LegalPlace lève 6 millions d’euros pour automatiser le juridique des entreprises

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Créée en 2016, LegalPlace s'adresse aux entreprises qui n'ont pas les moyens de créer leur propre direction juridique.
Créée en 2016, LegalPlace s'adresse aux entreprises qui n'ont pas les moyens de créer leur propre direction juridique. (Crédits : DR)
La légaltech parisienne permet aux entreprises sans direction juridique (startups, TPE et petites PME) d’automatiser leurs démarches (statuts, contrats, augmentation de capital…) afin de minimiser le risque. La startup souhaite étendre son offre de services, aujourd’hui limités aux démarches les plus faciles à automatiser, à l’ensemble des besoins juridiques, y compris RH.

Le droit aussi fait sa révolution numérique. Dans la lignée du moteur de recherche juridique Doctrine ou de la plateforme de documents juridiques Legalstart, la LegalTech française continue son expansion avec LegalPlace, qui annonce, mardi 9 juillet, le succès de sa première levée de fonds, d'un montant de 6 millions d'euros, auprès de Day One Entrepreneurs & Partners, ainsi que AFIR, le véhicule d'investissement de la famille Leclerc.

Lire aussi : Les legaltech à l'assaut de la forteresse justice

Automatiser les actes de droit commercial, immobilier ou "corporate"

Créée en 2016, LegalPlace s'adresse aux entreprises qui n'ont pas les moyens de créer leur propre direction juridique, c'est-à-dire les startups, les TPE et certaines PME. La startup leur propose d'automatiser leur production contractuelle, qu'il s'agisse de droits commercial (relation avec les clients et partenaires), immobilier ou « corporate » (contrat de travail, augmentation de capital, statuts...).

« Beaucoup de dirigeants de startups, TPE et PME, se débrouillent comme ils peuvent pour faire eux-mêmes les démarches juridiques de leur entreprise, constate Racel Flazi, le CEO de LegalPlace. Mais ça leur prend beaucoup de temps et les expose à des risques car leur savoir-faire est limité et la règlementation évolue sans cesse », ajoute le dirigeant, un ingénieur de formation qui a cofondé l'entreprise avec l'ancien avocat

Plus de 100.000 clients ont donc acheté, sur la plateforme, au moins un acte juridique automatisé. L'automatisation lui permet de casser les prix : créer une société coûte environ 500 euros, tandis qu'une rupture conventionnelle revient à 200 euros et la rédaction d'un contrat simple à 100 euros environ, d'après la startup.

Si sa propre technologie permet de créer les documents rapidement pour les opérations les plus facilement automatisables, LegalPlace propose aussi un accompagnement humain pour les besoins les plus complexes, sous forme de conseil auprès de son réseau d'experts. Sa solution permet également de comprendre le contexte des contrats existants, d'en extraire les bonnes informations, pour générer des documents en phase avec les dernières législations et les spécificités de chaque entreprise.

« Dans un monde idéal, les entreprises devraient toutes disposer d'un juriste en interne. Dans les faits, peu ont les moyens de le faire. Notre rôle n'est pas de remplacer un avocat, qui reste le seul habilité à aider les entreprises dans leurs choix stratégiques. Mais si la gestion des opérations juridiques était davantage et mieux automatisée, l'entreprise pourrait accéder plus facilement aux meilleurs savoir-faire et bonnes pratiques du marché », poursuit le dirigeant.

Depuis sa première levée de fonds en amorçage, fin 2017, d'un montant de 1 million d'euros, LegalPlace revendique une croissance multipliée par 7 et a doublé ses effectifs, de 25 à 50 employés, principalement des ingénieurs, des profils "numérique" et des juristes expérimentés.

Positionnement technologique

Les 6 millions d'euros de la Série A lui serviront à recruter une vingtaine de personnes d'ici à la fin de l'année 2019, surtout des profils "tech", pour muscler la R&D de l'entreprise, afin de lui permettre de proposer un éventail plus large de solutions automatisées, et ainsi adresser des problématiques plus complexes, notamment les enjeux juridiques autour des ressources humaines. L'évolution rapide et perpétuelle de la réglementation, un cauchemar pour les entreprises, est perçue une opportunité pour LegalPlace. "L'inflation réglementaire nous donne encore plus de légitimité. En ce moment, de nombreuses entreprises sont confrontées par exemple à l'obligation, à partir de septembre, de monter un CSE (comité social et économique). La réglementation créé en permanence de nouveaux sujets juridiques dans les entreprises qui sont des casse-têtes", affirme le CEO.

A la clé, le basculement d'un modèle d'achat de document juridique à l'unité, vers un modèle "SaaS" classique, avec abonnement et suivi des besoins juridiques de l'entreprise de sa création au moment où elle est suffisamment grande pour se doter de son propre service juridique. "Notre différenciation est notre positionnement très "tech", qui nous permet d'améliorer et d'élargir notre gamme de services. Il y a 400 conventions collectives en France, autant de subtilités dans les contrats que personne ne sera capable d'adresser aussi bien et aussi rapidement que nous grâce à notre avance technologique", s'avance Racel Flazi.

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Commentaires
a écrit le 16/07/2019 à 23:47 :
vive le chomage avec ts, merci legalpalace pour cet avenir radieux ^^
a écrit le 14/07/2019 à 10:40 :
Automatisation juridique = frais mensuel , frais d’actualisation des lois , frais de maintenance ...

Pour résultat : suppression de poste avec moins de relationnel humain à «  gérer »
Un moyen de décharger les grands groupes...des risques légaux( ça revient plus cher d’embaucher des gens formés)


Par contre les entreprises qui choisissent cette solution : peuvent l’indiquer sur leur brochure et site pour informer «  comme un label »

Et surtout ça évite Aux jeunes de postuler pour ces entreprises et de perdre leur temps.

Au moins l’info est «  claire » pour tous et toutes.
a écrit le 09/07/2019 à 17:26 :
Que serait devenue l'affaire "Tapie" si elle avait été gérée par un robot ?

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