Google reconnu coupable d'abus de position dominante... en Russie

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Bien que la Commission européenne a lancé une enquête sur les mêmes pratiques dénoncées ici, la Russie est la première juridiction ayant officiellement qualifié ces pratiques d'anticoncurrentielles, s'est félicité Yandex.
"Bien que la Commission européenne a lancé une enquête sur les mêmes pratiques dénoncées ici, la Russie est la première juridiction ayant officiellement qualifié ces pratiques d'anticoncurrentielles", s'est félicité Yandex. (Crédits : © Darren Staples / Reuters)
Le gendarme russe de la concurrence accuse la firme de Mountain View d'imposer une série de ses services aux constructeurs de téléphones fonctionnant sous Android. Google devra payer une amende atteignant jusqu'à 15% de son chiffre d'affaires en Russie.

Google épinglé en Russie. Le géant internet américain a été reconnu coupable lundi 14 septembre d'abus de position dominante, par le gendarme russe de la concurrence qui avait été saisi par son rival russe, le moteur de recherche Yandex.

La société russe avait fait appel au Service fédéral antimonopole (FAS) et reproché à la firme de Mountain View d'imposer aux constructeurs de téléphones fonctionnant sous Android l'installation de toute une série de ses services ainsi que de faire de Google le moteur de recherche par défaut.

Google devra donc payer une amende, dont le montant est fixé par la loi russe à jusqu'à 15% du chiffre d'affaires réalisé par l'entreprise dans le secteur concerné, c'est-à-dire celui des applications mobiles.

Android équipe 86% des ses téléphones vendus en Russie

Android équipe 86% des téléphones vendus en Russie (84% dans le monde), selon Yandex. Toutefois, ce dernier domine le marché russe du moteur de recherches avec une part de marché d'environ 60%. Néanmoins, Yandex est sur une mauvaise pente. La société russe perd des parts de marché, notamment, selon les experts, en raison de l'utilisation croissante des téléphones mobiles où il est devancé par Google.

Yandex multiplie pourtant les nouveautés pour tenter d'enrayer cette chute mais également concurrencer Google à l'international. Avec une nouvelle version de son navigateur, il se veut une alternative à Google Chrome en proposant une option pour les traceurs, qui permettent aux sites de suivre l'activité d'un internaute et donc protéger les données de ce dernier.

Dix-sept sociétés européennes ont porté plainte

"Bien que la Commission européenne a lancé une enquête sur les mêmes pratiques dénoncées ici, la Russie est la première juridiction ayant officiellement qualifié ces pratiques d'anticoncurrentielles", s'est félicité Yandex auprès de l'AFP.

Dix-sept entreprises européennes ont en effet déjà porté plainte en 2013 auprès de la Commission européenne contre le géant américain, l'accusant d'abus de position dominante.

Par ailleurs, à la mi-avril, la Commission européenne a formulé des griefs à l'encontre de Google, l'accusant également de position dominante. Fin août, le moteur de recherche a réfuté tous les reproches de Margrethe Vertager, la commissaire en charge des questions de concurrence.

"La communication des griefs repose sur le fait que l'affichage par Google de publicités payantes de commerçants « détournerait » le trafic au détriment des autres services de commerce en ligne. Mais [elle] n'étaye pas ce postulat, ne prend pas en compte les bénéfices apportés aux consommateurs et aux annonceurs, et ne fournit pas une analyse juridique claire faisant le lien entre les plaintes formules et les mesures proposées", a-t-il répondu.

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Commentaires
a écrit le 16/09/2015 à 8:33 :
ah ah ah ...la Russie au secours de l'Europe ...! ce qui demontre bien que , c'est là qu'est sa place , n'en deplaise aux USA !
a écrit le 15/09/2015 à 16:30 :
Les russes ont encore un état qui les protège. En Occident, on va encore se coucher devant le géant américain. 28 états se couchant devant une entreprise, c est conforme à la démocratie de type néo libérale nous affirme-t-on.

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