Semi-conducteurs : comment le géant indien Tata veut entrer dans l’arène
Guillaume Renouard
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Natarajan Chandrasekaran, président du groupe Tata.
World Economic Forum / Boris Baldinger
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Natarajan Chandrasekaran, président du groupe Tata.
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Début avril, le conglomérat indien Tata a entamé la construction d'une usine de semi-conducteurs, la première du pays, à Dholera, dans l'État du Gujarat, d'où est originaire le Premier ministre Narendra Modi. Tout un symbole, celui-ci ayant fait du Made in India l'un des grands axes de sa politique, et récemment annoncé sa volonté de faire du pays une superpuissance des semi-conducteurs. Fruit d'un partenariat avec le fondeur taïwanais Powerchip Semiconductor (PSMC), l'usine devrait à terme employer 20.000 personnes et produire 500 000 puces par mois.
Coût total de l'opération : 11 milliards de dollars, dont la moitié sera déboursée par le gouvernement indien, dans le cadre de l'India Semiconductor Mission, un programme visant à faire du pays l'un des leaders mondiaux dans la production de ces puces indispensables aux technologies modernes. L'État du Gujarat mettra également la main à la poche, à hauteur de 20% du projet. En plus de l'usine de Dholerat, le groupe s'est lancé dans la construction de deux usines d'assemblage et de test des puces. « Ces projets vont jouer un rôle clef dans la transformation de l'Inde en un pôle des semi-conducteurs », a déclaré le Premier ministre indien Narendra Modi. À peine entamée, l'usine compte déjà ses premiers clients : en début de semaine, un rapport (non confirmé par les deux entreprises) a fait état d'un accord entre Tata et Tesla pour le futur approvisionnement de celle-ci en semi-conducteurs.
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L'usine produira des puces de 28 nanomètres ou plus, des semi-conducteurs d'ancienne génération. Il ne s'agit pas des puces les plus avancées, utilisées pour entraîner les modèles d'intelligence artificielle, mais plutôt de celles intégrées dans les automobiles et l'électronique grand public. « L'Inde constitue le troisième marché automobile au monde, ces puces pourraient donc être utilisées dans ce secteur. En outre, un récent rapport faisant état de l'usage potentiel des puces Tata par Tesla pourrait indiquer que les entreprises étrangères pénétrant le marché indien se sentent contraintes d'utiliser des puces made in India », note Rakesh Kumar, professeur à l'université de l'Illinois à Urbana-Champaign et auteur d'un livre sur la relation de l'Inde aux nouvelles technologies.
Guillaume Renouard