'elles détiennent, sous leurs pieds, un trésor. Un autre capital, géo-énergétique, cette fois-ci.

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Un dialogue utile avec le jury

Autant d'arguments irrésistibles - pour les professionnels comme pour le jury du concours i-Lab... Mais si le projet a bien séduit les membres du jury de l'Ile de France, lorsqu'Alice Chougnet l'a présenté, l'an dernier, il n'a pas passé la dernière étape, celle du jury national. L'exercice lui a été cependant très utile. « D'abord, cela nous a fait grand bien d'écrire noir sur blanc ce que nous projetions de faire », dit-elle. Ensuite, elle a dû passer un test grâce à un logiciel, pour vérifier son potentiel en tant qu'entrepreneuse. Alors qu'elle a suivi la formation HEC Challenge + pour développer ses compétences commerciales et de gestion, elle pensait qu'il ne s'agissait que d'une formalité. En fait, pas vraiment... Puis, elle a eu un entretien davantage axé sur les ressources humaines. « Dialoguer a été très utile, d'ailleurs, le fait que j'avais du mal à dissocier vie professionnelle et personnelle est remonté à la surface », se souvient-elle. Enfin, à la suite de son passage devant le jury régional, elle a reçu un rapport très détaillé, mettant notamment en lumière certains aspects du projet, qui manquaient encore de maturité. « En outre, certains axes, concernant le développement des affaires, par exemple, étaient très intéressants », remarque-t-elle. Au point d'être décidée à retenter l'aventure cette année...

Subvention de l'Ademe

Mais entre temps, les choses se sont accélérées pour la start-up de la géotech... Ce « coaching », comme elle l'appelle, de la part du jury du concours i-Lab, l'a non seulement armée pour la suite, mais en plus, il lui a permis, dans la foulée, de décrocher une subvention de l'Ademe pour un projet en partenariat avec l'IFP Energies nouvelles et l'université Dauphine. « Il s'agit d'un montant plus élevé que ce que nous espérions avec le concours i-Lab ! », se réjouit la jeune entrepreneuse. Le dossier de Geosophy, plus abouti grâce à l'expérience du parcours i-Lab, a fait la différence. Comme il l'a fait pour un autre concours, celui de l'innovation de la Ville de Paris. Sans oublier qu'Alice Chougnet a également été cette année lauréate du concours de Vox Femina, et a profité d'un média training pour faire partie des expertes qui s'expriment sur des sujets complexes, comme la géo-énergie. De quoi accroître la conscientisation du public...

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Levée de fonds à venir

D'autant que Geosophy a bien l'intention de conquérir le marché. Pour ce faire, la start-up de la géotech cherche actuellement à lever des fonds auprès de business angels. Et, souligne la jeune entrepreneuse, « dans un cas idéal, nous aurions un actionnariat mixte, masculin et féminin ! ». Geosophy a réalisé une première embauche, celle d'un data scientist. Et les fonds qu'elle espère récolter permettront d'étoffer l'équipe, avec notamment un développeur pour l'outil d'analyse des données du sous-sol et un commercial pour démarcher les nombreux clients potentiels. Même si, déjà, certains approchent directement la jeune société !

Autant dire que Geosophy ne va pas s'arrêter là. Non seulement la start-up de la géotech apportera une contribution supplémentaire à la lutte contre le réchauffement climatique, mais en plus, elle rejoindra, à n'en pas douter, les lauréats du concours i-Lab sur la route du succès.

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